La Prière

*REPONSES*


Prières
  • 1. La prière est une expression du mental fini s'efforçant de s'approcher de l'Infini. La formulation d'une prière est donc nécessairement limitée par les connaissances, la sagesse et les attributs du fini. De même, la réponse doit être conditionnée par la vision, les buts, les idéaux et les prérogatives de l'Infini. Jamais on ne peut observer une continuité ininterrompue de phénomènes matériels entre la formulation d'une prière et la réception de la pleine réponse spirituelle qui y est faite.

  • 2. Quand une prière reste apparemment sans réponse, le retard est souvent le présage d'une meilleure réponse, bien que, pour certaines bonnes raisons cette réponse soit considérablement retardée. Quand Jésus a dit que la maladie de Lazare n'irait pas réellement jusqu'à la mort, Lazare était déjà mort depuis onze heures. Aucune prière sincère ne reste sans réponse, sauf quand le point de vue supérieur du monde spirituel a conçu une meilleure réponse, une réponse qui satisfait la requête de l'esprit de l'homme, par contraste avec la prière du simple mental de l'homme.

  • 3. Quand les prières temporelles sont composées par l'esprit et exprimées avec foi, elles sont souvent si vastes et si inclusives qu'elles ne peuvent recevoir de réponse que dans l'éternité. Une supplique finie est parfois tellement imprégnée de l'emprise de l'Infini que la réponse doit être longtemps différée pour attendre la création de la capacité réceptrice adéquate. La prière de la foi peut englober tant d'éléments que la réponse ne peut être reçue qu'au Paradis.

  • 4. Les réponses à la prière du mental humain sont souvent d'une nature telle que ce mental en prière ne peut les recevoir et les reconnaître qu'après avoir lui-même atteint l'état d'immortalité. Bien souvent, il faut attendre que l'être matériel ait progressé au niveau spirituel pour qu'il puisse recevoir une réponse à sa prière.

  • 5. Il se peut que la prière d'une personne qui connaît Dieu soit tellement déformée par l'ignorance et la superstition qu'il serait fort peu désirable d'y répondre. Alors, les êtres spirituels intermédiaires sont obligés de traduire cette prière d'une telle manière qu'au moment où la réponse arrive, le suppliant ne reconnaît pas que cette réponse s'applique à sa prière.

  • 6. Toutes les vraies prières sont adressées à des êtres spirituels, et il faut que la réponse à toutes ces suppliques soit formulée en termes spirituels; les réponses doivent consister en réalités spirituelles. Les êtres spirituels ne peuvent offrir de réponses matérielles aux prières spirituelles, même si elles émanent d'êtres matériels. Ces derniers ne peuvent prier efficacement que s'ils “ prient dans l'esprit ”.

  • 7. Nulle prière ne peut espérer une réponse à moins d'être née de l'esprit et nourrie par la foi. La sincérité de notre foi implique que nous avons virtuellement accordé d'avance, aux destinataires de notre prière le plein droit de répondre à nos suppliques conformément à cette sagesse suprême et à cet amour divin qui, selon la description de notre foi, animent toujours ces êtres auxquels nous adressons nos prières.

  • 8. L'enfant est toujours dans son droit quand il se risque à adresser une prière à ses parents. Et les parents restent dans le domaine de leurs obligations envers l'enfant dépourvu de maturité quand leur sagesse supérieure leur dicte qu'il faut retarder la réponse à la prière de l'enfant, la modifier, la passer au crible, la transcender, ou la reporter à un autre stade de l'ascension spirituelle.

  • 9. N'hésitons pas à formuler les prières exprimant un désir spirituel ardent; ne doutons pas qu'elles recevront une réponse. Ces réponses seront conservées en dépôt, en attendant que nous ayons effectivement atteint, sur ce monde-ci ou sur d'autres, les niveaux spirituels futurs d'épanouissement cosmique, où il nous deviendra possible de reconnaître et d'assimiler les réponses longtemps attendues à nos suppliques antérieures mais prématurées.

