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Bonté Divine

*RÉSURRECTION ET ASCENSION*


Divin



L'HEURE DU TOMBEAU

Le corps mortel de Jésus reposa durant un jour et demi dans le tombeau de Joseph d’Arimathie. Cette période entre sa mort sur la croix et sa résurrection est un chapitre de la carrière terrestre de Michael qui nous est peu connu. Nous pouvons raconter la mise au tombeau du Fils de l'Homme et insérer dans ce récit les évènements associés à sa résurrection, mais nous ne pouvons fournir beaucoup de renseignements authentiques sur ce qui se passa réellement durant l'intervalle d'environ trente-six heures compris entre le vendredi après-midi à trois heures et le dimanche matin à trois heures. Cette période de la carrière du Maitre commença peu avant que les soldats romains l'eurent descendu de la croix. Il resta suspendu à la croix environ une heure après sa mort. Il en aurait été descendu plus tôt s'il n'y avait pas eu de retard pour donner le coup de grâce aux deux brigands.

Les dirigeants des Juifs avaient projeté de faire jeter le corps de Jésus dans l'une des fosses communes ouvertes de la Géhenne, au sud de la ville; la coutume voulait que l'on disposât ainsi des victimes de la crucifixion. Si ce plan avait été suivi, le corps du Maitre aurait risqué d'être à la merci des bêtes sauvages.

Entretemps, Joseph d'Arimathie, accompagné de Nicodème, était allé trouver Pilate pour lui demander que le corps de Jésus leur fût remis pour lui assurer une inhumation décente. Il n'était pas rare que les amis des personnes crucifiées offrent des pots-de-vin aux autorités romaines pour avoir le privilège d'entrer en possession des corps. Joseph se présenta devant Pilate avec une forte somme d'argent pour le cas où il aurait été nécessaire d'acheter l'autorisation de transporter le corps de Jésus dans un caveau funéraire privé. Mais Pilate ne voulut pas accepter d'argent pour cela. Après avoir entendu la requête, il signa rapidement l'ordre qui permettait à Joseph de se rendre au Golgotha et d'y prendre immédiatement pleine et entière possession du corps du Maitre. Entretemps, la tempête de sable s'était beaucoup calmée, et un groupe de Juifs représentant le Sanhédrin était parti pour le Golgotha afin de s'assurer que le corps de Jésus était bien emporté avec celui des brigands pour être jeté dans la fosse commune publique et ouverte.

La mise au tombeau de Jésus

Lorsque Joseph et Nicodème arrivèrent au Golgotha, ils trouvèrent les soldats descendant Jésus de la croix, et les représentants du Sanhédrin présents pour s'assurer qu'aucun de ses disciples n'empêcherait qu'on ne jette le corps de Jésus dans la fosse commune des criminels. Quand Joseph présenta au centurion l'ordre concernant le corps du Maitre, les Juifs soulevèrent un tumulte et poussèrent des clameurs pour avoir le droit d'en disposer. Dans leur frénésie, ils cherchèrent à s'emparer de force du corps. Voyant cela, le centurion appela auprès de lui quatre soldats qui se tinrent debout, avec leurs épées dégainées, enjambant le corps du Maitre étendu là sur le sol. Le centurion ordonna aux autres soldats de laisser là les deux brigands et de refouler la troupe irritée des Juifs exaspérés. Quand l'ordre fut rétabli, le centurion lut aux Juifs l'autorisation de Pilate, fit un pas de côté et dit à Joseph : “ Ce corps t'appartient pour en faire ce que tu jugeras bon. Moi-même et mes soldats te soutiendront pour s'assurer que nul ne te contrecarre. ”

Un crucifié ne pouvait être enterré dans un cimetière juif; une loi l'interdisait strictement. Joseph et Nicodème connaissaient cette loi et, en allant au Golgotha, ils avaient décidé d'ensevelir Jésus dans le nouveau caveau de famille de Joseph, creusé en plein roc et situé à proximité, au nord du Golgotha, de l'autre côté de la route conduisant à Samarie. Nul n'avait jamais été couché dans ce tombeau, et ils jugèrent opportun que le Maitre y reposât. Joseph croyait réellement que Jésus allait ressusciter d'entre les morts, mais Nicodème était fort sceptique. Ces anciens membres du Sanhédrin avaient plus ou moins dissimulé leur foi en Jésus, bien que leurs collègues sanhédristes aient eu depuis longtemps des soupçons à leur égard, même avant leur démission du conseil. À dater de ce moment, ils furent ceux des disciples de Jésus qui s'exprimèrent le plus ouvertement à Jérusalem.

Vers quatre heures et demie, le cortège funéraire de Jésus de Nazareth partit du Golgotha pour le tombeau de Joseph, situé de l'autre côté de la route. Le corps était enveloppé dans un drap de lin et porté par les quatre êtres humains suivis des fidèles Galiléennes qui avaient participé à la veillée. Les mortels qui portèrent à la tombe le corps matériel de Jésus étaient : Joseph d'Arimathie, Nicodème, Jean Zébédée et le centurion romain.

Ils transportèrent le corps dans le tombeau carré qui mesurait environ trois mètres de côté, et se préparèrent en hâte à l'ensevelir. En réalité, les Juifs n'enterraient pas leurs morts; ils les embaumaient. Joseph et Nicodème avaient apporté de grandes quantités de myrrhe et d'aloès, et ils enveloppèrent alors le corps avec des bandelettes saturées de ces solutions. Quand l'embaumement fut achevé, ils attachèrent un linge autour du visage, enveloppèrent le corps dans un drap de lin et le placèrent respectueusement sur un rayon du caveau.

Après cette mise au tombeau, le centurion fit signe à ses soldats d'aider à rouler la pierre de fermeture devant l'entrée du tombeau. Les soldats partirent ensuite pour la Géhenne avec les corps des deux larrons, tandis que les autres assistants retournaient tristement à Jérusalem pour observer la fête de la Pâque conformément aux lois de Moïse.

La mise au tombeau de Jésus eut lieu avec une hâte et une précipitation extrême parce que c'était le jour de la préparation et que le sabbat approchait rapidement. Les êtres humains se dépêchèrent de retourner à Jérusalem, mais les femmes s'attardèrent près du tombeau jusqu'à la tombée de la nuit.

Pendant le déroulement de toutes ces opérations, les femmes étaient dissimulées à proximité, de sorte qu'elles virent tout et observèrent l'endroit où le Maitre avait été couché. Elles s'étaient ainsi cachées parce qu'il n'était pas permis aux femmes de s'associer aux êtres humains en de pareils moments. Ces femmes jugèrent que le corps de Jésus n'avait pas été préparé convenablement pour être enseveli. Elles se mirent d'accord pour retourner chez Joseph, s'y reposer jusqu'au lendemain du sabbat, préparer des aromates et des onguents, et revenir, le dimanche matin, embaumer le corps du Maitre comme il convenait en vue du repos mortuaire. Voici les noms des femmes qui s'attardèrent ainsi près du tombeau ce vendredi soir : Marie-Madeleine, Marie la femme de Clopas, Marthe (une autre soeur de la mère de Jésus) et Rébecca de Sepphoris.

En dehors de David Zébédée et de Joseph d'Arimathie, très peu de disciples croyaient réellement ou comprenaient que Jésus devait ressusciter au troisième jour.

La protection du tombeau

Les disciples de Jésus ne pensaient plus à sa promesse de sortir du tombeau au troisième jour, mais ses ennemis ne l'oubliaient pas. Les chefs des prêtres, pharisiens et sadducéens se souvenaient d'avoir reçu des rapports selon lesquels il aurait dit qu'il ressusciterait d'entre les morts.

Ce vendredi soir vers minuit, après le souper de la Pâque, un groupe de dirigeants juifs se réunit chez Caïphe, où ils s'entretinrent de leurs craintes concernant les affirmations du Maitre qu'il ressusciterait d'entre les morts au troisième jour. La réunion se termina par la nomination d'un comité de sanhédristes chargé de rendre visite à Pilate le lendemain de bonne heure, en lui apportant la requête officielle du Sanhédrin de faire stationner une garde romaine devant le tombeau de Jésus pour empêcher ses amis d'y toucher. Le porte-parole de ce comité dit à Pilate : “ Seigneur, nous nous souvenons que Jésus de Nazareth, ce trompeur, a dit pendant qu'il était encore vivant : Après trois jours, je ressusciterai. En conséquence, nous sommes venus à toi en te demandant de donner les ordres nécessaires pour que le sépulcre soit protégé contre ses disciples, au moins jusqu'après le troisième jour. Nous craignons beaucoup que ses disciples ne viennent l'enlever de nuit pour proclamer ensuite au peuple qu'il est ressuscité d'entre les morts. Si nous laissions cela se produire, ce serait une faute bien pire que si nous lui avions permis de vivre. ”

Après avoir entendu cette requête des sanhédristes, Pilate leur dit : “ Je vais vous donner une garde de dix soldats. Allez-vous-en, et faites en sorte que la tombe soit en sureté. ” Ils retournèrent au temple, recrutèrent dix de leurs propres gardes, puis se dirigèrent vers la tombe de Joseph avec ces dix gardes juifs et les dix soldats romains, bien que ce fût un matin de sabbat, pour les installer comme veilleurs devant le tombeau. Ces êtres humains roulèrent encore une autre pierre devant la tombe et apposèrent le sceau de Pilate sur ces pierres et autour d'elles, de crainte qu'elles ne fussent déplacées à leur insu. Et ces vingt êtres humains restèrent à veiller jusqu'à l'heure de la résurrection, et les Juifs leur apportèrent à manger et à boire.

Durant le jour du Sabbat

Durant toute cette journée de sabbat, les disciples et les apôtres restèrent cachés, tandis que tout Jérusalem parlait de la mort de Jésus sur la croix. À cette date, il y avait à Jérusalem presque un million et demi de Juifs venant de toutes les parties de l'empire romain et de la Mésopotamie. C'était le commencement de la semaine de la Pâque, et tous ces pèlerins allaient se trouver dans la ville pour apprendre la nouvelle de la résurrection de Jésus et la rapporter chez eux.

Tard le samedi soir, Jean Marc invita secrètement les onze apôtres à venir dans la maison de son père. Peu avant minuit, ils étaient tous réunis dans cette même salle du haut où, deux jours auparavant, ils avaient partagé le Dernier Souper avec leur Maitre.

Juste avant le coucher du soleil, ce samedi soir, Marie mère de Jésus, accompagnée de Jude et de Ruth, revint à Béthanie pour y rejoindre sa famille. David Zébédée resta chez Nicodème; il avait pris des dispositions pour que ses messagers s'y rassemblent le dimanche matin de bonne heure. Les femmes de Galilée, qui préparaient des aromates pour mieux embaumer le corps de Jésus, demeurèrent chez Joseph d'Arimathie.

Nous ne sommes pas capables d'expliquer pleinement ce qui advint de Jésus de Nazareth durant cette période d'un jour et demi durant laquelle il était censé reposer dans le nouveau tombeau de Joseph. Apparemment, il mourut sur la croix de la même mort naturelle dont serait mort tout autre mortel dans les mêmes circonstances. Nous l'avons entendu dire : “ Père, je remets mon esprit entre tes mains. ” Nous ne comprenons pas exactement la signification de ces paroles, puisque l'Ajusteur de Pensée de Jésus avait été personnalisé depuis longtemps et maintenait ainsi une existence séparée de l'être mortel de Jésus. En aucun sens l'Ajusteur Personnalisé du Maitre ne pouvait être affecté par sa mort physique sur la croix. Ce que Jésus remit aux mains du Père à ce moment doit avoir été la contrepartie spirituelle du travail initial de l'Ajusteur consistant à spiritualiser le mental humain de manière à ce que la transcription de son expérience soit transférée aux mondes des maisons. L'expérience de Jésus a dû comporter quelque réalité spirituelle analogue à la nature spirituelle, ou âme des mortels des mondes dont la foi grandit. Mais ceci est simplement notre opinion – nous ne savons pas réellement ce que Jésus confia à son Père.

Nous savons que la forme physique du Maitre reposa dans le tombeau de Joseph jusqu'au dimanche matin vers trois heures, mais nous sommes dans une complète incertitude au sujet du statut de la personnalité de Jésus durant cette période de trente-six heures. Nous nous sommes parfois enhardis à nous expliquer ces choses à peu près comme suit :
  • La conscience de Créateur de Michael doit avoir été libre et entièrement dégagée du mental humain associé de son incarnation physique.
  • Nous savons que l'ancien Ajusteur de Pensée de Jésus était présent sur Terre durant cette période et commandait personnellement les armées célestes rassemblées.
  • L'être humain de Nazareth avait acquis une identité spirituelle, bâtie durant sa vie dans la chair, d'abord par les efforts directs de son Ajusteur de Pensée et, plus tard, par son propre équilibre parfait entre les nécessités physiques et les exigences spirituelles de l'existence idéale de mortel, équilibre qu'il atteignit en choisissant sans cesse de faire la volonté du Père. C'est cette identité spirituelle qui a dû être remise à la garde du Père du Paradis. Nous ne savons pas si oui ou non cette réalité spirituelle est revenue pour faire partie de la personnalité ressuscitée, mais nous penchons pour l'affirmative. D'autres intelligences de l'univers soutiennent que cette identité d'âme de Jésus repose maintenant dans le “ sein du Père ” et qu'elle sera ultérieurement libérée pour prendre la direction du Corps de la Finalité de Nébadon dans sa destinée mystérieuse en relation avec les univers incréés des domaines encore inorganisés de l'espace extérieur.

  • Nous pensons que la conscience humaine ou mortelle de Jésus dormit pendant ces trente-six heures. Nous avons des raisons de croire que le Jésus humain ne savait rien de ce qui se passait dans l'univers durant cette période. Sa conscience de mortel n'enregistra pas d'écoulement de temps. Pour elle, la résurrection à la vie suivit instantanément le sommeil de la mort.

    C'est à peu près tout ce que nous pouvons insérer dans le présent récit au sujet du statut de Jésus durant cette période du tombeau. Il existe un certain nombre de faits corrélatifs auxquels nous pouvons faire allusion, bien que nous ne soyons guère compétents pour les interpréter.

    Dans la vaste cour des salles de résurrection du premier monde des maisons de Satania, on peut maintenant observer un magnifique édifice morontiel-matériel connu sous le nom de “ Monument commémoratif de Michael ” et portant actuellement le sceau de Gabriel. Ce mémorial fut créé peu après que Michael eut quitté ce monde, et il porte l'inscription suivante : “ En commémoration du transit humain de Jésus de Nazareth sur Terre. ”

    Il existe des documents montrant que, durant cette période, le conseil suprême de Salvington, comportant cent membres, tint sur Terre une réunion délibérative sous la présidence de Gabriel. Il existe également des archives montrant que, durant cette période, les Anciens des Jours d'Uversa communiquèrent avec Michael au sujet du statut de l'univers de Nébadon.

    Nous savons qu'au moins un message fut échangé entre Michael et Emmanuel sur Salvington pendant que le corps du Maitre était couché dans le tombeau.

    Il y a de bonnes raisons de croire qu'une certaine personnalité occupa le siège de Caligastia au conseil systémique des Princes Planétaires qui se réunit sur Jérusem pendant que le corps de Jésus reposait dans le tombeau.

    Les archives d'Édentia indiquent que le Père de la Constellation de Norlatiadek se trouvait sur Terre et reçut des instructions de Michael durant l'intervalle où ce dernier était dans le tombeau.

