Je Porte Bébé

*DOUCEUR*


Baby Message de Diana, transmis le 28 février 2008 :

L’enfant porté se sent entouré et il peut découvrir le monde avec confiance. Enveloppé dans l’écharpe, il se fait bercer, balancer, et tous ses sens sont en éveil. Porter son bébé dans une écharpe apporte aux parents confort et liberté de mouvement dans sa vie quotidienne.

Il est démontré que les enfants portés sur le dos de leur mère pleurent effectivement moins. De plus, dans les moments où ils sont réveillés, on remarque aussi que les bébés sont davantage satisfaits.

L’enfant se sent particulièrement bien lorsqu’il est porté dans une écharpe. Il revit le sentiment de sécurité d’avant sa naissance, et peut s’endormir rassuré. Il se fait bercer à longueur de journée, il est à l’étroit contre sa mère qui sent plus facilement ses besoins, et il a toujours bon chaud.

Biologiquement, l’être humain est fait pour être porté : son corps est donc préparé à cela. Deux tiers de l’humanité portent leurs enfants encore aujourd’hui. Les enfants ont été portés depuis des millénaires. Ce n’est qu’à partir du 18è et 19è siècle que l’on a lentement mais sûrement arrêté de les porter. On ne peut pas rendre malade un enfant en bonne santé en le portant, il n’existe aucune étude qui le démontrerait. Pourtant la proximité de la mère est très positive, et la position des jambes écartées excellente pour le développement des os du bassin de l’enfant.

Il est important que l’adulte porte son petit le plus tôt possible, ce qui fait un entrainement pour la colonne vertébrale. De façon générale, il est indiqué de porter l’enfant le plus près de soi possible, et le plus haut possible.

Un enfant qui ne peut pas développer l’attachement et la confiance aura toujours peur, sera angoissé et acaparant. Lorsqu’un enfant n’a pas expérimenté la proximité, il ne peut pas non plus apprendre à s’émanciper. Si on maintient son enfant à distance, de peur de le gâter, il va d’autant plus rechercher la proximité.

Une maman ou un papa devrait porter l’enfant dans une écharpe aussi longtemps que c’est confortable pour celui qui porte comme pour celui qui est porté. Dès que ce n’est plus confortable pour celui qui porte, cela ne plaît plus non plus à l’enfant. Un porteur stressé stresse l’enfant. Dans l’écharpe, l’enfant ressent tout ce qui touche la personne qui le porte.

Il faut être disposé dès le début à partager avec un enfant cette proximité liée au fait de porter. Dans les pays où les enfants ont toujours été portés, le fait de porter n’est pas ressenti comme une entrave. Ces personnes ont toujours été habituées à partager cette proximité. Certains ont même porté leurs frères et soeurs.

Une maman qui porte son bébé dans une écharpe est plus libre qu’une maman qui laisse son petit toujours couché. Si on couche un enfant et qu’il pleure toujours, la maman va aller sans cesse voir ce qui se passe. Si l’on porte l’enfant contre soi, on peut effectuer les tâches que l’on veut, et l’enfant sera tout content et pourra même s’endormir tranquillement.

Le tissu d’une écharpe à bébé doit être tissé de façon à être élastique dans la diagonale. Mais le tissu ne doit pas être trop élastique, car il doit offrir un soutien. L’enfant est attaché dans l’écharpe de façon relativement serrée, mais il doit pouvoir encore bien respirer. Le tissu qui est élastique dans la diagonale est aussi particulièrement agréable pour la personne qui porte car il ne scie pas.

Comme l’enfant a souvent le visage dans le tissu, il est important que ce dernier soit exempt de toute substance toxique et de métaux lourds. Une bonne écharpe doit être très résistante et solide.

On peut employer une écharpe à bébé dès la naissance, et jusqu’à ce que l’enfant ait environ 4 ans. L’écharpe a plusieurs atouts et elle permet de porter l’enfant sur le ventre, sur le dos ou sur la hanche.

* * *

« Il faut le laisser pleurer... Ca va lui faire les poumons... Tu vas en faire un capricieux. »

Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique, depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus). Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pou lui. Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré. Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler. A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps. Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure. Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater. Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre. Rien n’y fait. C’est insupportable.

Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de désir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer. Il écoute. Puis il se rendort. Brusquement on le soulève ; l’attente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau d’étoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, c’est encore comme s’il n’y avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il n’y a pas de souvenir conscient, pas trace d’espoir. Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans l’immobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelqu’un dont on présume qu’il l’apportera.

Pour le cas extrême qui se présente, le continuum n’a pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense. Depuis quelques heures à peine qu’il respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré d’aliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver. Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon l’attente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie. Toute sa nature se fonde sur l’idée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent d’une part comme de l’autre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira l’un comme l’autre. Quelqu’un vient et le soulève délicatement. Le bébé s’anime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. Maintenant il se sent à la bonne place. Toute l’angoisse mortelle qu’il vient de traverser n’existe plus. Il est couché dans des bras qui l’entourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec l’étoffe, rien qui annonce la proximité d’une chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est l’état normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cœur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il n’y a que l’étoffe et l’odeur (sa mère met de l’eau de Cologne) qui font qu’il manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence.

Au réveil, il est de nouveau dans l’enfer. Pas de souvenir, pas d’espoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le desert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère. Des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il s’endort. Il s’éveille et mouille ses couches. Maintenant il n’en éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand l’urine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements l’épuisent, avant qu’il s’endorme à nouveau. Dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes qu’ils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelqu’un qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira.

Lorsqu’on l’emmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de l’existence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière qu’il sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux qu’il peut émettre et pleine de souffrance. Mais il n’y a pas encore renoncé. Tant qu’il y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. La maison ne se différencie guère de la clinique d’accouchement, si ce n’est pour l’irritation de la peau. Les heures où il est éveillé, l’enfant les passe dans la nostalgie, le désir et l’inlassable attente de l’état « adéquat » qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin qu’on le porte et qu’on le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé. Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubration, se sont décidés à autoriser à l’enfant l’accès à leur sein. Elle aime d’une tendresse encore jamais connu. Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce qu’il hurle si désespérément. Mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue qu’elle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle s’est donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé. Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans l’angle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que l’on a coupées, parce que la maman « aime » aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé d’un drap brodé et d’une couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On n’a rien négligé pour que l’aménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore s’acheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces. Elle se penche sur l’enfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si l’on torturait quelqu’un. Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que l’on torture quelqu’un quand ce n’est pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cœur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et s’en va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre qu’en réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement.

Il s’éveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup d’œil par la porte pour s’assurer qu’il est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que l’attention qu’elle lui manifeste n’éveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui n’ont aucun sens, provenant d’un monde lointain. Près de lui, tout est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsqu’il les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste.

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