Fidélité

*AMOUR*


Fidélité Message de Daniel Daniel transmis le 4 novembre 2004 :

Différentes spéculations circulent concernant l'infidélité et le divorce au sein d'un couple. En somme, il y aurait des bourreaux et des victimes. Souvent des êtres humains qui n'ont pas résistés à la tentation et des femmes et des enfants qui subissent les conséquences d'un abandon douloureux.

Je considère cette vision réductrice. De plus, elle n'empêche pas des séparations douloureuses et des procédures longues à calmer en justice, faisant au contraire la démonstration de la décadence dans la laquelle se trouve notre civilisation actuelle.

Il serait temps de changer de paradigme, de système de pensées, afin de conclure, non plus sur la base d'une tradition paternaliste, ou religieuse, mais sur l'expérience et le bon sens, que l'être humain n'est pas de nature à subir le "pire" que nos contrats de mariage nous invitent naïvement à accepter. En effet, si mon partenaire court après d'autres rivages, ce n'est pas contre moi qu'il le fait, mais c'est pour se voir vivre sa réalité intérieure. Cessons donc d'en faire une affaire personnelle qui légitimerait toutes nos colères et nos futurs échecs, même celui d'avoir des enfants désorientés.

La souffrance réelle qui découle d'une blessure infligée par un partenaire infidèle ne provient pas de celui-ci mais résulte de notre système de croyance, que l'on va donc logiquement transmettre à notre progéniture. Il serait plus honnête de reconnaître que c'est à cause de ce que l'on m'a enseigné, ou/et de mon système de croyance, que je jugerais un acte comme odieux à mon égard. Si quelqu'un est infidèle, il l'est d'abord envers lui-même.

L'infidélité est une façon de dire : "j'en ai assez", "cela ne me correspond plus", "je veux vivre autre chose". Que l'on soit un être humain ou une femme, il n'y a pas de bonne manière de terminer une relation, mais il y a des temps pour choisir une autre relation à soi-même, les façons de l'exprimer aussi variées qu'il y a d'êtres vivants, et toujours l'urgence de respirer maintenant ses appels intérieurs. Ce n'est rien de moins que l'expression d'une liberté, un autre synonyme de l'amour que nous devrions accorder à notre partenaire, plutôt que de le poursuivre de culpabilité stérile et de rage destructrice.

D'une manière utopique, l'être humain chérit la stabilité, croyant ainsi se prémunir de l'insécurité. C'est pourquoi il a créé un Dieu a son image, un Dieu qui lui ressemble, un Dieu qui lui dit ce qu'il faut faire et penser, même un Dieu qui défend surtout ses causes personnelles à l'encontre de ses ennemis, évidemment. Pourtant, chaque virage dans une vie est une possibilité de se rappeler qui nous sommes et l'occasion de prendre le risque de vivre plutôt que d'exister. Tandis que prendre ses peurs pour la réalité peut engendrer l'intolérance, la condamnation et la misère. C'est pourquoi, le jugement fanatique, la haine extrémiste, l'idéologie sectaire étouffe tout accueil de notre beauté intérieure, mais aussi de nos zones d'ombres, qui témoigneraient d'une humanité capable de douceur et d'humilité.

Il est temps de devenir créateurs de nos vies, en cessant de jouer au Calimero qui poursuit inlassablement des coquilles brisées, de surcroît en se justifiant derrière un Dieu. Etre en colère contre l'infidèle n'est qu'un prétexte mensonger pour ne pas choisir d'être responsable de sa vie. Souffrir d'une infidélité n'empêche pas d'éventuellement pardonner, de peut-être poursuivre la relation ou de finalement cesser celle-ci, tout en choisissant de dire merci pour ce qui a été vécu et d'accepter de changer la forme d'une union, surtout si le couple est parent.

Nos enfants nous en seraient reconnaissants, car en ce qu'il s'agit de séparation navrante avec l'un des parents (souvent le père), plus que de cultiver les drames, en les confiant aux pédopsychiatres et en interposant des juges et des avocats, c'est essentiellement d'exemples d'authenticité, de courage et de liberté de définir qui nous souhaitons être dont dépend leur épanouissement d'adulte. Car qui peut aimer s'il ne s'aime d'abord lui-même, librement et sans crainte d'une condamnation.

L'Être humain ne donne que ce qu'il peut donner : pourquoi attendre tout de lui et se sentir perpétuellement en manque d'amour quand il n'a pas su ni pu nous satisfaire ? L'amour n'est pas dans le coeur de l'un ou de l'autre, il est partout, dans la moindre parcelle de vie, dans la moindre cellule de notre corps. Si nous, nous apportons de l'amour, nous saurons l'offrir autour de nous. Si nous savons que personne d'autre que nous-mêmes n'a pour fonction de combler nos manques, nos attentes ou nos incapacités, nous ne pourrons en vouloir à quiconque...