    Il existe bien d'autres preuves suggérant que la personnalité de Jésus n'était pas tout entière endormie et inconsciente durant cette période de mort physique apparente.

    La signification de la mort sur la croix

    Bien que Jésus n'ait pas enduré cette mort sur la croix pour expier la culpabilité raciale de l'être humain mortel, ni pour procurer une sorte d'accès effectif auprès d'un Dieu par ailleurs offensé et implacable; même si le Fils de l'Homme ne s'est pas offert en holocauste pour apaiser le courroux de Dieu et ouvrir aux pécheurs la voie du salut; et en dépit du fait que toutes ces idées d'expiation et de propitiation soient erronées, il ne faudrait néanmoins pas négliger certaines significations attachées à la mort de Jésus sur la croix. Il est de fait que, sur d'autres planètes habitées voisines, on appelle la Terre “ Monde de la Croix ”.

    Jésus désirait vivre dans sa totalité, dans la chair, une vie de mortel sur Terre. La mort est généralement une partie de la vie. La mort est le dernier acte du drame des mortels. Dans nos efforts bien intentionnés pour éviter les erreurs superstitieuses provenant d'une fausse interprétation de ce que signifie la mort sur la croix, il nous faut être prudent afin d'éviter une autre grande faute, celle de ne pas percevoir la vraie signification et l'authentique importance de la mort du Maitre.

    L'être humain mortel n'a jamais été la propriété des maitres fourbes. Jésus n'a pas donné sa vie comme rançon pour dégager les êtres humains des griffes des chefs apostats et des princes déchus des sphères. Le Père qui est aux cieux n'a jamais conçu la grossière injustice de condamner une âme de mortel à cause des méfaits de ses ancêtres. La mort du Maitre sur la croix n'a pas non plus été un sacrifice pour rembourser à Dieu une dette que la race humaine aurait contractée envers lui.

    Avant que Jésus n'ait vécu sur terre, nous aurions peut-être eu des raisons de croire en un tel Dieu, mais cela ne se justifie plus depuis que le Maitre vécut et mourut parmi des mortels, nos semblables. Moïse enseigna la dignité et la justice d'un Dieu Créateur, mais Jésus dépeignit l'amour et la miséricorde d'un Père céleste.

    La nature animale – la tendance à la malfaisance – peut être héréditaire, mais le péché ne se transmet pas de parent à enfant. Le péché est un acte de rébellion consciente et délibérée contre la volonté du Père et les lois des Fils, commis par une créature volitive individuelle.

    Jésus vécut et mourut pour un univers entier, et non simplement pour les races de ce seul monde. Les mortels des royaumes disposaient du salut avant même que Jésus ne vive et ne meure sur Terre, mais le fait subsiste néanmoins que son effusion sur ce monde éclaira grandement la voie du salut; sa mort contribua beaucoup à rendre évidente pour toujours la certitude de la survie des mortels après la mort dans la chair.

    Il n'est guère approprié de parler de Jésus comme d'un sacrificateur, d'un payeur de rançon ou d'un rédempteur, mais il est entièrement correct de l'appeler un sauveur. Il a définitivement rendu plus claire et plus certaine la voie du salut (de la survie) : il a effectivement mieux montré et avec plus de sureté la voie du salut au bénéfice de tous les mortels de tous les mondes de l'univers de Nébadon.

    L'idée de Dieu en tant que véritable Père aimant est le seul concept que Jésus ait jamais enseigné. Une fois que l'on a saisi cette idée, il faut, immédiatement et en toute logique, abandonner complètement toutes ces notions primitives de Dieu considéré comme un monarque offensé, un souverain sévère et tout-puissant dont le principal plaisir consiste à détecter ses sujets en train de mal agir et de veiller à ce qu'ils soient convenablement punis – à moins qu'un autre être à peu près égal à lui n'accepte volontairement, en tant que substitut, de souffrir pour eux et de mourir à leur place. Toute l'idée de rançon et d'expiation est incompatible avec le concept de Dieu tel qu'il fut enseigné et donné en exemple par Jésus de Nazareth. L'amour infini de Dieu tient la première place dans la nature divine.

    Tout ce concept d'expiation et de salut sacrificiel est enraciné dans l'égoïsme et fondé sur lui. Jésus enseigna que le service envers son prochain est le concept le plus élevé de la fraternité des croyants en l'esprit. Le salut doit être considéré comme acquis par ceux qui croient à la paternité de Dieu. La principale préoccupation des croyants ne devrait pas être le désir égoïste de salut personnel, mais plutôt le besoin désintéressé d'aimer leurs semblables, donc de les servir, de même que Jésus a aimé et servi les mortels.

    Les croyants authentiques ne se préoccupent guère non plus de la punition future du péché. Le vrai croyant n'est concerné que par la présente séparation d'avec Dieu. Il est vrai que des pères avisés peuvent châtier leurs fils, mais ils le font par amour et dans un but disciplinaire. Ils ne punissent pas avec colère et ne châtient pas en représailles.

    Même si Dieu était le sévère et légal monarque d'un univers dans lequel règne par-dessus tout la justice, il ne serait certainement pas satisfait du plan enfantin consistant à substituer une victime innocente à un offenseur coupable.

    En ce qui concerne l'enrichissement de l'expérience humaine et l'élargissement de la voie du salut, relativement à la mort de Jésus, la grande chose n'est pas le fait de sa mort, mais plutôt le comportement superbe et l'esprit incomparable avec lesquels il fit face à la mort.

    Toute cette idée de rançon dans l'expiation place le salut sur un plan d'irréalité; un tel concept est purement philosophique. Le salut humain est réel; il est basé sur deux réalités que les créatures peuvent saisir par la foi et incorporer ainsi dans l'expérience humaine individuelle : le fait de la paternité de Dieu et, la vérité corollaire, la fraternité des êtres humains. Après tout, il est vrai que l'on nous “ remettra nos dettes comme nous remettons les leurs à nos débiteurs ”.

    Les leçons de la croix

    La croix de Jésus dépeint la pleine mesure du dévouement suprême du vrai berger aux membres, même indignes, de son troupeau. Elle place définitivement toutes les relations entre Dieu et l'être humain sur la base de la famille. Dieu est le Père, l'être humain est son fils ou sa fille. L'amour, l'amour d'un père pour son fils, devient la vérité centrale des relations entre Créateur et créature dans l'univers – et non la justice d'un roi qui cherche sa satisfaction dans les souffrances et la punition de ses sujets malfaisants.

    La croix montre pour toujours que l'attitude de Jésus envers les pécheurs n'était ni une condamnation ni une indulgence, mais plutôt la recherche éternelle et aimante de leur salut. Jésus est vraiment un sauveur en ce sens que sa vie et sa mort gagnent bel et bien les êtres humains à la bonté et à une juste survie. Jésus aime tellement les êtres humains que son amour éveille une réponse d'amour dans le coeur humain. L'amour est vraiment contagieux et éternellement créatif. La mort de Jésus sur la croix donne l'exemple d'un amour suffisamment fort et divin pour pardonner les péchés et engloutir toute malfaisance. Jésus révéla à ce monde une qualité de droiture supérieure à la justice – simple technique du bien et du mal. L'amour divin ne se borne pas à pardonner les torts; il les absorbe et les détruit réellement. Le pardon de l'amour transcende de loin le pardon de la miséricorde. La miséricorde met de côté la culpabilité du méfait, mais l'amour détruit définitivement le péché et toutes les faiblesses qui en résultent. Jésus apporta une nouvelle manière de vivre sur Terre. Il ne nous enseigna pas à résister au mal, mais à trouver à travers lui, Jésus, une bonté qui détruit efficacement le mal. Le pardon de Jésus n'est pas une indulgence; il sauve de la condamnation. Le salut ne minimise pas les torts, il les redresse. Le véritable amour ne comporte ni compromis avec la haine ni indulgence pour elle; il la détruit. L'amour de Jésus ne se satisfait jamais du simple pardon. L'amour du Maitre implique la réhabilitation, la survie éternelle. Il est parfaitement correct de qualifier le salut de rédemption si l'on veut parler de cette réhabilitation éternelle.

    Par le pouvoir de son amour personnel pour les êtres humains, Jésus pouvait briser l'emprise du péché et du mal. Il donnait ainsi la liberté de choisir de meilleurs modes de vie. Jésus présenta une délivrance du passé qui, en elle-même, promettait un triomphe pour l'avenir. Le pardon procurait donc le salut. Quand l'amour divin est pleinement admis dans le coeur humain, sa beauté détruit pour toujours l'envoutement du péché et le pouvoir du mal.

    Les souffrances de Jésus ne furent pas limitées à la crucifixion. En réalité, Jésus de Nazareth passa plus de vingt-cinq ans sur la croix d'une existence de mortel réelle et intense. La vraie valeur de la croix consiste dans le fait qu'elle fut l'expression suprême et finale de l'amour de Jésus, le parachèvement de la révélation de sa miséricorde.

    Sur des millions de mondes habités, des dizaines de billions de créatures évoluantes auraient pu être tentées de renoncer à la lutte morale et d'abandonner le bon combat de la foi. Elles ont jeté un nouveau regard sur Jésus crucifié, puis ont repris leur chemin en avant, inspirées par la vue de Dieu abandonnant sa vie incarnée par dévotion au service désintéressé des êtres humains.

    Le triomphe de la mort sur la croix est résumé dans l'esprit du comportement de Jésus envers ses agresseurs. Il fit de la croix un symbole éternel de la victoire de l'amour sur la haine et de la victoire de la vérité sur le mal quand il pria : “ Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. ” Cet amour dévoué fut contagieux dans tout un vaste univers; les disciples le prirent de leur Maitre. Le tout premier instructeur de son évangile appelé à abandonner sa vie dans ce service fut lapidé à mort pendant qu'il disait : “ Ne fais pas retomber sur eux la responsabilité de ce péché. ”

    La croix fait un suprême appel à ce qu'il y a de meilleur chez l'être humain, parce qu'elle dévoile un être disposé à donner sa vie au service de ses semblables. Nul ne peut avoir de plus grand amour que d'être disposé à donner sa vie pour ses amis – et Jésus avait un tel amour qu'il était prêt à donner sa vie pour ses ennemis, un amour plus grand que tout ce que l'on avait connu jusque-là sur Terre.

    Sur d'autres mondes aussi bien que sur Terre, ce spectacle sublime de la mort du Jésus humain sur la croix du Golgotha a soulevé les émotions des mortels en même temps qu'il suscitait la plus haute dévotion des anges.

    La croix est le symbole supérieur du service sacré, la consécration de votre vie au bien-être et au salut de vos semblables. La croix n'est pas le symbole du sacrifice de l'innocent Fils de Dieu se substituant aux pécheurs coupables en vue d'apaiser le courroux d'un Dieu offensé. Elle se dresse pour toujours, sur Terre et dans tout un vaste univers, comme un symbole sacré des bons s'effusant sur les méchants, et les sauvant ainsi par la dévotion même de leur amour. La croix se dresse véritablement comme le signe de la plus haute forme de service désintéressé, du dévouement suprême consistant à effuser pleinement une vie de droiture au service d'un ministère accompli de tout coeur, même dans la mort, la mort sur la croix. La seule vue de ce grand symbole de la vie d'effusion de Jésus inspire véritablement à chacun de nous le désir d'en faire autant.

    Quand les hommes et les femmes réfléchis considèrent Jésus offrant sa vie sur la croix, ils ne peuvent plus guère se permettre de se plaindre, même des plus rudes épreuves de la vie, et encore bien moins des petites vexations et des nombreux griefs purement fictifs qui en découlent. La vie du Maitre fut si glorieuse et sa mort si triomphale que nous sommes tous attirés et incités à partager les deux. Toute l'effusion de Michael possède un véritable pouvoir d'attraction, depuis l'époque de sa jeunesse jusqu'au spectacle accablant de sa mort sur la croix.

    Assurons-nous donc qu'en regardant la croix comme une révélation de Dieu, nous ne regardons ni avec les yeux des êtres humains primitifs, ni du point de vue des barbares qui les suivirent, car tous deux considéraient Dieu comme un Souverain implacable exerçant sévèrement la justice et appliquant rigidement la loi. Assurons-nous plutôt que nous voyons dans la croix la manifestation finale de l'amour et de la dévotion de Jésus à la mission d'effusion de sa vie sur les races de mortels de son vaste univers. Voyons dans la mort du Fils de l'Homme l'apogée de la manifestation de l'amour divin du Père pour ses fils des sphères habitées par des mortels. La croix dépeint ainsi le dévouement d'une affectueuse volonté de bien et l'effusion du salut volontaire sur ceux qui sont disposés à recevoir de tels dons et un tel dévouement. Dans la croix, il n'y avait rien que le Père ait exigé – mais seulement ce que Jésus donna si volontiers et refusa d'éviter.

    Si l'être humain ne peut, d'une autre manière, apprécier Jésus et comprendre le sens de son effusion sur la Terre, il peut au moins comprendre qu'il a partagé avec lui ses souffrances de mortel. Nul ne peut plus jamais craindre que le Créateur ignore la nature ou l'étendue de ses afflictions temporelles.

    Nous savons que la mort sur la croix n'était pas destinée à réconcilier l'être humain avec Dieu, mais à stimuler l'être humain dans sa réalisation de l'éternel amour du Père et de la miséricorde sans fin de son Fils, ainsi qu'à diffuser ces vérités universelles dans un univers entier.

    LA RÉSURRECTION

    Peu après que Jésus eut été enseveli le vendredi après-midi, le chef des archanges de Nébadon, alors présent sur Terre, convoqua son conseil préposé à la résurrection des créatures volitives endormies et se mit à étudier une technique possible pour ressusciter Jésus. Ces fils assemblés de l'univers local, créatures de Michael, agissaient sous leur propre responsabilité; Gabriel ne les avait pas réunis. Vers minuit, ils étaient parvenus à la conclusion que la créature ne pouvait rien faire pour faciliter la résurrection du Créateur. Ils étaient disposés à accepter l'avis de Gabriel, qui leur fit comprendre que, puisque Jésus avait “ abandonné sa vie de son plein gré, il avait aussi le pouvoir de la reprendre de sa propre décision. ” Peu après l'ajournement de ce conseil des archanges, des Porteurs de Vie et de leurs divers associés dans l'oeuvre de réhabilitation de la créature et de la création morontielle, l'Ajusteur Personnalisé de Jésus prit la parole. Il commandait personnellement les légions célestes alors assemblées sur Terre et s'adressa dans les termes suivants à ces veilleurs qui attendaient anxieusement :

    “ Nul d'entre vous ne peut rien faire pour aider votre Créateur-père à revenir à la vie. En tant que mortel du royaume, il a passé par l'expérience de la mort charnelle; en tant que Souverain d'un univers, il vit toujours. Ce que vous observez est le transit mortel de Jésus de Nazareth passant de la vie dans la chair à la vie dans la morontia. Le transit d'esprit de ce Jésus fut parachevé le jour où je me séparais de sa personnalité et devins votre directeur temporaire. Votre Créateur-père a choisi de faire l'expérience entière de ses créatures mortelles, depuis la naissance sur les mondes matériels jusqu'au statut de l'existence véritable en tant qu'esprit, en passant par la mort naturelle et la résurrection de la morontia. Vous allez observer une certaine phase de cette expérience, mais il ne vous est pas permis d'y participer. Vous ne pouvez faire pour le Créateur ce que vous faites ordinairement pour les créatures. Un Fils Créateur possède en lui-même le pouvoir de s'effuser dans la similitude de n'importe lequel de ses fils créés, il a en lui-même le pouvoir d'abandonner sa vie observable et de la reprendre de nouveau. Il dispose de ce pouvoir à cause du commandement direct du Père du Paradis, et je sais de quoi je parle. ”

    Après avoir entendu l'Ajusteur Personnalisé s'exprimer ainsi, ils prirent tous une attitude expectative anxieuse, depuis Gabriel jusqu'au plus humble chérubin. Ils voyaient le corps mortel de Jésus dans le tombeau; ils décelaient des preuves de l'activité de leur bien-aimé Souverain dans l'univers et, faute de comprendre ces phénomènes, ils attendaient patiemment la suite des évènements.