  • 10. Toutes les suppliques authentiquement nées d'esprit sont certaines de recevoir une réponse. Demandons, et nous recevrons, mais n'oublions pas que nous sommes des créatures qui progressent dans le temps et l'espace. Il nous faut donc constamment tenir compte du facteur espace-temps pour recevoir personnellement des réponses complètes à nos multiples prières et suppliques.

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    Quand un homme éprouve, dans son coeur, une considération consciente et persistante pour l'iniquité, il détruit graduellement la liaison établie par l'âme en prière avec les circuits spirituels de communication entre l'homme et son Créateur. Naturellement, Dieu entend la supplique de son enfant, mais, si le coeur humain héberge, délibérément et avec persistance, des concepts d'iniquité, il s'ensuit que la communion personnelle, entre l'enfant terrestre et son Père céleste, se perd progressivement.

    Les prières incompatibles avec les lois de Dieu connues et établies sont en abomination aux Déités du Paradis. Si les hommes ne veulent pas écouter les Dieux parlant à leur création par les lois de l'esprit, du mental et de la matière, un pareil acte de dédain conscient et délibéré des créatures détourne les personnalités spirituelles de prêter l'oreille aux requêtes personnelles de ces mortels anarchiques et désobéissants. En ouvrant l'extrémité humaine du canal reliant Dieu à l'homme, les mortels rendent immédiatement disponible le flot constant du ministère divin auprès des créatures des mondes. Quand l'homme entend l'esprit de Dieu parler dans son coeur, une telle expérience implique que, simultanément, Dieu entend la prière de cet homme. Le pardon du péché opère lui aussi de la même façon infaillible. Le Père qui est aux cieux vous a pardonné avant même que vous ayez pensé à le lui demander, mais ce pardon n'est pas disponible dans votre expérience religieuse personnelle avant le moment où vous pardonnez à votre prochain. En fait, le pardon de Dieu n'est pas conditionné par votre pardon à vos semblables, mais, en expérience, il est précisément soumis à cette condition. Et ce fait de la synchronicité entre le pardon divin et le pardon humain était reconnu et inclus dans la prière enseignée par Jésus à ses apôtres.

    Il existe, dans l'univers, une loi fondamentale de justice, que la miséricorde est impuissante à détourner. Les gloires désintéressées du Paradis ne peuvent être reçues par une créature complètement égoïste des royaumes du temps et de l'espace. Même l'amour infini de Dieu ne peut imposer le salut de la survie éternelle à une créature mortelle qui ne choisit pas de survivre. La miséricorde dispose d'une grande latitude d'effusion, mais, après tout, il y a des mandats de justice que l'amour, même conjugué à la miséricorde, ne peut efficacement abroger. Jésus cita de nouveau les Écritures hébraïques : “ J'ai appelé, et vous avez refusé d'entendre; j'ai tendu la main, mais nul n'y a pris garde. Vous avez réduit à néant tous mes conseils et refusé mes reproches. À cause de ce comportement rebelle, il devient inévitable que vous fassiez appel à moi et ne receviez pas de réponse. Ayant rejeté le chemin de la vie, vous pourrez me rechercher avec diligence à l'époque de vos souffrances, mais vous ne me trouverez point. ”

    Quiconque veut recevoir miséricorde doit montrer de la miséricorde; ne jugez point afin de n'être pas jugés. C'est avec l'esprit dont vous jugez autrui que vous serez également jugés. La miséricorde n'abroge pas entièrement l'équité universelle. À la fin, il s'avèrera que “ quiconque ferme son oreille au cri du pauvre criera à l'aide un jour à son tour, et nul ne l'entendra. ” La sincérité d'une prière, quelle qu'elle soit, est l'assurance qu'elle sera entendue. La sagesse spirituelle et la compatibilité universelle d'une demande déterminent le moment, le mode et le degré de la réponse. Un père avisé ne répond pas à la lettre aux sottes prières de ses enfants ignorants et inexpérimentés, bien qu'en formulant des demandes absurdes, ces enfants puissent éprouver beaucoup de plaisir et réellement satisfaire leur âme.

