Les Églises

*INFLUENCE*


Prison Vision du Pasteur Ove Falg, en 1928 (missionnaire à Madagascar)

"Je me rendais à bicyclette dans une ville assez éloignée. J'étais heureux, serein, chantant en langues tout en pédalant. Nous venions d'avoir une bonne réunion dans une mission de l'Eglise Luthérienne.

Et tout à coup, alors que je ne m'y attendais pas, j'ai entendu dans le lointain comme une belle musique et des voix qui chantaient sans que l'on puisse distinguer les paroles. Cela s'est amplifié et je me sentis comme ravis en esprit, comme si quelque chose en moi s'élevait hors de mon corps. Je continuais à pédaler, mais j'avais l'impression d'être soulevé au-dessus du paysage. Ce n'était pas le produit de mon imagination, ni de ma réflexion, pas du tout. Je ne m'y attendais en rien. J'ai été surpris, abasourdi même.

Soudain donc, j'ai entendu une voix qui me disait: "Regarde en bas".

Et j'ai regardé, et j'ai vu une carte géographique de mon pays, et sur cette carte une gigantesque croix qui s'étendait.

"Approche et regarde", me dit la voix.

La croix était une sorte d'immense prison reconnaissable aux barreaux des fenêtres et à des cellules semblables à des cours intérieures. Mais des extrémités de cette croix émanait un rayonnement.

Sur la branche verticale de la croix, une main avait écrit: "Eglise Protestante"; sur la branche horizontale: "Eglise Catholique".

Sur cette immense prison et ces cellules, la même main inscrivait les noms de dénominations chrétiennes : baptistes, évangéliques, congrégationalistes, salutistes, apostoliques, pentecôtistes, luthériens, quakers, etc.

Chaque cellule était pleine de gens qui criaient, et de chacune de ces dénominations venaient des affirmations qui les typifiaient.

Alors une voix s'est élevée et a dit: "Pourquoi tout ce monde reste-t-il prisonnier ? Mais je pars ! Je pars proclamer la grâce à tous."

Puis la voix m'a à nouveau exhorté à regarder. Et j'ai vu cette prison entourée d'une immense et splendide prairie verdoyante, parsemée de bosquets, d'arbres, de fleurs et remplie de brebis et d'agneaux.

Un magnifique ruisseau la parcourait, et les brebis venaient s'abreuver à son eau claire. De cette prairie montait cette musique d'une indescriptible beauté que j'avais entendue.

La voix a retenti encore, disant: "Moi, je suis le Bon Berger; le Bon Berger donne sa vie pour ses brebis."

Une question s'est imposée à moi: "Mais Seigneur, que signifie tout cela?"

Tout à coup, le ciel au-dessus de la scène s'est assombri, le tonnerre s'est fait entendre et des nuages menaçants sont arrivés. J'étais dans l'angoisse et j'ai demandé: "Seigneur, qu'est-ce qui va arriver?"

Alors le Seigneur m'a montré la fin, le jugement de la Grande Prostituée: le ciel est devenu noir, les éclairs tombaient partout, dans un bruit terrifiant, le feu du ciel est descendu et a détruit en un instant le bâtiment en forme de croix. Mais avant cela, la belle prairie s'était évanouie sans que je m'en aperçoive.

Bouleversé, j'ai alors posé cette question au Seigneur: "Mais Seigneur, où est l'Eglise ?

- Je te l'ai fait voir, c'est mon troupeau dans la prairie et je suis le Bon Berger.

Quand la vision s'est achevée, je pédalais toujours. J'avais fait une centaine de kilomètres et dépassé la ville où je devais m'arrêter