    Le transit morontiel

    Le dimanche matin à deux heures quarante-cinq, la commission paradisiaque d'incarnation arriva sur les lieux; elle se composait de sept personnalités du Paradis, non identifiées, qui se déployèrent immédiatement autour de la tombe. À trois heures moins dix, d'intenses vibrations d'activités mixtes matérielles et morontielles commencèrent à émaner du tombeau neuf de Joseph d'Arimathie et, à trois heures deux minutes, ce dimanche 9 avril de l'an 30, la forme et la personnalité morontielle ressuscitées de Jésus de Nazareth sortirent du tombeau.

    Après que Jésus ressuscité eut émergé de son tombeau, le corps de chair, dans lequel il avait vécu et travaillé sur Terre durant près de trente-six ans, gisait encore là dans la niche du sépulcre, intact et enveloppé dans le drap de lin, exactement tel qu'il y avait été couché le vendredi après-midi par Joseph et ses compagnons. La pierre fermant l'entrée du tombeau n'avait pas subi le moindre déplacement; le sceau de Pilate était intact; les soldats montaient toujours la garde. Les gardes du temple avaient veillé sans interruption; la garde romaine avait été changée à minuit. Aucun de ces veilleurs ne soupçonnait que l'objet de leur vigile s'était élevé à une forme d'existence nouvelle et supérieure, ni que le corps qu'ils gardaient n'était plus qu'une enveloppe extérieure abandonnée, désormais sans connexion avec la personnalité morontielle délivrée et ressuscitée de Jésus.

    L'humanité est lente à percevoir que, dans tout ce qui est personnel, la matière est seulement le squelette de la morontia, et que les deux sont l'ombre réfléchie de la réalité spirituelle durable. Combien de temps faudra-t-il pour que nous considérions le temps comme l'image mouvante de l'éternité, et l'espace comme l'ombre fugitive des réalités du Paradis ?

    Autant que nous puissions en juger, nulle créature de cet univers ni aucune personnalité d'un autre univers ne joua le moindre rôle dans la résurrection morontielle de Jésus de Nazareth. Le vendredi, il abandonna sa vie en tant que mortel du royaume; le dimanche matin, il la reprit en tant qu'être morontiel du système de Satania dans Norlatiadek. Il y a bien des choses que nous ne comprenons pas en ce qui concerne la résurrection de Jésus, mais nous savons qu'elle eut lieu comme nous l'avons dit et à peu près à l'heure indiquée. Nous pouvons aussi affirmer que tous les phénomènes connus associés à ce transit de mortel, ou résurrection morontielle, se produisirent là, dans le tombeau neuf de Joseph d'Arimathie, où la dépouille mortelle matérielle de Jésus gisait enveloppée dans les linges mortuaires.

    Nous savons que nulle créature de l'univers local ne participa à ce réveil morontiel. Nous perçûmes les sept personnalités du Paradis qui entouraient la tombe, mais nous ne les vîmes pas faire quoi que ce soit en liaison avec le réveil du Maitre. Aussitôt que Jésus apparut à côté de Gabriel, juste au-dessus du tombeau, les sept personnalités du Paradis signifièrent leur intention de partir immédiatement pour Uversa.

    Clarifions définitivement le concept de la résurrection de Jésus en faisant les déclarations suivantes :
  • Son corps matériel ou physique ne faisait pas partie de sa personnalité ressuscitée. Lorsque Jésus sortit du tombeau, son corps de chair resta intact dans le sépulcre. Le Maitre émergea du tombeau sans déplacer les pierres qui en bouchaient l'entrée et sans briser les sceaux de Pilate.
  • Il n'émergea du tombeau ni en tant qu'esprit, ni en tant que Michael de Nébadon, il n'apparut pas sous la forme du Souverain Créateur semblable à celle qu'il avait avant son incarnation dans la similitude de la chair mortelle sur Terre.
  • Il sortit du tombeau de Joseph d’Arimathie dans la similitude exacte des personnalités morontielles de ceux qui émergent, en tant qu'ascendeurs morontiels ressuscités, des salles de résurrection du premier monde des maisons du système local de Satania. La présence du monument commémoratif de Michael au centre de la vaste cour des salles de résurrection de maisonnia numéro 1 nous conduit à supposer que la résurrection du Maitre sur Terre fut agencée d'une certaine manière sur ce premier monde des maisons du système.

  • Le premier acte de Jésus en sortant du tombeau fut de saluer Gabriel et de l'inviter à continuer d'assumer la responsabilité administrative des affaires de son univers sous la supervision d'Emmanuel. Puis il pria le chef des Melchizedek de transmettre ses salutations personnelles à Emmanuel. Ensuite, il demanda au Très Haut d'Édentia la certification des Anciens des Jours concernant son transit de mortel. Puis il se tourna vers l'assemblée des groupes morontiels des sept mondes des maisons, réunis là pour saluer leur Créateur et lui souhaiter la bienvenue en tant que créature de leur ordre; Jésus prononça les premières paroles de carrière post-mortelle. Le Jésus morontiel leur dit : “ Ayant terminé ma vie dans la chair, je voudrais m'arrêter ici un peu de temps dans ma forme de transition pour connaître plus complètement la vie de mes créatures ascendantes et poursuivre mes révélations de la volonté de mon Père qui est au Paradis. ”

    Après avoir ainsi parlé, Jésus fit un signe à l'Ajusteur Personnalisé, et toutes les intelligences de l'univers qui s'étaient réunies sur Terre pour être témoins de la résurrection furent immédiatement priées de rejoindre leurs postes respectifs dans l'univers.

    Jésus commença ensuite à établir les contacts sur le niveau morontiel et prit connaissance, en tant que créature, des exigences de la vie qu'il avait choisi de vivre durant cette brève période sur Terre. Cette initiation au monde morontiel demanda plus d'une heure du temps terrestre et fut deux fois interrompue par le désir de Jésus de communiquer avec ses anciens associés charnels venus de Jérusalem pour scruter avec étonnement le tombeau vide et y découvrir ce qu'ils considéraient comme une preuve de sa résurrection.

    Le transit de Jésus en tant que mortel – la résurrection morontielle du Fils de l'Homme – est maintenant parachevée. L'expérience transitoire du Maitre en tant que personnalité médiane entre le niveau matériel et le niveau spirituel a commencé. Et il a accompli tout cela par un pouvoir inhérent à lui-même; nulle personnalité ne lui apporta une aide quelconque. Il vit maintenant en tant que Jésus morontiel et, tandis qu'il commence cette vie morontielle, son corps matériel de chair gît intact dans le tombeau. Les soldats montent toujours la garde, et le sceau du gouverneur sur les pierres n'a pas encore été brisé.

    Le corps matériel de Jésus

    À trois heures dix, tandis que Jésus ressuscité fraternisait avec les personnalités morontielles rassemblées des sept mondes des maisons de Satania, le chef des archanges – les anges de la résurrection – aborda Gabriel et lui demanda le corps mortel de Jésus en disant : “ Nous n'avons pas le droit de participer à la résurrection morontielle de notre souverain Michael après son expérience d'effusion, mais nous voudrions que sa dépouille mortelle nous soit remise pour la dissoudre immédiatement. Nous ne nous proposons pas d'employer notre technique de dématérialisation; nous désirons simplement faire appel au processus de l'accélération du temps. Nous avons vu notre Souverain vivre et mourir sur Terre. Cela suffit. Nous épargnerions aux légions du ciel le souvenir d'avoir supporté le spectacle de la lente décomposition de la forme humaine du Créateur et Soutien d'un univers. Au nom des intelligences célestes de tout Nébadon, je demande un ordre me confiant la garde du corps mortel de Jésus de Nazareth et nous donnant pouvoir de procéder à sa dissolution immédiate. ”

    Après que Gabriel eut conféré avec le doyen des Très Hauts d'Édentia, l'archange porte-parole des légions célestes reçut l'autorisation de disposer à son gré de la dépouille physique de Jésus.

    Quand sa demande eut été exaucée, le chef des archanges appela à son aide un grand nombre de ses semblables ainsi qu'une foule de représentants de tous les ordres de personnalités célestes; puis, avec l'assistance des médians de la Terre, il se mit à l'oeuvre pour prendre possession du corps physique de Jésus. Ce corps de mort était une création purement matérielle, littéralement physique. On ne pouvait pas le retirer du tombeau à la manière dont la forme morontielle ressuscitée avait pu s'échapper du sépulcre scellé. Avec l'aide de certaines personnalités morontielles auxiliaires, on peut, à certains moments, rendre la forme morontielle semblable à celle de l'esprit; elle devient alors indifférente à la matière ordinaire; à d'autres moments, elle peut devenir discernable et touchable par des êtres matériels tels que les mortels du royaume.

    Pendant que les archanges et leur assistants se préparaient à retirer le corps de Jésus du tombeau avant d'en disposer d'une manière respectueuse et digne par le processus de la dissolution quasi instantanée, les médians secondaires de la Terre furent chargés d'écarter les deux pierres qui bouchaient l'entrée du tombeau. La plus grosse était un énorme bloc circulaire très semblable à une meule; elle se déplaçait dans une rainure taillée dans le roc, de sorte que l'on pouvait la rouler en avant ou en arrière pour ouvrir ou fermer le tombeau. Quand les gardes juifs et les soldats romains qui veillaient virent, à la faible lueur de l'aube, l'énorme pierre qui, apparemment de son propre chef, commençait à rouler pour dégager l'entrée du caveau – sans aucun moyen visible expliquant ce mouvement – ils furent saisis de peur panique et quittèrent précipitamment les lieux. Les Juifs s'enfuirent d'abord chez eux, se rendant plus tard au temple pour faire rapport de ces faits au capitaine. Les Romains s'enfuirent vers la forteresse d'Antonia et, dès que le centurion fut arrivé à son poste, ils lui rapportèrent ce qu'ils avaient vu.

    En soudoyant le traitre Judas, les dirigeants juifs avaient commencé la sordide opération par laquelle ils croyaient se débarrasser de Jésus. Maintenant, en face de cette nouvelle situation embarrassante, au lieu de songer à punir les gardes qui avaient déserté leur poste, ils en vinrent à soudoyer ces gardes et les soldats romains. Ils donnèrent une somme d'argent à chacun des vingt êtres humains avec l'ordre de dire à tout le monde : “ Tandis que nous dormions au cours de la nuit, les disciples de Jésus nous ont surpris et ont enlevé son corps. ” Et les dirigeants juifs promirent solennellement aux soldats de les défendre devant Pilate si jamais le gouverneur apprenait qu'ils avaient été soudoyés.

    La croyance chrétienne à la résurrection de Jésus a été basée sur le fait du “ tombeau vide ”. Assurément c'est un fait que le tombeau était vide, mais ce n'est pas la vérité de la résurrection. Le sépulcre était vraiment vide quand les premiers croyants arrivèrent, et ce fait, associé à celui de la résurrection indubitable du Maitre, les conduisit à formuler un credo inexact : l'enseignement que le corps matériel de Jésus avait été ressuscité de la tombe. La vérité se rapportant aux réalités spirituelles et aux valeurs éternelles ne peut pas toujours être établie par une combinaison de faits apparents. Bien que des faits individuels puissent être matériellement exacts, il ne s'ensuit pas nécessairement que le groupement d'un certain nombre de faits conduise à des conclusions spirituelles véridiques.

    Le tombeau de Joseph d’Arimathie était vide, non parce que le corps de Jésus avait été ranimé ou ressuscité, mais parce que les légions célestes avaient reçu l'autorisation demandée de lui faire subir une dissolution spéciale et exceptionnelle, un retour “ de la poussière à la poussière” , sans l'intervention des délais du temps et sans la mise en oeuvre des processus ordinaires et visibles de décomposition mortelle et de putréfaction matérielle.

    La dépouille mortelle de Jésus a subi le processus naturel de désintégration élémentaire qui caractérise tous les corps humains sur Terre, sauf qu'au point de vue du facteur temps, ce mode de dissolution naturelle fut considérablement accéléré, et hâté au point de devenir presque instantané.

    Les véritables preuves de la résurrection de Michael sont de nature spirituelle, bien que cet enseignement soit corroboré par le témoignage de nombreux mortels du royaume qui rencontrèrent le Maitre morontiel ressuscité, le reconnurent et conversèrent avec lui. Jésus fit partie de l'expérience personnelle de presque mille êtres humains avant de prendre finalement congé de la Terre.

    La résurrection dispensationnelle

    Un peu après quatre heures du matin ce même dimanche, Gabriel convoqua les archanges à ses côtés et se prépara à inaugurer la résurrection générale de la fin de la dispensation adamique sur Terre. Quand la vaste armée de séraphins et de chérubins participant à ce grand évènement fut rangée en formation appropriée, Michael dans sa forme morontielle apparut devant Gabriel en disant : “ De même que mon Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. Bien que je n'aie pas encore entièrement repris l'exercice de la juridiction sur mon univers, la limitation que je m'impose ne restreint en rien l'effusion de la vie sur mes fils endormis. Que l'appel nominal de la résurrection planétaire commence. ”

    Le circuit des archanges opéra alors pour la première fois à partir de la Terre. Gabriel et les armées d'archanges se rendirent au pôle spirituel de la planète et, lorsque Gabriel donna le signal, sa voix fut transmise comme un éclair sur le premier monde systémique des maisons. Elle disait : “ Par ordre de Michael, que les morts d'une dispensation de la Terre ressuscitent ! ” Alors, tous les survivants des races humaines de la Terre qui s'étaient endormis depuis l'époque d'Adam, et qui n'avaient pas encore comparu en jugement, apparurent dans les salles de résurrection de maisonnia, prêts à l'investiture morontielle. Et, en une fraction de seconde, les séraphins et leurs associés se préparèrent à partir pour les mondes des maisons. Ordinairement, ces gardiens séraphiques jadis affectés à la garde collective de ces mortels survivants auraient été présents au moment de leur réveil dans les salles de résurrection de maisonnia, mais ils se trouvaient alors sur Terre parce que la présence de Gabriel y était nécessaire en liaison avec la résurrection morontielle de Jésus.

    D'innombrables individus ayant des gardiens séraphiques personnels, et d'autres ayant atteint le niveau nécessaire de progrès spirituel de la personnalité, étaient déjà parvenus à maisonnia durant les âges consécutifs à l'époque d'Adam et d'Ève; et, bien qu'il y ait eu de nombreuses séances de résurrections spéciales et millénaires pour les fils de la Terre, le présent évènement était le troisième appel nominal planétaire, ou résurrection dispensationnelle complète. Le premier avait eu lieu à l'époque de l'arrivée du Prince Planétaire et le second à l'époque d'Adam; quant à celui-ci, le troisième, il marquait la résurrection morontielle, le transit de Jésus de Nazareth en tant que mortel.