    Quand vous serez entièrement consacrés à faire la volonté du Père qui est aux cieux, toutes vos demandes seront exaucées, parce que vos prières seront pleinement conformes à la volonté du Père, et la volonté du Père est constamment manifeste dans tout son immense univers. Ce que le vrai fils désire et que le Père Infini veut, EST. Une telle prière ne peut rester sans réponse, et nulle autre sorte de requête ne peut être pleinement exaucée.

    Le cri du juste est l'acte de foi de l'enfant de Dieu qui ouvre la porte de la maison du Père où sont tenues en réserve la bonté, la vérité et la miséricorde; tous ces beaux présents attendent depuis longtemps que les fils s'approchent et se les approprient. La prière ne change pas l'attitude divine envers l'homme, mais elle change l'attitude de l'homme envers le Père invariant. C'est le mobile d'une prière qui lui donne le droit d'accès à l'oreille divine, et non le statut social, économique ou religieux extérieur de celui qui prie.

    On ne doit employer la prière ni pour éluder les délais du temps, ni pour transcender les handicaps de l'espace. La prière n'est pas une technique destinée à accroitre son importance personnelle ou à obtenir des avantages injustes sur ses semblables. Une âme entièrement égoïste est incapable de prier au sens véritable du mot. Jésus dit : “ Que votre délice suprême soit selon le caractère de Dieu, et il exaucera certainement les désirs sincères de votre coeur. ” “ Remettez vos voies au Seigneur, ayez confiance en lui, et il agira. ” “ Car le Seigneur entend le cri de l'indigent et il aura égard à la prière du miséreux. ”

    “ Je suis sorti du Père. Si donc vous avez jamais un doute sur ce qu'il faut demander au Père, demandez-le en mon nom : je présenterai votre supplique en accord avec vos besoins et désirs réels, et conforme à la volonté de mon Père. ” Gardez-vous contre le grand danger de devenir égocentriques dans vos prières. Évitez de prier beaucoup pour vous-mêmes; priez davantage pour le progrès spirituel de vos frères. Évitez les prières matérialistes; priez en esprit et pour l'abondance des dons de l'esprit.

    Quand vous priez pour les malades et les affligés, ne vous attendez pas que vos suppliques remplacent les soins affectueux et intelligents nécessaires à ces affligés. Priez pour le bien-être de votre famille, de vos amis, de vos semblables, mais priez spécialement pour ceux qui vous maudissent, et faites des suppliques pleines d'amour pour ceux qui vous persécutent. “ Quant au moment où il faut prier, je ne vous l'indiquerai pas. Seul l'esprit, qui demeure en vous, peut vous inciter à formuler les requêtes exprimant vos relations intérieures avec le Père des esprits. ”

    Nombre de personnes n'ont recours à la prière qu'au moment où elles se trouvent en difficulté. Une telle pratique est sotte et fallacieuse. Il est vrai que vous faites bien de prier quand vous êtes tourmentés, mais vous devriez également songer à parler à votre Père en tant que fils, même quand tout va bien pour votre âme. Que vos suppliques réelles soient toujours faites en secret. Ne laissez pas les hommes entendre vos prières personnelles. Les prières d'actions de grâces conviennent à des groupes d'adorateurs, mais la prière de l'âme est une affaire personnelle. Il n'existe qu'une seule forme de prière qui convienne à tous les enfants de Dieu, et c'est : “ Néanmoins, que ta volonté soit faite. ”