L’infidélité comporte des degrés causés par l’indécision, un conflit, l’indifférence, ou la consécration à des idéaux impies.

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Dissolution du lien conjugal

Dans l'évolution primitive des moeurs matrimoniales, le mariage était une vague union qui pouvait prendre fin à volonté, et les enfants suivaient toujours la mère; le lien entre mère et enfant est instinctif et il a fonctionné sans tenir compte du stade de développement des moeurs.

Chez les peuples primitifs, environ la moitié seulement des mariages se révélait satisfaisante. La cause la plus fréquente de séparation était la stérilité, dont on rejetait toujours la faute sur la femme; on croyait que les femmes sans enfants devenaient des serpents dans le monde des esprits. Sous les moeurs plus primitives, seul l'être humain avait la faculté d'obtenir le divorce, et cette mesure a persisté jusqu'au vingtième siècle chez quelques peuples.

Avec l'évolution des moeurs, certaines tribus établirent deux formes de mariage : la forme courante qui permettait le divorce, et le mariage sacerdotal qui interdisait la séparation. L'inauguration de l'achat des femmes et de la dot des femmes contribua beaucoup à réduire les séparations en introduisant des dommages-intérêts en biens matériels pour l'échec du mariage. En vérité, bien des unions modernes sont stabilisées par cet ancien facteur de la propriété.

La pression sociale du statut dans la communauté et des privilèges de propriété a toujours été puissante pour maintenir les tabous et les moeurs du mariage. Au long des âges, le mariage a fait de constants progrès et se trouve à l'avant-garde dans le monde moderne, bien qu'il soit attaqué de façon menaçante par un mécontentement très répandu chez les peuples où le choix individuel — qui est une nouvelle liberté — joue un rôle prépondérant. Ces bouleversements d'adaptation apparaissent chez les races les plus progressives par suite de l'accélération soudaine de l'évolution sociale, mais, chez les peuples moins avancés, le mariage continue à prospérer et à s'améliorer lentement sous la gouverne des anciennes moeurs.

La substitution nouvelle et subite du mobile d'amour plus idéal, mais extrêmement individualiste, remplaçant l'ancien motif de la propriété établi depuis longtemps, a provoqué inévitablement une instabilité temporaire dans l'institution du mariage. Les mobiles de l'être humain pour se marier ont toujours transcendé de loin la morale matrimoniale effective. En Occident, au dix-neuvième et au vingtième siècle, l'idéal du mariage a soudain dépassé de beaucoup les impulsions sexuelles égocentriques et seulement partiellement contrôlées des races. La présence, dans une société, d'un grand nombre de personnes non mariées dénote un effondrement temporaire ou une transition des moeurs.

Tout au long des âges, la vraie pierre de touche du mariage a été l'intimité continuelle inéluctable dans toute vie de famille. Deux jeunes gens dorlotés et gâtés, élevés en comptant sur toutes les indulgences et sur la pleine satisfaction de leur ego et de leur vanité, ne peuvent guère espérer une grande réussite dans le mariage et l'édification d'un foyer — une association pour toute une vie d'abnégation, de compromis, de dévouement et de consécration généreuse à la culture des enfants.

Le haut degré d'imagination et le romanesque fantastique déployés pour se faire la cour sont largement responsables de l'accroissement de la tendance au divorce chez les peuples occidentaux modernes; le tableau est encore compliqué par la plus grande liberté des femmes et leur indépendance économique accrue. Le divorce facile, quand il résulte d'un manque de maitrise de soi ou du défaut d'adaptation normale de la personnalité, ramène tout droit aux anciens stades grossiers de la société, d'où les êtres humains ont émergé si récemment à la suite de tant d'angoisses personnelles et de souffrances raciales.

Tant que la société ne réussira pas à élever convenablement les enfants et les jeunes gens, tant qu'elle ne procurera pas une éducation prénuptiale appropriée et tant que l'idéalisme d'une jeunesse dépourvue de sagesse et de maturité sera l'arbitre de l'entrée dans le mariage, le divorce continuera à prévaloir. Dans la mesure où le groupe social ne parvient pas à préparer les jeunes au mariage, il faut que le divorce fonctionne comme soupape de sureté pour empêcher des situations encore pires au cours des âges de développement rapide des moeurs en évolution.