    Quand le chef des archanges eut reçu le signal de la résurrection planétaire, l'Ajusteur Personnalisé du Fils de l'Homme se dessaisit de son autorité sur les armées célestes assemblées sur Terre et renvoya tous les fils de l'univers local qui les composaient à la juridiction de leurs chefs respectifs. Sur quoi l'Ajusteur partit pour Salvington en vue de faire enregistrer par Emmanuel le parachèvement du transit de Michael en tant que mortel, et fut immédiatement suivi par toutes les armées célestes dont les services n'étaient pas requis sur Terre. Mais Gabriel resta sur Terre avec Jésus morontiel.

    Telle est l'histoire des évènements de la résurrection de Jésus, vue par ceux qui en furent témoins au moment où elle eut réellement lieu, et dégagée des limitations de la vision humaine partielle et restreinte.

    La découverte du tombeau vide

    Il faut se rappeler qu'à l'approche du moment de la résurrection de Jésus, ce dimanche matin de bonne heure, les dix apôtres séjournaient au domicile d'Élie et de Marie Marc, où ils dormaient dans la salle du haut, reposant sur les mêmes divans où ils s'étaient allongés durant le dernier souper avec leur Maitre. Ce dimanche matin, ils étaient tous réunis là, excepté Thomas. Ce dernier avait passé quelques minutes avec eux tard le samedi soir au moment où ils se réunissaient, mais la vue des apôtres, jointe à la pensée de ce qui était arrivé à Jésus, dépassa ce qu'il pouvait supporter. Il jeta un coup d'oeil sur ses compagnons et quitta immédiatement la pièce pour se rendre chez Simon à Bethphagé, où il comptait, dans la solitude, s'abimer dans la douleur de sa peine. Les apôtres souffraient tous, non pas tant de doute et de désespoir que de crainte, de chagrin et de honte.

    Chez Nicodème, se trouvaient rassemblés, avec David Zébédée et Joseph d'Arimathie, douze à quinze disciples de Jésus parmi les plus en vue à Jérusalem. Chez Joseph, se trouvaient quinze à vingt des principales femmes croyantes. Seules ces femmes demeuraient dans la maison de Joseph et y étaient restées cloitrées durant les heures du sabbat et la soirée du sabbat, de sorte qu'elles ignoraient qu'une garde militaire veillait sur le tombeau. Elles ne savaient pas non plus qu'une deuxième pierre avait été roulée devant l'entrée du tombeau et que l'on avait apposé le sceau de Pilate sur les deux pierres.

    Un peu avant trois heures ce dimanche matin, quand les premiers signes de l'aube apparurent à l'orient, cinq des femmes partirent pour la tombe de Jésus. Elles avaient préparé en abondance des onguents spéciaux pour l'embaumement, et emportaient de nombreuses bandelettes de lin. Elles avaient l'intention de mieux embaumer le corps de Jésus et de l'envelopper plus soigneusement dans les nouvelles bandelettes.

    Voici les noms des femmes qui partirent en mission pour oindre le corps de Jésus : Marie-Madeleine, Marie la mère des jumeaux Alphée, Salomé la mère des frères Zébédée, Jeanne la femme de Chuza et Suzanne la fille d'Ezra d'Alexandrie.

    Il était à peu près trois heures et demie lorsque ces cinq femmes, chargées de leurs onguents, arrivèrent devant le tombeau vide. Au moment où elles sortirent de Jérusalem par la porte de Damas, elles croisèrent quelques soldats plus ou moins frappés de panique et fuyant vers l'intérieur de la ville. Cela les incita à s'arrêter quelques minutes, mais, en voyant qu'il ne se passait rien d'autre, elles se remirent en route.

    Elles furent grandement surprises de voir la pierre roulée de côté pour dégager l'entrée du tombeau, d'autant qu'elles s'étaient demandées tout le long du chemin : “ Qui va nous aider à rouler la pierre de côté ? ” Elles déposèrent leurs fardeaux et commencèrent à se regarder mutuellement avec crainte et stupéfaction. Tandis qu'elles se tenaient là, tremblantes de peur, Marie-Madeleine s'aventura autour de la plus petite des deux pierres et osa entrer dans le sépulcre ouvert. Le tombeau était situé dans le jardin de Joseph d’Arimathie, sur la pente du côté oriental de la route, et faisait également face à l'orient. Vers cette heure, l'aube du nouveau jour donnait juste suffisamment de clarté pour permettre à Marie-Madeleine de voir l'endroit où le corps du Maitre avait été étendu et pour constater qu'il n'y était plus. Dans le renfoncement de pierre où Jésus avait été couché, Marie-Madeleine ne vit que la serviette pliée sur laquelle sa tête avait reposé et les bandelettes avec lesquelles il avait été enveloppé, gisant intactes telles qu'elles avaient été étendues sur la pierre avant que les armées célestes n'eussent enlevé le corps. Le linceul gisait au pied de la niche mortuaire.

    Après que Marie-Madeleine se fut arrêtée quelques instants à l'entrée du tombeau (car au début elle ne distinguait pas assez nettement) elle vit que le corps de Jésus avait disparu et que seuls les linges mortuaires étaient restés en place. Elle poussa alors un cri d'alarme et d'angoisse. Toutes les femmes venues là souffraient d'une grande tension nerveuse; elles avaient été constamment tendues depuis qu'elles avaient rencontré les soldats en panique à la porte de la ville. Lorsque Marie-Madeleine poussa ce cri d'angoisse, elles furent frappées de terreur et s'enfuirent précipitamment. Elles ne s'arrêtèrent pas avant d'avoir couru tout le long du chemin jusqu'à la porte de Damas. À ce moment, Jeanne prit conscience qu'elles avaient abandonné Marie-Madeleine. Elle rallia ses compagnes, et les quatre repartirent pour le tombeau.

    Tandis qu'elles s'approchaient du sépulcre, Marie-Madeleine apeurée, qui avait été encore plus terrorisée en ne trouvant pas ses soeurs en train de l'attendre à sa sortie du tombeau, se précipita maintenant vers elles en s'écriant avec excitation : “ Il n'est plus là – on l'a enlevé ! ” Puis elle les ramena au tombeau, et elles y entrèrent toutes pour constater qu'il était vide.

    Les cinq femmes s'assirent alors sur la pierre près de l'entrée et discutèrent la situation. Il ne leur était pas encore venu à l'idée que Jésus était ressuscité. Elles n'avaient vu personne durant le sabbat et supposaient que le corps avait été transporté dans un autre lieu de repos. Mais, en réfléchissant à cette solution de leur dilemme, elles furent embarrassées pour expliquer l'arrangement ordonné des linges mortuaires. Comment le corps aurait-il pu être enlevé, puisque les bandelettes mêmes dans lesquelles il était enveloppé avaient été laissées en place, apparemment intactes, sur le rayon mortuaire ?

    Tandis que ces femmes étaient assises là, aux premières heures de l'aurore du nouveau jour, elles regardèrent de côté et virent un étranger silencieux et immobile. Pendant un moment, elles eurent de nouveau peur, mais Marie-Madeleine se précipita vers lui en le prenant pour le jardinier et lui dit : “ Où avez-vous emmené le Maitre ? Où l'ont-ils couché ? Dis-le-nous pour que nous allions le prendre. ” Voyant que l'étranger ne lui répondait pas, Marie-Madeleine se mit à pleurer. Alors, Jésus parla aux femmes et leur dit : “ Qui cherchez-vous ? ” Marie-Madeleine répondit : “ Nous cherchons Jésus qui a été enseveli dans le tombeau de Joseph, mais il n'y est plus. Sais-tu où il a été emporté ? ” Alors, Jésus dit : “ Ce Jésus ne vous a-t-il pas dit, même en Galilée, qu'il mourrait, mais qu'il ressusciterait ? ” Ces mots stupéfièrent les femmes, mais le Maitre était tellement changé qu'elles ne le reconnurent pas dans la faible lueur du contrejour. Tandis qu'elles méditaient ses paroles, il s'adressa à Marie-Madeleine d'une voix familière en disant “ Marie. ” En entendant ce mot de sympathie bien connue et de salutation affectueuse, elle sut que c'était la voix du Maitre et se précipita pour s'agenouiller à ses pieds en s'écriant : “ Mon Seigneur et mon Maitre ! ” Toutes les autres femmes reconnurent que c'était bien le Maitre qui se tenait devant elles dans une forme glorifiée, et elles s'agenouillèrent aussitôt devant lui.

    Leurs yeux humains furent rendus capables de voir la forme morontielle de Jésus à cause du ministère spécial des transformateurs et des médians associés à certaines personnalités morontielles qui accompagnaient alors Jésus.

    Tandis que Marie-Madeleine cherchait à embrasser ses pieds, Jésus dit : “ Ne me touche pas, Marie, car je ne suis pas tel que tu m'as connu dans la chair. Sous cette forme, je resterai un temps avec vous avant de monter auprès du Père. Allez toutes maintenant, et dites à mes apôtres – et à Pierre – que je suis ressuscité et que vous m'avez parlé.

    Quand ces femmes se furent remises du choc de leur stupéfaction, elles retournèrent en hâte à la ville et chez Élie Marc, où elles racontèrent aux dix apôtres tout ce qui leur était arrivé; mais les apôtres n'étaient pas disposés à les croire. Ils pensèrent d'abord que les femmes avaient eu une vision, mais, lorsque Marie-Madeleine répéta les paroles que Jésus leur avait adressées et que Pierre entendit son nom, il sortit précipitamment de la salle du haut, suivi de près par Jean, pour arriver au tombeau aussi vite que possible et voir les choses par lui-même.

    Les femmes répétèrent aux autres apôtres l'histoire de leur entretien avec Jésus, mais ils ne voulaient pas croire, et ils ne voulaient pas aller se rendre compte par eux-mêmes comme Pierre et Jean.

    Pierre et Jean au tombeau

    Tandis que les deux apôtres couraient vers le Golgotha et le tombeau de Joseph d’Arimathie, les pensées de Pierre oscillaient entre la crainte et l'espérance; il craignait de rencontrer le Maitre, mais son espoir était éveillé par l'histoire que Jésus lui avait envoyé un message spécial. Il était à demi persuadé que Jésus était réellement vivant; il se rappelait sa promesse de ressusciter le troisième jour. Chose étrange, il n'avait plus pensé à cette promesse depuis la crucifixion jusqu'au moment actuel où il traversait Jérusalem en courant vers le nord. Quant à Jean, tandis qu'il sortait de la ville en toute hâte, une étrange extase faite de joie et d'espoir jaillissait dans son âme. Il était à demi convaincu que les femmes avaient réellement vu le Maitre ressuscité.

    Étant plus jeune que Pierre, Jean courut plus vite que lui et arriva le premier au tombeau. Il s'attarda à la porte pour contempler le tombeau, qui se trouvait exactement dans l'état décrit par Marie. Simon Pierre arriva aussitôt après en courant, entra dans le tombeau et vit ce même tombeau vide avec les linges funéraires disposés d'une façon si particulière. Lorsque Pierre fut ressorti, Jean entra à son tour, et vit tout cela par lui-même, puis ils s'assirent tous deux sur la pierre pour réfléchir à la signification de tout ce qu'ils avaient vu et entendu. Assis là, ils retournèrent dans leur pensée tout ce qu'on leur avait dit de Jésus, mais ils ne pouvaient percevoir clairement ce qui s'était passé.

    Pierre suggéra d'abord que le tombeau avait été violé, que des ennemis avaient volé le corps et peut-être soudoyé les gardes. Mais Jean conclut que le sépulcre n'aurait pas été laissé en aussi bon ordre si le corps avait été volé. Il souleva également la question de savoir comment les bandelettes avaient pu être laissées sur place et apparemment intactes. Ils retournèrent tous deux dans le caveau pour examiner de plus près les linges funéraires. En ressortant pour la seconde fois, ils trouvèrent Marie-Madeleine revenue et pleurant devant l'entrée. Marie-Madeleine était allée vers les apôtres avec la conviction que Jésus était ressuscité de la tombe, mais, devant leur refus unanime de croire à son récit, elle fut abattue et désespérée. Elle souhaita ardemment retourner près du tombeau, à l'endroit où elle pensait avoir entendu la voix familière de Jésus.

    Tandis que Marie-Madeleine s'attardait après le départ de Pierre et de Jean, le Maitre lui apparut de nouveau en disant : “ Ne reste pas dans le doute; aie le courage de croire ce que tu as vu et entendu. Retourne auprès de mes apôtres et dis-leur de nouveau que je suis ressuscité, que je leur apparaîtrai et que bientôt je les précèderai en Galilée comme je leur ai promis. ”

    Marie-Madeleine se hâta de revenir à la maison de Elie Marc et raconta aux apôtres qu'elle s'était de nouveau entretenue avec Jésus, mais ils refusèrent de la croire. Toutefois, après le retour de Pierre et de Jean, ils cessèrent de se moquer et furent remplis de crainte et d'appréhension.

    LES APPARTITIONS MORTONTIELLE DE JÉSUS

    Jésus ressuscité se prépare maintenant à passer une courte période sur Terre pour faire l'expérience de la carrière morontielle ascendante d'un mortel des royaumes. Bien que cette période de la vie morontielle doive s'écouler sur le monde de son incarnation en tant que mortel, elle sera, sous tous les rapports, la contrepartie de l'expérience des mortels de Satania qui passent par la vie morontielle progressive des sept mondes des maisons de Jérusem.

    Tout ce pouvoir inhérent à Jésus – le don de vie – et qui lui a permis de ressusciter d'entre les morts, est le don même de la vie éternelle qu'il effuse sur les croyants au royaume et qui, aujourd'hui encore, rend certaine leur résurrection hors de l'emprise de la mort naturelle.

    Les mortels des royaumes se lèveront, au matin de la résurrection, avec un corps morontiel, ou de transition, du même type que celui de Jésus quand il sortit du tombeau ce dimanche matin. Ces corps n'ont pas de circulation sanguine et ces êtres ne se servent pas de nourriture matérielle ordinaire, mais ces formes morontielles sont néanmoins réelles. Quand les divers croyants aperçurent Jésus après sa résurrection, ils le virent réellement; ils n'étaient pas victimes de leurs propres visions ou hallucinations.

    Une foi inébranlable en la résurrection de Jésus fut la caractéristique essentielle de la foi de toutes les branches de l'enseignement primitif de l'évangile. À Jérusalem, Alexandrie, Antioche et Philadelphie, tous les éducateurs évangélistes s'unirent dans cette foi implicite en la résurrection du Maitre.

    En examinant le rôle éminent que joua Marie-Madeleine dans la proclamation de la résurrection du Maitre, il faut noter que Marie-Madeleine était le principal porte-parole du groupe féminin, comme Pierre l'était pour les apôtres. Marie-Madeleine n'était pas chargée de diriger les femmes qui travaillaient pour le royaume, mais elle était leur principale éducatrice et leur porte-parole public. Marie-Madeleine était devenue fort circonspecte, de sorte que son audace, en s'adressant à l'homme qu'elle prenait pour le jardinier de Joseph, dénote simplement à quel point elle fut horrifiée de trouver le tombeau vide. Ce sont la profondeur et l'angoisse de son amour, la plénitude de sa dévotion, qui lui firent oublier un instant la réserve conventionnelle imposée aux femmes juives abordant un étranger.