    Tous les croyants à cet évangile devraient prier sincèrement pour l'expansion du royaume des cieux. Parmi toutes les prières des Écritures hébraïques, c'est sur la supplique suivante du psalmiste que Jésus fit les commentaires les plus approbateurs : “ Crée en moi un coeur pur, ô Dieu, et renouvelle en moi un esprit droit. Débarrasse-moi de mes péchés secrets et préserve ton serviteur de toute transgression présomptueuse. ” Jésus fit de longs commentaires sur les relations entre la prière et les paroles étourdies et offensantes. Il cita le passage : “ Mets une garde à ma bouche, ô Seigneur, et veille sur la porte de mes lèvres. ” Jésus dit : “ La langue humaine est un organe que peu d'hommes savent dompter, mais l'esprit intérieur peut transformer ce membre indiscipliné en une aimable voix de tolérance et un inspirant ministère de miséricorde. ”

    Jésus enseigna que, dans l'ordre d'importance, la prière pour connaître la volonté du Père occupe la première place. La prière pour recevoir les directives divines sur le sentier de la vie terrestre vient immédiatement après. En réalité, cela signifie que l'on prie pour obtenir la sagesse divine. Jésus n'enseigna jamais que l'on pouvait gagner des connaissances humaines et une habileté spéciale par la prière, mais il enseigna que la prière est un facteur dans l'expansion de notre capacité à recevoir la présence de l'esprit divin. Quand Jésus apprenait à ses associés à prier en esprit et en vérité, il expliquait qu'il s'agissait de prier sincèrement et conformément aux lumières que l'on possède, de prier de tout coeur avec intelligence, sérieux et persévérance.

    Jésus mit ses disciples en garde contre l'idée que leurs prières seraient rendues plus efficaces par des répétitions imagées, par une phraséologie éloquente, ou par des jeûnes, des pénitences et des sacrifices. Mais il exhorta ses partisans à employer la prière pour s'élever à la véritable adoration au moyen des actions de grâces. Jésus déplorait de trouver si peu d'esprit d'actions de grâce dans les prières et le culte de ses disciples. À cette occasion, il fit la citation suivante des Écritures : “ C'est une bonne chose que de rendre grâces au Seigneur et de louer par des cantiques le nom du Très Haut, de reconnaître tous les matins sa bienveillance affectueuse et tous les soirs sa fidélité, car Dieu m'a rendu heureux par ses oeuvres. En toutes choses, je rendrai grâces conformément à la volonté de Dieu. ”

    Jésus dit ensuite : “ Ne vous préoccupez pas constamment de vos besoins ordinaires. N'ayez pas d'appréhension au sujet du problème de votre existence terrestre. En toutes ces matières, par des prières et des suppliques, et dans un sincère esprit d'actions de grâces, exposez vos besoins au Père qui est aux cieux. ” Puis il cita encore les Écritures : “ Je louerai le nom du Seigneur par un cantique et je le magnifierai par mes actions de grâces. Cela plaira plus au Seigneur qu'un boeuf ou un taureau avec cornes et sabots. ”

    Jésus enseigna à ses disciples qu'après avoir fait leur prière au Père, ils devaient rester quelque temps dans un état de réceptivité silencieuse pour donner à l'esprit intérieur les meilleures chances de parler à l'âme attentive. C'est au moment où le mental humain est dans une attitude de sincère adoration que l'esprit du Père parle le mieux aux hommes. Nous adorons Dieu grâce à l'aide de l'esprit intérieur du Père et à l'illumination du mental humain par le ministère de la vérité. Jésus enseigna que l'adoration rend l'adorateur de plus en plus semblable à l'être qu'il adore. L'adoration est une expérience transformatrice par laquelle le fini s'approche graduellement de l'Infini et, en dernier lieu, atteint sa présence.

    Jésus exposa à ses apôtres encore beaucoup d'autres vérités sur la communion de l'homme avec Dieu, mais peu d'entre eux purent assimiler complètement son enseignement.