Les anciens paraissent avoir considéré le mariage avec presque autant de sérieux que certains peuples d'aujourd'hui. Il ne semble pas que beaucoup de mariages hâtifs et malheureux des temps modernes représentent une amélioration par rapport aux pratiques anciennes qualifiant les jeunes gens et les jeunes filles pour s'unir. Le grand illogisme de la société moderne consiste à exalter l'amour et idéaliser le mariage tout en désapprouvant l'analyse approfondie de l'amour et du mariage.

L’idéalisation du mariage

Le mariage qui s'épanouit en un foyer est, en vérité, la plus sublime institution humaine, mais il est essentiellement humain; on n'aurait jamais dû le qualifier de sacrement. Les prêtres séthites firent du mariage un rituel religieux, mais, pendant des milliers d'années après Éden, le mariage s'était perpétué comme une institution purement sociale et civile.

L'assimilation d'associations humaines à des associations divines est fort malheureuse. L'union du mari et de la femme dans la relation du mariage et du foyer est une fonction matérielle des mortels des mondes évolutionnaires. Il est vrai que bien des progrès spirituels peuvent intervenir comme conséquence des sincères efforts humains d'un être humain et d'une femme pour évoluer, mais cela ne signifie pas que le mariage soit nécessairement sacré. Le progrès spirituel accompagne le zèle sincère manifesté dans d'autres orientations de l'effort humain.

Le mariage ne peut pas non plus être vraiment comparé aux relations de l'Ajusteur avec un être humain, ni à la fraternité du Christ Michael avec ses frères humains. Ces rapports n'ont presque aucun point commun comparable à l'association du mari et d'une femme. Il est fort malheureux que la conception humaine erronée de ces relations ait provoqué tant de confusion sur le statut du mariage.

Il est également fâcheux que certains groupes de mortels aient imaginé que le mariage était consommé par un acte divin. De telles croyances conduisent directement au concept de l'indissolubilité du lien conjugal sans souci des circonstances ou des désirs des parties contractantes. Mais le fait même qu'un mariage puisse être dissous montre que la Déité n'est pas partie conjointe à cette union. Si Dieu a une fois réuni deux choses ou deux personnes, elles resteront ainsi jointes jusqu'au moment où la volonté divine décrétera leur séparation. En ce qui concerne le mariage, qui est une institution humaine, qui donc prétendra émettre un jugement pour distinguer les unions susceptibles d'être approuvées par les superviseurs de l'univers d'avec celles dont la nature et l'origine sont purement humaines ?

Néanmoins, il existe un idéal du mariage dans les sphères supérieures. Sur la capitale de chaque système local, les Fils et les Filles Matériels de Dieu dépeignent effectivement la hauteur des idéaux de l'union d'un être humain et d'une femme dans les liens du mariage quand ils ont le dessein de procréer et d'élever une descendance. Après tout, le mariage idéal des mortels est humainement sacré.

Le mariage a toujours été et reste encore le rêve humain suprême de l'idéal temporel. Bien que ce beau rêve soit rarement réalisé intégralement, il persiste comme un glorieux idéal, attirant toujours l'humanité progressante vers de plus grands efforts pour le bonheur des êtres humains. Mais il faudra donner quelques notions des réalités du mariage aux jeunes êtres humains et aux jeunes filles avant qu'ils ne soient plongés dans les exigences astreignantes des associations de la vie de famille; l'idéalisation des jeunes devrait être tempérée par un certain degré de dégrisement prénuptial.

Il ne faudrait pas toutefois décourager l'idéalisation juvénile du mariage; ces rêves sont l'évocation du but futur de la vie de famille. Cette attitude est à la fois stimulante et utile, pourvu qu'elle ne vous rende pas insensible à la réalisation des nécessités pratiques et ordinaires du mariage et de la vie de famille qui s'ensuit.

Les idéaux du mariage ont récemment fait de grands progrès; chez certains peuples, les femmes jouissent de droits pratiquement égaux à ceux de leur conjoint. Au moins en concept, la vie de famille devient une association loyale pour élever des enfants, avec accompagnement de fidélité sexuelle. Toutefois, même cette version plus nouvelle du mariage ne doit pas prétendre aller à l'extrême au point de conférer un monopole mutuel de toute la personnalité et de toute l'individualité. Le mariage n'est pas simplement un idéal individualiste, il est l'association sociale évoluante d'un être humain et d'une femme, existant et fonctionnant sous l'empire des moeurs courantes, limitée par les tabous et appuyée par les lois et règles de la société.

Les mariages sont actuellement à un niveau élevé comparativement à ceux des âges passés, bien que l'institution du foyer soit actuellement mise à rude épreuve. Elle doit faire face aux problèmes si soudainement imposés à l'organisation sociale par l'accroissement précipité des libertés de la femme, par l'octroi des droits qui lui ont été si longtemps refusés au cours de la lente évolution des moeurs dans les générations passées.