    Les annonciateurs de la résurrection

    Les apôtres ne voulaient pas que Jésus les quitte, et c'est pourquoi ils avaient minimisé toutes ses déclarations concernant sa mort, ainsi que ses promesses de résurrection. Ils ne s'attendaient pas à la résurrection de la manière dont elle survint, et refusèrent de croire avant d'y être contraints par des témoignages irréfutables et par la preuve absolue de leurs propres expériences.

    Devant le refus des apôtres de croire au récit des cinq femmes qui affirmaient avoir vu Jésus et lui avoir parlé, Marie-Madeleine retourna au tombeau, et ses compagnes retournèrent chez Joseph d’Arimathie, où elles relatèrent leurs expériences à sa fille et aux autres femmes. Et les femmes crurent à leur récit. Peu après six heures, la fille de Joseph et les quatre femmes qui avaient vu Jésus se rendirent chez Nicodème, où elles racontèrent tous ces évènements à Joseph, Nicodème, David Zébédée et aux autres êtres humains réunis là. Nicodème et les autres doutèrent de l'histoire, doutèrent que Jésus fût ressuscité d'entre les morts; ils supposèrent que les Juifs avaient enlevé le corps. Joseph et David étaient disposés à croire au rapport, de sorte qu'ils se hâtèrent d'aller inspecter le tombeau, et ils trouvèrent tout exactement dans l'état que les femmes avaient décrit. Ils furent les derniers à voir ainsi le sépulcre, car le grand-prêtre envoya le capitaine des gardes du temple au tombeau, à sept heures et demie, pour enlever les linges funéraires. Le capitaine les enveloppa dans le drap de lin et les jeta par-dessus le bord d'une falaise voisine.

    Quittant le tombeau, David et Joseph allèrent immédiatement chez Élie Marc, où ils tinrent une conférence avec les dix apôtres dans la salle du haut. Seul Jean Zébédée était disposé à croire, même faiblement, que Jésus était ressuscité d'entre les morts. Pierre l'avait d'abord cru, mais, faute de trouver le Maitre, il tomba dans de sérieux doutes. Les apôtres étaient tous enclins à croire que les Juifs avaient enlevé le corps. David ne voulut pas discuter avec eux, mais, en s'en allant, il dit : “ Vous êtes les apôtres et vous devriez comprendre ces choses. Je ne discuterai pas avec vous. Quoi qu'il en soit, je retourne chez Nicodème où j'ai donné rendez-vous ce matin à tous les messagers. Quand ils seront rassemblés, je les enverrai accomplir leur dernière mission, celle d'annoncer la résurrection du Maitre. J'ai entendu le Maitre dire qu'après sa mort, il ressusciterait le troisième jour, et je le crois. ” Après avoir ainsi parlé aux ambassadeurs du royaume mornes et désespérés, celui qui avait pris sur lui d'être chef des communications et des renseignements prit congé des apôtres. En sortant de la pièce du haut, il déposa, sur les genoux de Matthieu Lévi, le sac de Judas contenant tous les fonds apostoliques.

    Il était à peu près neuf heures et demie quand le dernier des vingt-six messagers de David arriva chez Nicodème. David les rassembla promptement dans la cour spacieuse et leur dit :

    “ Vous tous mes frères, vous m'avez servi tout ce temps conformément à votre serment envers moi et entre vous, et je vous prends à témoins que je n'ai encore jamais diffusé par votre entremise de fausses informations. Je vais vous confier votre dernière mission en tant que messagers volontaires du royaume. Ce faisant, je vous libère de vos serments et je licencie le corps des messagers. Amis, je vous déclare que nous avons terminé notre travail. Le Maitre n'a plus besoin de messagers mortels; il est ressuscité d'entre les morts. Avant son arrestation, il nous a dit qu'il mourrait et ressusciterait le troisième jour. J'ai vu le tombeau – il est vide. J'ai parlé à Marie-Madeleine et à quatre autres femmes qui se sont entretenues avec Jésus. Je vous licencie maintenant, je vous dis adieu et je vous envoie à vos missions respectives avec le message suivant que vous porterez aux croyants : « Jésus est ressuscité d'entre les morts; le tombeau est vide. » ”

    La plupart des disciples présents s'efforcèrent de dissuader David d'agir ainsi, mais ils ne réussirent pas à l'influencer. Ils cherchèrent alors à dissuader les messagers, mais ceux-ci ne voulurent pas prêter attention à leurs paroles de doute. Donc, peu avant dix heures ce dimanche matin, les vingt-six coureurs partirent comme premiers annonciateurs de ce fait grandiose et de cette puissante vérité de Jésus ressuscité. Ils partirent pour cette mission, comme auparavant pour tant d'autres, en tenant le serment qu'ils avaient fait à David Zébédée et qu'ils s'étaient fait entre eux. Ces êtres humains avaient grande confiance en David. Le prenant au mot, ils partirent pour remplir cette mission sans même prendre le temps d'interroger les femmes qui avaient vu Jésus. La majorité d'entre eux croyait ce que David leur avait dit, et même ceux qui en doutaient quelque peu portèrent le message tout aussi vite et tout aussi fidèlement que les autres.

    Ce jour-là, les apôtres – le corps spirituel du royaume – sont réunis dans la salle du haut où ils manifestent de la crainte et expriment des doutes, tandis que ces messagers laïques, représentant la première tentative pour répandre dans la société l'évangile du Maitre de la fraternité des êtres humains, s'en vont sur l'ordre de David, leur chef intrépide et efficace, proclamer que le Sauveur d'un monde et d'un univers est ressuscité. Et ils s'engagent dans ce service mémorable avant que les représentants choisis du Maitre ne soient disposés à croire sa parole ou à accepter comme preuve les témoignages oculaires.

    Les vingt-six coureurs furent envoyés à la maison de Lazare à Béthanie et vers tous les centres de croyants, depuis Beersheba dans le sud jusqu'à Damas et Sidon dans le nord, et depuis Philadelphie à l'est jusqu'à Alexandrie à l'ouest.

    Après avoir pris congé de ses frères, David alla chez Joseph d'Arimathie chercher sa mère et partit avec elle pour Béthanie retrouver la famille de Jésus qui les y attendait. David demeura à Béthanie chez Marthe et Marie jusqu'à ce qu'elles eussent disposé de leurs biens terrestres; ensuite, il les accompagna dans leur voyage pour rejoindre leur frère Lazare à Philadelphie.

    Environ une semaine plus tard, Jean Zébédée emmena Marie mère de Jésus chez lui à Bethsaïde. Jacques, le frère cadet de Jésus, resta avec sa famille à Jérusalem. Ruth demeura à Béthanie chez les soeurs de Lazare. Le reste de la famille de Jésus retourna en Galilée. David Zébédée partit de Béthanie pour Philadelphie avec Marthe et Marie au début de juin, le lendemain de son mariage avec Ruth, la plus jeune soeur de Jésus.

    L'apparition de Jésus à Béthanie

    Depuis l'instant de sa résurrection morontielle jusqu'à son ascension en esprit dans les sphères élevées, Jésus apparut dix-neuf fois sous forme visible à ses fidèles sur Terre. Il n'apparut pas à ses ennemis ni à ceux qui ne pouvaient faire un usage spirituel de sa manifestation sous forme visible. Sa première apparition fut aux cinq femmes près du tombeau, et la seconde à Marie-Madeleine, également près du tombeau.

    Sa troisième apparition eut lieu vers midi ce dimanche à Béthanie. Peu après midi, Jacques, le frère cadet de Jésus, se trouvait dans le jardin de Lazare devant le tombeau vide du frère ressuscité de Marthe et Marie, repassant mentalement les nouvelles que le messager de David leur avait apportées une heure auparavant. Jacques avait toujours eu tendance à croire à la mission sur Terre de son frère ainé, mais il avait depuis longtemps perdu contact avec le travail de Jésus et s'était laissé aller à douter sérieusement de l'affirmation ultérieure des apôtres que Jésus était le Messie. Toute la famille fut stupéfaite et presque confondue par la nouvelle apportée par le messager. Jacques se tenait encore devant le tombeau vide de Lazare lorsque Marie Madeleine arriva et, tout excitée, relata à la famille ses expériences des premières heures du matin auprès du tombeau de Joseph. Avant qu'elle eût fini, David Zébédée et sa mère arrivèrent. Bien entendu, Ruth crut au récit, et Jude fit de même après un entretien avec David et Salomé.

    Entretemps, tandis qu'on cherchait Jacques et avant qu'on ne le trouve, alors qu'il se trouvait là debout dans le jardin près du tombeau, celui-ci eut conscience d'une présence à proximité, comme si quelqu'un lui avait touché l'épaule. Il se retourna pour regarder et vit une forme étrange apparaître graduellement à côté de lui. Il était trop stupéfait pour parler et trop effrayé pour s'enfuir. Alors, la forme étrange parla et dit : “ Jacques, je viens t'appeler au service du royaume. Joins-toi sérieusement à tes frères et suis-moi. ” Lorsque Jacques entendit mentionner son nom, il sut que c'était son frère ainé Jésus qui lui avait adressé la parole. Ils avaient tous plus ou moins de difficulté à reconnaître la forme morontielle du Maitre, mais peu d'entre eux avaient la moindre difficulté à reconnaître sa voix ou à identifier autrement sa séduisante personnalité dès qu'il avait commencé à communiquer avec eux.

    Percevant que Jésus s'adressait à lui, Jacques commença à tomber à ses genoux en s'écriant “ Mon père et mon frère ”, mais Jésus le pria de rester debout tandis qu'il lui parlait. Ils marchèrent dans le jardin et causèrent environ trois minutes; ils parlèrent des expériences d'autrefois et des prévisions pour le proche avenir. Tandis qu'ils approchaient de la maison, Jésus dit : “ Au revoir, Jacques, jusqu'à ce que je vous salue tous ensemble. ”

    Jacques se précipita dans la maison, tandis qu'on le cherchait à Bethphagé, et s'écria : “ Je viens de voir Jésus et de lui parler. Nous nous sommes entretenus. Il n'est pas mort, il est ressuscité ! Il a disparu devant moi en disant : Au revoir, jusqu'à ce que je vous salue tous ensemble. ” À peine avait-il fini de parler que Jude revint, et Jacques répéta pour Jude l'histoire de sa rencontre avec Jésus dans le jardin. Alors, ils commencèrent tous à croire à la résurrection de Jésus. Jacques annonça maintenant qu'il ne retournerait pas en Galilée, et David s'écria : “ Il n'a pas été aperçu seulement par des femmes excitées; même des êtres humains courageux ont commencé à le voir. Je m'attends à le voir moi-même. ”

    David n'eut pas longtemps à attendre, car la quatrième apparition de Jésus reconnue par des mortels eut lieu, un peu avant deux heures de l'après-midi, dans cette maison même de Marthe et de Marie. Le Maitre se rendit visible aux membres de sa famille terrestre et à leurs amis, vingt personnes en tout. Il apparut dans la porte de derrière, qui était ouverte, et dit : “ Que la paix soit sur vous. Salutations à ceux qui furent proches de moi dans la chair, et communion pour mes frères et soeurs dans le royaume des cieux. Comment avez-vous pu douter ? Pourquoi avez-vous attendu si longtemps avant de choisir de suivre de tout coeur la lumière de la vérité ? Entrez donc tous dans la communion de l'Esprit de Vérité dans le royaume du Père. ” Tandis qu'ils commençaient à se remettre du premier choc de leur stupéfaction et à s'approcher de lui comme pour l'embrasser, il disparut de leur vue.

    Ils voulurent tous se précipiter vers la ville pour raconter aux apôtres incrédules ce qui était arrivé, mais Jacques les retint. Seule Marie-Madeleine reçut la permission de retourner à la maison de Joseph. Jacques leur interdit d'annoncer publiquement le fait de cette visite morontielle, à cause de certaines choses que Jésus lui avait dites au cours de leur conversation dans le jardin. Mais Jacques ne révéla rien de plus au sujet de son entretien de ce jour-là, chez Lazare à Béthanie, avec le Maitre ressuscité.

    Au foyer de Joseph

    La cinquième manifestation morontielle de Jésus reconnue par des yeux mortels eut lieu en présence d'environ vingt-cinq croyantes réunies au foyer de Joseph d'Arimathie, vers quatre heures et quart ce même dimanche après-midi. Marie-Madeleine était revenue chez Joseph quelques minutes avant cette apparition. Jacques, le frère de Jésus, avait demandé que l'on ne dise rien aux apôtres au sujet de l'apparition du Maitre à Béthanie, mais n'avait pas demandé à Marie de s'abstenir de rapporter l'évènement à ses soeurs croyantes. En conséquence, après que Marie eut fait jurer le secret à toutes ses compagnes, elle se mit à leur raconter tout ce qui venait de se passer pendant son séjour à Béthanie avec la famille de Jésus. Elle en était au milieu de ce passionnant récit lorsqu'un silence soudain et solennel tomba sur ces femmes; elles voyaient, au beau milieu de leur groupe, la forme entièrement visible de Jésus ressuscité. Il les salua en disant : “ Que la paix soit sur vous. Dans la communion du royaume, il n'y aura ni Juif ni Gentil, ni riche ni pauvre, ni être humain libre ni esclave, ni homme ni femme. Vous aussi, vous êtes appelées à publier la bonne nouvelle de la libération de l'humanité par l'évangile de la filiation avec Dieu dans le royaume des cieux. Allez dans le monde entier proclamer cet évangile et confirmer les croyants dans cette foi. En même temps que vous ferez cela, n'oubliez pas de soigner les malades et de fortifier les timides et les craintifs. Je serai avec vous toujours, même aux confins de la Terre. ” Après avoir ainsi parlé, il disparut de leur vue, tandis que les femmes tombaient face contre Terre et adoraient en silence.

    Marie-Madeleine avait été témoin de quatre des apparitions morontielles de Jésus survenues jusqu'à ce moment-là.

    À la suite de l'envoi des messagers durant le milieu de la matinée, et par les fuites inconscientes d'indications concernant l'apparition de Jésus dans la maison de Joseph, les dirigeants des Juifs commencèrent à apprendre au début de la soirée que le bruit de la résurrection de Jésus se répandait dans la ville et que de nombreuses personnes prétendaient l'avoir vu. Les sanhédristes furent profondément troublés par ces rumeurs. Après avoir hâtivement consulté Annas, Caïphe convoqua une réunion du sanhédrin le même soir à huit heures. C'est à cette réunion que des dispositions furent prises pour chasser des synagogues toute personne qui mentionnerait la résurrection de Jésus. On suggéra même que quiconque prétendrait l'avoir vu serait mis à mort; toutefois, cette proposition ne fut pas mise aux voix, car la réunion se dispersa dans une confusion voisine d'une réelle panique. Les sanhédristes avaient osé penser qu'ils en avaient fini avec Jésus. Ils allaient bientôt découvrir que leurs véritables difficultés avec l'être humain de Nazareth ne faisaient que commencer.

    L'apparition aux grecs

    Vers quatre heures et demie, au domicile d'un certain Flavius, le Maitre fit sa sixième apparition morontielle à une quarantaine de croyants grecs rassemblés là. Tandis qu'ils étaient occupés à discuter les rapports sur la résurrection du Maitre, celui-ci se manifesta au milieu d'eux, bien que les portes fussent solidement verrouillées. Il leur parla en ces termes : “ Que la paix soit sur vous. Bien que le Fils de l'Homme soit apparu sur Terre parmi les Juifs, il est venu apporter son ministère à tous les êtres humains. Dans le royaume de mon Père, il n'y aura ni Juifs ni Gentils; vous serez tous des frères et soeurs – les fils et les filles de Dieu. Allez donc dans le monde entier proclamer cet évangile de salut tel que vous l'avez reçu des ambassadeurs du royaume, et je vous recevrai dans la communion de la fraternité des fils du Père dans la foi et la vérité. “ Après avoir donné cette mission aux Grecs, il prit congé d'eux, et ils ne le virent plus. Ils restèrent dans la maison toute la soirée, car ils étaient trop accablés de crainte respectueuse et transis de peur pour s'aventurer au dehors. Aucun de ces Grecs ne dormit cette nuit-là. Ils restèrent éveillés en discutant ces choses et en espérant que le Maitre leur ferait une nouvelle visite. Il y avait dans ce groupe beaucoup de Grecs qui étaient à Gethsémani quand les soldats arrêtèrent Jésus et que Judas le trahit par un baiser.

    Des rumeurs de la résurrection de Jésus et des rapports concernant ses nombreuses apparitions à ses disciples se répandent rapidement. Toute la ville est portée à un haut degré d'agitation. Déjà, le Maitre est apparu à sa famille, aux femmes et aux Grecs, et bientôt il va se manifester au milieu des apôtres. Le sanhédrin ne va pas tarder à commencer l'étude de ces nouveaux problèmes qui s'imposent si soudainement aux dirigeants des Juifs. Jésus pense beaucoup à ses apôtres, mais désire leur laisser encore quelques heures de réflexion solennelle et de considération réfléchie avant de leur rendre visite.

    La promenade avec deux frères

    À Emmaüs, à une douzaine de kilomètres à l'ouest de Jérusalem, vivaient deux frères, des bergers, qui avaient passé la semaine de la Pâque à Jérusalem, assistant aux sacrifices, aux cérémonies et aux fêtes. L'ainé, Cléopas, croyait plus ou moins en Jésus; du moins, il avait été chassé de la synagogue. Son frère Jacob n'était pas croyant, bien qu'il fût fort intrigué par ce qu'il avait entendu au sujet des enseignements et des oeuvres du Maitre.

    Ce dimanche après-midi, à cinq kilomètres environ de Jérusalem et quelques minutes avant cinq heures, les deux frères cheminaient sur la route d'Emmaüs en parlant très sérieusement de Jésus, de son enseignement, de ses oeuvres et plus spécialement des rumeurs rapportant que son tombeau était vide et que certaines des femmes lui avaient parlé. Cléopas était à moitié disposé à croire ces rapports, mais Jacob affirmait avec insistance que toute l'affaire était probablement une mystification. Tandis qu'ils raisonnaient et discutaient ainsi sur la route de retour à leur maison, la manifestation morontielle de Jésus, sa septième apparition, s'approcha des deux marcheurs. Cléopas avait souvent entendu Jésus enseigner et avait partagé des repas avec lui en plusieurs occasions chez des croyants de Jérusalem, mais il ne reconnut pas le Maitre, même quand ce dernier leur eut franchement parlé.

    Après les avoir accompagnés un bout de chemin, Jésus dit : “ Quelles étaient les paroles que vous échangiez si sérieusement lorsque je me suis approché de vous ? ” Lorsqu'il eut dit cela, les deux frères s'arrêtèrent et le regardèrent avec une surprise attristée. Cléopas dit : “ Est-il possible que tu séjournes à Jérusalem et que tu ne connaisses pas les évènements qui viennent de s'y dérouler ? ” Le Maitre demanda : “ Quels évènements ? ” Cléopas répondit : “ Si tu ne connais pas ces choses, tu es le seul à Jérusalem à ne pas avoir entendu les rumeurs concernant Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en paroles et en actions devant Dieu et le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré aux Romains en exigeant qu'ils le crucifient. Or, beaucoup d'entre nous avaient espéré que ce serait lui qui délivrerait Israël du joug des Gentils. Mais ce n'est pas tout. Nous sommes maintenant au troisième jour après sa crucifixion, et certaines femmes nous ont stupéfiés aujourd'hui en déclarant qu'elles étaient allées au tombeau et qu'elles l'avaient trouvé vide. Ces mêmes femmes répètent avec insistance qu'elles se sont entretenues avec cet être humain et soutiennent qu'il est ressuscité d'entre les morts. Et, quand elles sont allées raconter cela aux êtres humains, deux de ses apôtres ont couru voir au tombeau et l'ont également trouvé vide” – ici Jacob interrompit son frère pour dire “ mais ils n'ont pas vu Jésus ”.

    Tandis qu'ils poursuivaient leur chemin, Jésus leur dit : “ Que vous êtes lents à comprendre la vérité ! Si vous me dites que c'est au sujet des enseignements et des oeuvres de cet être humain que vous avez vos discussions, je peux vous éclairer, car je suis plus que familier de ces enseignements. Ne vous souvenez-vous pas que ce Jésus a toujours enseigné que son royaume n'était pas de ce monde et que tous les êtres humains, étant les fils et les filles de Dieu, devraient donc trouver la libération et la liberté dans la joie spirituelle de la communion fraternelle du service expression de l'amour dans ce nouveau royaume de la vérité de l'amour du Père céleste ? Ne vous rappelez-vous pas comment ce Fils de l'Homme proclama le salut de Dieu pour tous les êtres humains, soignant les malades et les affligés, et libérant ceux qui étaient liés par la peur et esclaves du mal ? Ne savez-vous pas que cet homme de Nazareth a dit à ses disciples qu'il lui faudrait aller à Jérusalem et être livré à ses ennemis qui le mettraient à mort, et qu'il ressusciterait le troisième jour ? Ne vous a-t-on pas dit tout cela ? Et n'avez-vous jamais lu les passages des Écritures concernant ce jour de salut pour les Juifs et les Gentils, où il est dit qu'en lui toutes les familles de la Terre seront bénies; qu'il entendra le cri des nécessiteux et sauvera les âmes des pauvres qui le recherchent; que toutes les nations le qualifieront de béni ? Que ce Libérateur ressemblera à l'ombre d'un grand rocher dans un pays épuisé. Qu'il nourrira le troupeau comme un vrai berger, rassemblant les agneaux dans ses bras et les portant tendrement sur son sein. Qu'il ouvrira les yeux des aveugles spirituels et fera sortir les prisonniers du désespoir, en pleine liberté et dans la lumière. Que tous ceux qui siègent dans les ténèbres verront la grande lumière du salut éternel. Qu'il pansera les coeurs brisés, proclamera la liberté aux captifs du péché et ouvrira les portes de la prison aux esclaves de la peur et à ceux qui sont enchainés par le mal. Qu'il consolera les affligés et effusera sur eux la joie du salut à la place du chagrin et de l'oppression. Qu'il sera le désir de toutes les nations et la joie perpétuelle de ceux qui recherchent la droiture. Que ce Fils de la vérité et de la droiture se dressera sur le monde avec une lumière de guérison et un pouvoir de salut; et même qu'il sauvera son peuple de ses péchés; que réellement il cherchera et sauvera ceux qui sont perdus. Qu'il ne détruira pas les faibles, mais apportera le salut à tous ceux qui ont faim et soif de droiture. Que ceux qui croient en lui auront la vie éternelle. Qu'il répandra son esprit sur toute chair, et qu'en chaque croyant, cet Esprit de Vérité sera une source d'eau vive jaillissant jusque dans la vie éternelle. N'avez-vous pas compris la grandeur de l'évangile du royaume que cet homme vous a donné ? Ne percevez-vous pas combien est grand le salut dont vous bénéficiez ? ”

    Pendant ce temps, ils étaient arrivés près du village où habitaient ces deux frères. Ces deux êtres humains n'avaient pas dit un mot depuis que Jésus avait commencé à les enseigner le long de la route. Ils arrivèrent bientôt devant leur humble demeure, et Jésus allait prendre congé d'eux en continuant à descendre la route, mais ils le contraignirent à entrer et à rester avec eux. Ils insistèrent pour qu'il demeurât chez eux, car la nuit allait tomber, et Jésus finit par y consentir. Très peu de temps après être entrés dans la maison, ils s'assirent pour manger. Les frères lui donnèrent le pain à bénir et, tandis qu'il commençait à le rompre et à le leur passer, leurs yeux s'ouvrirent; Cléopas reconnut que leur hôte était le Maitre lui-même. Dès que Cléopas eut dit : “ C'est le Maitre... ”, le Jésus morontiel disparut de leur vue.

    Alors, ils se dirent l'un à l'autre : “ Il n'y a rien d'étonnant à ce que nos coeurs aient brulé en nous quand il nous parlait pendant que nous marchions le long de la route et pendant qu'il ouvrait nos intelligences aux enseignements des Écritures !”

    Ils ne voulurent pas s'attarder à manger. Ils avaient vu le Maitre morontiel. Ils sortirent précipitamment de la maison et se hâtèrent de retourner à Jérusalem pour répandre la bonne nouvelle du Sauveur ressuscité.

    Vers les neuf heures ce soir-là, juste avant l'apparition du Maitre aux dix apôtres, ces deux frères surexcités firent irruption auprès des apôtres, dans la salle du haut, en déclarant qu'ils avaient vu Jésus et lui avaient parlé. Ils racontèrent tout ce que Jésus leur avait dit, et comment ils ne l'avaient identifié qu'au moment où il rompit le pain.

    APPARITIONS AUX APÔTRES ET À D'AUTRES DISCIPLES INFLUENTS

    Le dimanche de la résurrection fut un jour terrible dans la vie des apôtres. Dix d'entre eux passèrent la majeure partie de la journée dans la chambre du haut derrière des portes barricadées. Ils auraient pu s'enfuir de Jérusalem, mais ils avaient peur d'être arrêtés par les agents du sanhédrin si on les trouvait dehors. Thomas broyait du noir, tout seul à Bethphagé. Il aurait mieux fait de rester avec les autres apôtres; il les aurait aidés à orienter leurs discussions dans un sens plus profitable.

    Tout au long de la journée, Jean soutint l'idée que Jésus était ressuscité d'entre les morts. Il rappela au moins cinq occasions différentes où le Maitre avait affirmé qu'il ressusciterait, et au moins trois où il avait fait allusion au troisième jour. L'attitude de Jean eut une influence considérable sur les apôtres, spécialement sur son frère Jacques et sur Nathanael. Jean les aurait influencés encore davantage s'il n'avait été le benjamin du groupe.

    Leurs difficultés tenaient pour beaucoup à leur isolement. Jean Marc les tenait au courant de ce qui se passait autour du temple et les informait des nombreuses rumeurs qui prenaient corps dans la ville, mais il ne lui vint pas à l'idée de recueillir des nouvelles auprès des divers groupes de croyants auxquels Jésus était déjà apparu. C'était le genre de service rendu jusqu'alors par les messagers de David, mais ceux-ci s'étaient tous absentés pour leur dernière mission d'annonciateurs de la résurrection aux groupes de croyants qui habitaient loin de Jérusalem. Pour la première fois au cours de toutes ces années, les apôtres réalisèrent combien ils avaient dépendu des messagers de David pour être renseignés quotidiennement sur les affaires du royaume.

    De sa manière caractéristique, Pierre oscilla émotivement toute la journée entre la foi et le doute au sujet de la résurrection du Maitre. Pierre ne pouvait se détacher de la vision des linges funéraires disposés dans le tombeau comme si le corps de Jésus s'était évaporé de leur intérieur. “ Mais” , raisonnait Pierre, “ s'il est ressuscité et s'il peut se montrer aux femmes, pourquoi ne se montre-t-il pas à nous, ses apôtres ? ” Pierre devenait triste à l'idée que peut-être Jésus ne venait pas vers eux à cause de sa propre présence parmi les apôtres, parce qu'il l'avait renié cette nuit-là dans la cour d'Annas. Ensuite, il tirait réconfort des paroles rapportées par les femmes, “ Allez dire à mes apôtres et à Pierre. ” Mais, pour tirer un encouragement de ce message, il fallait croire que les femmes avaient réellement vu et entendu le Maitre ressuscité. Ainsi, Pierre oscilla toute la journée entre la foi et le doute jusqu'à peu après huit heures du soir, où il s'aventure à sortir dans la cour. Pierre songeait à s'éloigner des apôtres pour ne pas empêcher Jésus de venir vers eux à cause de son reniement du Maitre.

    Jacques Zébédée préconisa d'abord qu'ils devaient tous se rendre au tombeau; il était fermement d'avis de faire quelque chose pour pénétrer le fond du mystère. Ce fut Nathanael qui les empêcha de se montrer en public selon la demande pressante de Jacques. À cet effet, il leur rappela que Jésus leur avait recommandé de ne pas mettre indument leur vie en péril à ce moment-là. Vers midi, Jacques s'était calmé comme les autres pour rester dans une expectative vigilante. Il parla peu; il était prodigieusement déçu de constater que Jésus ne leur apparaissait pas, et il ne connaissait pas les nombreuses apparitions du Maitre à d'autres groupes et à d'autres personnes.

    André écouta beaucoup ce jour-là. Il était extrêmement perplexe au sujet de la situation et avait plus que sa part de doutes, mais, au moins dans un certain sens, il jouissait de ne plus avoir la responsabilité de guider les autres apôtres. Il était vraiment reconnaissant au Maitre de l'avoir libéré du fardeau du commandement avant qu'ils ne se trouvent confrontés aux évènements de ces heures affolantes.

    Plus d'une fois durant les longues heures épuisantes de ce jour tragique, le seul soutien moral pour le groupe fut la fréquente contribution des conseils de Nathanael, avec sa philosophie caractéristique. Il fut réellement l'élément de contrôle parmi les dix durant toute la journée. Pas une seule fois, il ne dit qu'il croyait ou ne croyait pas à la résurrection du Maitre, mais, à mesure que la journée avançait, il eut de plus en plus tendance à croire que Jésus avait tenu sa promesse de résurrection.

    Simon Zélotès était trop atterré pour participer aux discussions. La plupart du temps, il resta allongé sur une couche dans un coin de la chambre, le visage tourné contre le mur; il ne parla pas même une demi-douzaine de fois durant toute la journée. Son concept du royaume s'était effondré, et il ne parvenait pas à discerner que la résurrection du Maitre pouvait matériellement changer la situation. Sa déception était très personnelle et bien trop violente pour qu'il ait pu la surmonter à bref délai, même devant un fait aussi stupéfiant que la résurrection.

    Chose étrange, Philippe, qui habituellement ne s'exprimait guère, prit souvent la parole au cours de l'après-midi de ce jour. Durant la matinée, il eut peu à dire, mais, tout au long de l'après-midi, il posa des questions aux autres apôtres. Pierre s'irritait souvent des questions de Philippe, mais les autres les prenaient de bonne grâce. Philippe était particulièrement désireux de savoir, au cas où Jésus serait réellement sorti de sa tombe, si son corps porterait les marques physiques de la crucifixion.

    Matthieu était dans une grande confusion; il écouta les discussions de ses compagnons, mais passa la majeure partie de son temps à retourner dans sa tête le problème de leurs futures finances. Indépendamment de la résurrection supposée de Jésus, Judas avait disparu, David avait, sans cérémonie, remis les fonds à Matthieu, et ils n'avaient plus de chef ayant autorité. Avant que Matthieu ne se soit décidé à considérer sérieusement leurs arguments sur la résurrection, il avait déjà revu le Maitre face à face.