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Moralité

Mais la moralité d'un acte quelconque est déterminée par le mobile de son auteur.

On ne peut pas toujours se fier à l'interprétation humaine des conflits primitifs entre la volonté égocentrique et la volonté hétérocentrique. Il faut une personnalité assez bien unifiée pour arbitrer les démêlés multiformes entre les appétits de l'ego et la conscience sociale en éclosion. Notre moi a des droits aussi bien que notre prochain. Aucun ne peut prétendre accaparer exclusivement l'attention et le service de l'individu. L'impuissance à résoudre ce problème donne naissance aux types les plus primitifs de sentiments humains de culpabilité.

Ne vous laissez pas décourager par la découverte que vous êtes humains. La nature humaine peut tendre vers le mal, mais n'est pas naturellement pécheresse. Ne soyez pas abattus si vous n'arrivez pas à oublier complètement certaines de vos expériences regrettables. Les fautes que vous ne parvenez pas à oublier dans le temps seront oubliées dans l'éternité. Allégez les fardeaux de votre âme en vous faisant rapidement une conception de votre destinée à longue échéance, de l'expansion de votre carrière dans l'univers.

Ne commettez pas la faute d'estimer la valeur d'une âme d'après les imperfections du mental ou les appétits du corps. Ne jugez pas une âme et n'évaluez pas sa destinée sur la base d'un seul épisode humain malheureux. Votre destinée spirituelle n'est conditionnée que par vos aspirations et vos desseins spirituels.

« Mes disciples doivent non seulement cesser de faire le mal, mais apprendre à faire le bien. Il faut non seulement se purifier de tout péché conscient, mais refuser d'abriter même des sentiments de culpabilité. Si vous confessez vos péchés, ils sont pardonnés; il faut donc maintenir une conscience exempte de toute faute. » Jésus

Engagement

Tout engagement lucide et honnête suppose d'accepter le fait que tout engagement est un engagement à trois : toi, moi et une part d'inconnu et de mystère liée à l'évolution possible de chacun de nous.

Je m'engage, aujourd'hui, avec ce que je suis, envers toi, avec ce que tu es. Et j'engage aussi dans cette aventure relationnelle une partie de moi en devenir, et que j'ignore encore, envers une partie de toi en devenir et que tu ignores toi aussi. Je m'engage dans la durée avec une part d'inconnu de moi et une part d'inconnu de toi, c'est-à-dire sans connaître encore l'être humain ou la femme que je serai, ni celui ou celle que tu deviendras toi-même.

Dans cet engagement, nous n'embarquons pas seuls, nous ne sommes pas seuls à bord, nous embarquons avec cette part d'imprévisible incontrôlable qui peut nous lier plus fortement ou nous détacher et nous séparer.

Dans mon engagement vis-à-vis de toi, j'engage une partie de moi que je connais bien mais qui est construite sur des images, celles que je donne à voir, celles que tu veux bien voir...

Mais aussi une partie de moi, que je connais moins bien, qui appartient à mes zones d'ombre. Et à l'intérieur de ce territoire, il y a une partie de moi qui est susceptible de changer dans des directions et sous des formes que j'ignore moi-même.

Dans cet engagement, je m'engage vis-à-vis de ce que je connais de toi, vis-à-vis de ce que je sais de toi, de ce que je veux bien voir de toi. Je m'engage aussi vis-à-vis de cette part de mystère en toi, mystère pour toi, mystère pour moi, potentialité de changement que nous ne pouvons ni toi ni moi ignorer ou occulter trop longtemps.

La fidélité vu par des écrivains

« La fidélité, c'est quand l'amour est plus fort que l'instinct. » Paul Carvel
« La tendresse est respect et émerveillement de libre connaissance à travers la fibre de la fidélité. » Rina Lasnier
« La fidélité : il vaut mieux aller plus loin avec quelqu'un que nulle part avec tout le monde. » Pierre Bourgault
« La fidélité d'une femme à un seul être humain s'appelle : Vertu. La fidélité d'un être humain à une seule femme s'appelle : Amour. » Alexandre Weil
« La fidélité est avant tout une question d'amour. » Suzanne Ratelle-Desnoyers
« Je pense qu'avec un peu d'imagination, on a du mal à rester fidèle, mais qu’avec énormément d’imagination, ce doit être possible. Je pense que je n’ai pas beaucoup d’imagination. » Hervé Le Tellier
« On n'est pas infidèle lorsqu'on est heureux. » Yvon Dallaire
« J'ai fini par m'apercevoir que je n'étais plus seul à partager la fidélité de mon épouse. » Eugène Labiche