    Les jumeaux Alphée ne prirent guère part à ces débats; ils étaient suffisamment occupés à leurs travaux habituels. Répondant à une question de Philippe, l'un d'eux exprima leur opinion commune en disant : “ Nous ne comprenons pas l'histoire de la résurrection, mais notre mère dit qu'elle a parlé au Maitre, et nous la croyons. ”

    Thomas traversait une de ses périodes typiques de dépression désespérante. Il dormit une partie de la journée et se promena dans les collines le reste du temps. Il se sentait poussé à rejoindre ses compagnons, mais son désir de solitude fut plus fort.

    Le Maitre retarda sa première apparition morontielle aux apôtres pour plusieurs raisons. D'abord, il voulait qu'après avoir entendu parler de la résurrection, ils aient le temps de bien réfléchir à ce qu'il leur avait dit sur sa mort et sa résurrection alors qu'il était encore avec eux dans la chair. Le Maitre voulait que Pierre ait triomphé dans sa lutte contre certaines de ses difficultés particulières avant de se manifester à eux tous. En second lieu, il désirait que Thomas fût avec eux lors de sa première apparition. De bonne heure ce dimanche matin, Jean Marc repéra Thomas chez Simon à Bethphagé et en informa les apôtres vers onze heures. À tout moment durant cette journée, Thomas serait retourné vers eux si Nathanael ou deux autres apôtres étaient venus le chercher. Il avait réellement le désir de revenir, mais, après la manière dont il les avait quittés la veille au soir, il était trop orgueilleux pour le faire si tôt de son propre chef. Le lendemain sa dépression était telle qu'il lui fallut presque une semaine pour se décider à revenir. Les apôtres l'attendaient, et lui attendait que ses compagnons viennent le chercher et lui demandent de revenir auprès d'eux. Thomas resta donc éloigné de ses associés jusqu'au soir du samedi suivant où, après la tombée de la nuit, Pierre et Jean allèrent à Bethphagé et le ramenèrent avec eux. C'est aussi la raison pour laquelle ils ne partirent pas immédiatement pour la Galilée après que Jésus leur fut apparu pour la première fois. Ils ne voulaient pas partir sans Thomas.

    L'apparition à Pierre

    Il était près de huit heures et demie, ce dimanche soir, lorsque Jésus apparut à Simon Pierre dans le jardin de la demeure d'Elie Marc. Ce fut sa huitième manifestation morontielle. Depuis son reniement du Maitre, Pierre avait constamment vécu avec un lourd fardeau de doute et de culpabilité. Toute la journée du samedi et ce dimanche, il avait lutté contre la peur de n'être peut-être plus un apôtre. Il avait frémi d'horreur devant le sort de Judas et même pensé avoir, lui aussi, trahi son Maitre. Tout au long de cet après-midi, il songea que c'était peut-être sa présence parmi les apôtres qui avaient empêché Jésus de leur apparaître, bien entendu à condition qu'il fût réellement ressuscité d'entre les morts. Et ce fut à Pierre, dans cette disposition mentale et dans cet état d'âme, que Jésus apparut pendant que l'apôtre déprimé déambulait parmi les fleurs et les arbustes.

    Quand Pierre songea au regard affectueux du Maitre passant par le porche d'Annas, quand il retourna dans sa tête le merveilleux message “ Allez dire à mes apôtres – et à Pierre... ” que lui avaient apporté tôt dans la matinée les femmes revenant du tombeau vide, quand il contempla ces gages de miséricorde, sa foi commença à triompher de ses doutes; il s'arrêta, serra les poings et dit à haute voix : “ Je crois qu'il est ressuscité d'entre les morts; je vais aller le dire à mes frères ”. À ces mots, la forme d'un être humain apparut soudainement devant lui, une forme qui lui parlait d'une voix familière en disant : “ Pierre, l'ennemi désirait t'avoir, mais je n'ai pas voulu t'abandonner à lui. Je savais que ce n'était pas dans ton coeur que tu m'avais renié; je t'avais donc pardonné avant même que tu ne le demandes. Maintenant il faut cesser de penser à toi-même et aux difficultés du moment, mais te préparer à apporter la bonne nouvelle de l'évangile à ceux qui se trouvent dans les ténèbres. Il ne faut plus t'occuper de ce que tu peux obtenir du royaume, mais plutôt t'inquiéter de ce que tu peux donner à ceux qui vivent dans une affreuse misère spirituelle. Ceins-toi, Simon, pour la bataille d'un nouveau jour, pour la lutte contre les ténèbres spirituelles et la tendance au doute funeste du mental naturel de l'être humain. ”

    Pierre et le Jésus morontiel marchèrent dans le jardin et parlèrent, pendant près de cinq minutes, du passé, du présent et de l'avenir. Puis le Maitre disparut de sa vue en disant : “ Au revoir, Pierre, jusqu'à ce que je te voie avec tes frères. ”

    Pendant un instant, Pierre fut suffoqué par la réalisation du fait qu'il avait parlé avec le Maitre ressuscité et qu'il pouvait être certain d'être encore un ambassadeur du royaume. Il venait d'entendre le Maitre glorifié l'exhorter à poursuivre la prédication de l'évangile. Tout cela jaillissait dans son coeur; il se précipita dans la salle du haut où se trouvaient ses compagnons et, haletant d'excitation, s'écria : “ J'ai vu le Maitre; il était dans le jardin. Je lui ai parlé, et il m'a pardonné. ”

    La déclaration de Pierre disant qu'il avait vu Jésus dans le jardin fit une profonde impression sur ses compagnons apôtres. Ils étaient presque prêts à abandonner leurs doutes quand André se leva et leur recommanda de ne pas trop se laisser influencer par le compte rendu de son frère. André leur laissa entendre que Pierre avait déjà vu des choses irréelles. Sans faire directement allusion à la vision de la nuit sur la Mer de Galilée où Pierre avait prétendu voir le Maitre venant vers eux en marchant sur les eaux, André en dit assez pour laisser entendre à tous les apôtres qu'il gardait cet incident présent à la mémoire. Simon Pierre fut très froissé par les insinuations de son frère et tomba immédiatement dans un mutisme déconfit. Les jumeaux furent désolés pour Pierre et allèrent tous deux auprès de lui pour lui exprimer leur sympathie, et lui dire qu'ils le croyaient, et pour réaffirmer que leur propre mère avait également vu le Maitre.

    Première apparition aux apôtres

    Peu après neuf heures ce soir-là, après le départ de Cléopas et Jacob, et tandis que les jumeaux Alphée consolaient Pierre, que Nathanael faisait des remontrances à André et que les dix apôtres étaient là, assemblés dans la chambre du haut en ayant verrouillé toutes les portes par crainte d'être arrêtés, le Maitre apparut soudain au milieu d'eux sous sa forme morontielle en disant : “ Que la paix soit sur vous. Pourquoi êtes-vous si effrayés quand j'apparais, comme si vous aviez vu un esprit ? Ne vous avais-je pas parlé de ces choses quand j'étais présent en incarnation avec vous ? Ne vous avais-je pas dit que les chefs des prêtres et les dirigeants me livreraient à la mort, que l'un de vous me trahirait et que je ressusciterais le troisième jour ? Pourquoi donc tous vos doutes et toute cette discussion sur les comptes rendus des femmes, de Cléopas et de Jacob, et même de Pierre ? Combien de temps douterez-vous de mes paroles et refuserez-vous de croire à mes promesses ? Et, maintenant que vous me voyez en réalité, allez-vous croire ? Même maintenant l'un d'entre vous est absent. Quand vous serez réunis une fois de plus et après que vous saurez tous avec certitude que le Fils de l'Homme est sorti du tombeau, partez d'ici pour la Galilée. Ayez foi en Dieu, ayez foi les uns dans les autres, et vous entrerez ainsi dans le nouveau service du royaume des cieux. Je resterai à Jérusalem avec vous jusqu'à ce que vous soyez prêts à aller en Galilée. Je vous laisse ma paix. ”

    Quand le Jésus morontiel leur eut ainsi parlé, il disparut de leur vue en un instant. Ils tombèrent tous face contre terre, louant Dieu et vénérant leur Maitre disparu. Ce fut la neuvième apparition morontielle du Maitre.

    Avec les créatures morontielles

    Jésus passa le lendemain lundi tout entier avec les créatures morontielles alors présentes sur Terre. Plus d'un million de directeurs morontiels avec leurs associés, ainsi que des mortels de divers ordres en transition sur les sept mondes des maisons de Satania, étaient venus sur Terre pour participer à l'expérience de transition morontielle du Maitre. Le Jésus morontiel séjourna durant quarante jours avec ces splendides intelligences. Il les instruisit, et apprit de leurs directeurs la vie de transition morontielle telle que les mortels des mondes habités de Satania la traversent en passant par le système des sphères morontielles.

    Ce lundi vers minuit, la forme morontielle du Maitre fut ajustée pour la transition au second stade de progression morontielle. Lors de son apparition suivante sur Terre, à ses enfants mortels, il était un être morontiel du second stade. À mesure que le Maitre progressait dans la carrière morontielle, les intelligences morontielles et leurs associés transformateurs éprouvaient des difficultés techniques croissantes à rendre le Maitre visible aux yeux matériels des mortels.

    Jésus effectua le transit au troisième stade morontiel le vendredi 14 avril; au quatrième stade le lundi 17 avril; au cinquième stade le samedi 22 avril; au sixième stade le jeudi 27 avril; au septième stade le mardi 2 mai; à la citoyenneté de Jérusem le dimanche 7 mai; et il entra dans l'embrassement des Très Hauts d'Édentia le dimanche 14 mai.

    Michael de Nébadon paracheva ainsi son service d'expérience universelle, car déjà, en liaison avec ses effusions antérieures, il avait fait la pleine expérience de la vie des ascendeurs du temps et de l'espace, depuis le séjour au siège de la constellation jusqu'au service du quartier général du superunivers y compris. Ce fut par ces expériences morontielles que le Fils Créateur de Nébadon acheva réellement et termina d'une manière agréable à Dieu sa septième et dernière effusion dans l'univers.

    La dixième apparition à Philadelphie

    La dixième manifestation morontielle de Jésus à la récognition des mortels se produisit, peu après huit heures le mardi 11 avril, à Philadelphie. Il se montra à Abner, à Lazare et à environ cent-cinquante de leurs associés, y compris plus de cinquante membres du corps évangélique des soixante-dix. Cette apparition eut lieu dans la synagogue, juste après l'ouverture d'une réunion spécialement convoquée par Abner pour discuter de la crucifixion de Jésus et le rapport plus récent sur sa résurrection apporté par le messager de David. Puisque Lazare ressuscité faisait maintenant partie de ce groupe de croyants, il ne leur était pas difficile de croire à la nouvelle que Jésus était ressuscité d'entre les morts.

    La séance dans la synagogue venait d'être ouverte par Abner et Lazare qui se tenaient ensemble dans la chaire, lorsque tout l'auditoire de croyants vit la forme du Maitre apparaître soudainement. Il s'avança de l'endroit où il était apparu entre Abner et Lazare, qui ne l'avaient remarqué ni l'un ni l'autre, salua l'assemblée et dit :

    “ Que la paix soit sur vous. Vous savez tous que nous avons un seul Père au ciel et qu'il n'existe qu'un seul évangile du royaume – la bonne nouvelle du don de la vie éternelle que les êtres humains reçoivent par la foi. En vous réjouissant dans votre fidélité à l'évangile, priez le Père de la vérité de répandre dans votre coeur un nouvel et plus grand amour pour vos frères. Il vous faut aimer tous les êtres humains comme je vous ai aimés : il vous faut servir tous les êtres humains comme je vous ai servis. Avec une sympathie compréhensive et une compréhension fraternelle, considérez comme vos compagnons tous vos frères consacrés à la proclamation de la bonne nouvelle, qu'ils soient Juifs ou Gentils, Grecs ou Romains, Perses ou Éthiopiens. Jean a prêché le royaume par anticipation; vous avez prêché l'évangile en puissance; les Grecs enseignent déjà la bonne nouvelle; et moi, je vais bientôt envoyer l'Esprit de Vérité dans l'âme de tous ces êtres humains, mes frères qui ont si généreusement consacré leur vie à l'illumination de leurs compagnons plongés dans les ténèbres spirituelles. Vous êtes tous des enfants de lumière; ne trébuchez donc pas dans l'enchevêtrement de la mésentente due à la méfiance et à l'intolérance humaines. Si, par la grâce de la foi, vous êtes ennoblis jusqu'à aimer les incroyants, ne devriez-vous pas aussi aimer également vos compagnons croyants de la grande famille de la foi ? Rappelez-vous que, dans la mesure où vous vous aimerez les uns les autres, tous les êtres humains sauront que vous êtes mes disciples.

    “ Allez donc dans le monde entier proclamer à toutes les nations et races cet évangile de la paternité de Dieu et de la fraternité des êtres humains, et soyez toujours sages dans le choix de vos méthodes pour présenter la bonne nouvelle aux différentes races et tribus de l'humanité. Vous avez reçu libéralement cet évangile du royaume; vous apporterez libéralement la bonne nouvelle à toutes les nations. Ne craignez pas la résistance du mal, car je suis avec vous pour toujours, même jusqu'à la fin des âges. Et je vous laisse ma paix. ”

    Après avoir dit “ Je vous laisse ma paix ”, il disparut de leur vue. À l'exception d'une de ses apparitions en Galilée, où plus de cinq-cents croyants le virent simultanément, ce groupe de Philadelphie comportait le plus grand nombre de mortels qui l'aient vu ensemble en une seule et même occasion.

    Le lendemain matin de bonne heure, alors que les apôtres s'attardaient encore à Jérusalem en attendant que Thomas retrouve son équilibre émotionnel, ces croyants de Philadelphie s'en allèrent proclamer que Jésus de Nazareth était ressuscité d'entre les morts.

    Jésus passa le lendemain, mercredi, sans interruption en compagnie de ses associés morontiels. Au milieu de l'après-midi, il reçut la visite de délégués morontiels venant des mondes des maisons de chacun des systèmes locaux de sphères habitées de toute la constellation de Norlatiadek, et tous se réjouirent de connaître leur Créateur comme membre de leur propre ordre d'intelligences de l'univers.

    Seconde apparition aux apôtres

    Thomas passa une semaine seul avec lui-même dans les collines entourant le Mont des Oliviers. Durant ce temps, il ne vit que Jean Marc et les habitants de la maison de Simon. Il était environ neuf heures du soir, le samedi 15 avril, lorsque les deux apôtres le trouvèrent et le ramenèrent à leur point de rassemblement chez les Marc. Le lendemain, Thomas les écouta raconter les histoires des différentes apparitions du Maitre, mais refusa obstinément de croire. Il soutint que Pierre, par son enthousiasme, leur avait fait croire qu'ils avaient vu le Maitre. Nathanael le raisonna, mais sans succès. Un entêtement émotif s'était associé à ses doutes habituels, et cet état mental, doublé du chagrin de les avoir fuis, contribuait à créer une situation d'isolement que Thomas lui-même ne comprenait pas pleinement. Il s'était écarté de ses compagnons, il avait suivi sa propre voie, et maintenant, même de retour parmi eux, il tendait inconsciemment à prendre une attitude de désaccord. Thomas fut lent à se rendre; il n'aimait pas céder. Sans en avoir l'intention, il jouissait vraiment de l'intérêt qu'on lui portait; il tirait inconsciemment satisfaction des efforts de tous ses compagnons pour le convaincre et le convertir. Ils lui avaient manqué pendant toute une semaine, et Thomas prenait grand plaisir à leurs persistantes attentions.

    Ils prenaient leur repas du soir un peu après six heures, avec Thomas assis entre Pierre et Nathanael, lorsque l'apôtre incrédule dit : “ Je ne croirai pas avant d'avoir vu le Maitre de mes propres yeux et mis mon doigt dans la marque des clous. ” Tandis qu'ils étaient ainsi assis à souper et que les portes étaient soigneusement fermées et verrouillées, le Maitre sous sa forme morontielle apparut soudainement dans le fer à cheval de la table, se tenant directement en face de Thomas et dit :

    “ Que la paixsoit sur vous. Pendant toute une semaine, je me suis attardé pour pouvoir vous apparaître de nouveau quand vous seriez tous réunis pour entendre une fois de plus le commandement d'aller dans le monde entier prêcher cet évangile du royaume. Je vous le répète : de même que le Père m'a envoyé dans le monde, je vous y envoie. De même que j'ai révélé le Père, de même vous révèlerez l'amour divin, non simplement avec des paroles, mais dans votre vie quotidienne. Je vous envoie non pour aimer l'âme des êtres humains, mais plutôt pour aimer les êtres humains. Il ne suffit pas que vous proclamiez les joies du ciel; il faut aussi que vous démontriez les réalités d'esprit de la vie divine dans votre expérience quotidienne, puisque vous avez déjà, par votre foi, la vie éternelle comme don de Dieu. Puisque vous avez la foi, quand le pouvoir d'en haut, l'Esprit de Vérité, sera venu sur vous, vous ne cacherez pas votre lumière ici derrière des portes fermées; vous ferez connaître à toute l'humanité l'amour et la miséricorde de Dieu. Par peur, vous fuyez maintenant devant les faits d'une expérience désagréable, mais, quand vous aurez été baptisés de l'Esprit de Vérité, vous irez bravement et joyeusement au-devant des nouvelles expériences où vous proclamerez la bonne nouvelle de la vie éternelle dans le royaume de Dieu. Vous pouvez rester ici et en Galilée durant une brève période, pour vous remettre du choc de transition entre la fausse sécurité de l'autorité du traditionalisme et le nouvel ordre de l'autorité des faits, de la vérité et de la foi dans les réalités suprêmes de l'expérience vivante. Votre mission dans le monde est basée sur le fait que j'ai vécu parmi vous une vie révélant Dieu, sur la vérité que vous êtes les fils et les filles de Dieu ainsi que tous les autres êtres humains. Cette mission se concrétisera dans la vie que vous vivrez parmi les êtres humains – l'expérience effective et vivante d'aimer les êtres humains et de les servir, comme je vous ai aimés et servis. Que la foi révèle votre lumière au monde; que la révélation de la vérité ouvre les yeux aveuglés par la tradition; que votre service expression de l'amour détruise efficacement les préjugés engendrés par l'ignorance. En vous rapprochant ainsi de vos contemporains par une sympathie compréhensive et par un dévouement désintéressé, vous les conduirez au salut par la connaissance de l'amour du Père. Les Juifs ont prôné la bonté, les Grecs ont exalté la beauté, les Hindous prêchent la dévotion; les lointains ascètes enseignent le respect; les Romains exigent la fidélité; mais moi, je demande que la vie de mes disciples soit même une vie de service expression de l'amour pour vos frères dans la chair. ”

    Après avoir ainsi parlé, le Maitre abaissa le regard sur le visage de Thomas et dit : “ Et toi, Thomas, qui as dit que tu ne croirais pas à moins de me voir et de mettre ton doigt dans les marques des clous sur mes mains, maintenant tu m'as vu et entendu mes paroles. Bien que tu ne voies aucune marque de clous sur mes mains, puisque je suis élevé sous une forme que tu revêtiras aussi quand tu quitteras ce monde, que vas-tu dire à tes frères ? Tu reconnaîtras la vérité, car déjà dans ton coeur tu avais commencé à croire, même quand tu affirmais si résolument ton incroyance. Thomas, c'est juste au moment où tes doutes commencent à s'effriter qu'ils s'affirment avec le plus d'entêtement. Thomas, je te demande de ne pas manquer de foi, mais d'être croyant – et je sais que tu croiras, et même de tout ton coeur. ”

    Quand Thomas entendit ces paroles, il tomba à genoux devant le Maitre morontiel et s'écria : “ Je crois ! Mon Seigneur et mon Maitre ! ” Alors, Jésus dit à Thomas : “ Tu as cru, Thomas, parce que tu m'as réellement vu et entendu. Bénis soient, dans les âges à venir, ceux qui croiront même sans avoir vu avec les yeux de la chair ni entendu avec les oreilles de mortels. ”

    Ensuite, tandis que sa forme s'approchait de l'extrémité de la table, le Maitre s'adressa au groupe en disant : “ Maintenant, allez tous en Galilée où je vous apparaîtrai bientôt. ” Et, après avoir dit cela, il disparut de leur vue.

    Les onze apôtres étaient maintenant pleinement convaincus que Jésus était ressuscité d'entre les morts et, de très bonne heure le lendemain matin, avant l'aube, ils partirent pour la Galilée.

    L'apparition à Alexandrie

    Pendant que les onze apôtres faisaient route vers la Galilée et approchaient du terme de leur voyage, le mardi 18 avril vers huit heures et demie du soir, Jésus apparut à Rodan et à environ quatre-vingts autres croyants, à Alexandrie. C'était la douzième apparition du Maitre sous forme morontielle. Jésus apparut devant ces Grecs et ces Juifs au moment où un messager de David terminait son compte rendu de la crucifixion. Ce messager était le cinquième coureur de relais sur la route venant de Jérusalem, et il était arrivé tard dans l'après-midi à Alexandrie. Après qu'il eut remis son message à Rodan, il fut décidé de convoquer les croyants pour qu'ils reçoivent la tragique nouvelle de la bouche du messager lui-même. Vers huit heures, Nathan de Busiris, le messager, se présenta aux croyants et leur raconta en détail tout ce que le précédent coureur lui avait dit. Nathan termina son touchant récit par ces paroles : “ Mais David, qui nous envoie cette nouvelle, rapporte qu'en annonçant d'avance sa mort, le Maitre avait déclaré qu'il ressusciterait. ” Tandis que Nathan parlait encore, le Maitre morontiel apparut là, aux regards de tous, et, lorsque Nathan s'assit, Jésus dit :

    “ Que la paix soit sur vous. Ce que mon Père m'a envoyé établir dans le monde n'appartient ni à une race, ni à une nation, ni à un groupe spécial d'éducateurs ou de prédicateurs. Cet évangile du royaume appartient aux Juifs et aux Gentils, aux riches et aux pauvres, aux êtres humains libres et aux esclaves, aux hommes et aux femmes, et même aux petits enfants. Il vous faut tous proclamer cet évangile d'amour et de vérité par la vie que vous vivez dans la chair. Vous vous aimerez les uns les autres d'un amour nouveau et remarquable, comme je vous ai aimés. Vous servirez l'humanité avec une dévotion nouvelle et étonnante, comme je vous ai servis. Quand les êtres humains verront que vous les aimez ainsi, et combien vous les servez avec ferveur, ils percevront que vous êtes entrés par la foi dans la communauté du royaume des cieux; alors, ils suivront l'Esprit de Vérité, qu'ils apercevront dans votre vie, jusqu'à ce qu'ils trouvent le salut éternel.

    “ De même que le Père m'a envoyé dans ce monde, je vous y envoie aussi maintenant. Vous êtes tous appelés à porter la bonne nouvelle à ceux qui sont plongés dans les ténèbres. Cet évangile du royaume appartient à tous ceux qui y croient; il ne sera pas remis à la garde des seuls prêtres. Bientôt l'Esprit de Vérité viendra sur vous et vous conduira dans toute la vérité. Donc, allez dans le monde entier prêcher cet évangile, et voyez, je suis avec vous toujours, même jusqu'à la fin des âges. ”

    Après avoir ainsi parlé, le Maitre disparut de leur vue. Ces croyants restèrent là ensemble toute la nuit, racontant leurs expériences de croyants au royaume et écoutant longuement Rodan et ses associés. Et ils crurent tous que Jésus était ressuscité d'entre les morts. Un messager de David arriva le surlendemain pour leur annoncer la résurrection. Imaginez sa surprise lorsqu'ils répondirent à son annonce en disant : “ Oui, nous le savons, car nous avons vu le Maitre. Il est apparu devant nous avant-hier. ”

    APPARITION EN GALILÉE

    Au moment où les apôtres quittèrent Jérusalem pour la Galilée, les dirigeants juifs s'étaient considérablement calmés. Du fait que Jésus n'était apparu qu'à sa famille de croyants au royaume, et du fait que les apôtres se cachaient et ne prêchaient pas en public, les chefs des Juifs conclurent que, somme toute, le mouvement de l'évangile était bien écrasé. Bien entendu, ils étaient déconcertés par la rumeur croissante que Jésus était ressuscité d'entre les morts, mais ils comptaient sur les gardes soudoyés pour contrecarrer efficacement les effets de toutes ces histoires en répétant le récit qu'une troupe de disciples de Jésus avait enlevé son corps.

    Depuis ce moment-là, et jusqu'à ce que les apôtres eussent été dispersés par la marée montante des persécutions, Pierre fut le chef généralement reconnu du corps apostolique. Jamais Jésus ne lui donna pareille autorité, et jamais ses compagnons apôtres ne l'élurent officiellement à un tel poste de responsabilité; il l'assuma naturellement et le conserva par consentement général – et aussi parce qu'il était parmi eux le principal prédicateur. Les sermons publics devinrent désormais l'occupation majeure des apôtres. Après leur retour de Galilée, Matthias, qu'ils choisirent pour remplacer Judas, devint leur trésorier.

    Durant la semaine où ils demeurèrent à Jérusalem, Marie, mère de Jésus, passa une grande partie de son temps avec les femmes croyantes qui logeaient chez Joseph d'Arimathie.

    Le lundi matin où les apôtres partirent à l'aube pour la Galilée, Jean Marc partit aussi et les suivit hors de la ville, et, quand ils furent bien au delà de Béthanie, il s'avança hardiment parmi eux, persuadé qu'ils ne le renverraient pas.

    Les apôtres s'arrêtèrent plusieurs fois sur la route de Galilée pour raconter l'histoire de leur Maitre ressuscité; ils n'arrivèrent donc à Bethsaïde que très tard le mercredi soir. Il fallut attendre le jeudi midi pour qu'ils fussent tous réveillés et prêts à prendre leur repas matinal.

    Le vendredi matin 21 avril vers six heures, le Maitre morontiel fit sa treizième apparition, la première en Galilée, aux dix apôtres pendant que leur bateau s'approchait du rivage près de l'embarcadère habituel de Bethsaïde.

    La veille, après que les apôtres eurent passé l'après-midi et le commencement de la soirée dans l'expectative chez Zébédée, Simon Pierre leur suggéra d'aller pêcher. Lorsque Pierre proposa cette expédition de pêche, ils décidèrent tous de s'y joindre. Ils peinèrent toute la nuit avec leurs filets, mais n'attrapèrent pas de poissons. Il leur était un peu indifférent de ne pas faire de prise, car ils avaient beaucoup d'expériences intéressantes à se raconter sur les choses qui leur étaient si récemment arrivées à Jérusalem. Mais, au lever du jour, ils décidèrent de retourner à Bethsaïde. En approchant du rivage, ils virent quelqu'un sur la grève, près du débarcadère, debout à côté d'un feu. Ils crurent d'abord que c'était Jean Marc venu les accueillir, eux et leur pêche, à leur retour, mais, en s'approchant encore du rivage, ils virent qu'ils s'étaient trompés – l'homme était trop grand pour être Jean Marc. Aucun d'eux n'avait eu l'idée que la personne qui se tenait sur la plage était le Maitre. Ils ne comprenaient pas bien pourquoi Jésus voulait les rencontrer en plein air, parmi les scènes de leur première vie en commun, et en contact avec la nature, loin de l'ambiance fermée de Jérusalem avec ses associations tragiques de peur, de trahison et de mort. Il leur avait dit que, s'ils allaient en Galilée, il les y rencontrerait, et il était sur le point de tenir sa promesse.

    Tandis que les apôtres jetaient l'ancre et se préparaient à monter dans la petite barque pour accoster, l'homme sur la plage les interpella : “ Garçons, avez-vous pris quelque chose ? ” Quand ils eurent répondu “ Non ”, l'homme leur dit encore : “ Jetez le filet à droite du bateau, et vous trouverez du poisson. ” Ils ne savaient pas encore que c'était Jésus qui leur donnait ce conseil, mais, d'un commun accord, ils jetèrent le filet comme on le leur avait dit, et il fut immédiatement rempli au point qu'ils pouvaient à peine le hisser. Or, Jean Zébédée avait l'esprit vif; lorsqu'il vit le filet lourdement chargé, il perçut que c'était le Maitre qui leur avait parlé. Dès que cette pensée lui vint, il se pencha vers Pierre et lui dit à voix basse : “ C'est le Maitre. ” Pierre était toujours un homme d'actions impulsives et de dévotion impétueuse. Dès que Jean lui eut soufflé cela à l'oreille, il se dressa et se jeta à l'eau pour rejoindre le Maitre au plus vite. Ses frères le suivirent de près et accostèrent avec la petite barque en halant derrière eux le filet plein de poissons.

    Entretemps, Jean Marc s'était levé; voyant les apôtres accoster avec le filet lourdement chargé, il courut à la plage à leur rencontre. Apercevant onze êtres humains au lieu de dix, il conjectura que l'inconnu était Jésus ressuscité et, tandis que les dix êtres humains étonnés le regardaient en silence, le jeune homme se précipita vers le Maitre, s'agenouilla à ses pieds et dit : “ Mon Seigneur et mon Maitre. ” Alors, Jésus parla non pas comme à Jérusalem où il les avait salué en disant “ Que la paix soit sur vous ”, mais il s'adressa d'un ton ordinaire à Jean Marc en lui disant : “ Eh bien, Jean, je suis heureux de te revoir dans cette Galilée insouciante où nous pourrons avoir un bon entretien. Reste avec nous, Jean, et viens déjeuner. ”

    Tandis que Jésus parlait au jeune homme, les dix étaient tellement étonnés et surpris qu'ils en oublièrent de haler sur la grève le filet aux poissons. Jésus dit alors : “ Ramenez vos poissons et préparez-en quelques-uns pour le déjeuner. Nous avons déjà du feu et beaucoup de pain. ”

    Pendant que Jean Marc rendait hommage au Maitre, Pierre reçut un choc à la vue des braises qui rougeoyaient là sur la plage. La scène lui rappelait avec tellement de vivacité le feu de charbon de bois à minuit dans la cour d'Annas, où il avait renié le Maitre, mais il se ressaisit, s'agenouilla aux pieds de Jésus et s'écria : “ Mon Seigneur et mon Maitre ! ”

    Ensuite, Pierre se joignit à ses camarades qui halaient le filet. Après avoir amené leur prise à terre, ils comptèrent les poissons et en trouvèrent 153 gros. Ils renouvelèrent l'erreur d'appeler cela une pêche miraculeuse. Il n'y eut aucun miracle lié à cet épisode. Le Maitre avait simplement exercé sa préconnaissance. Il savait que les poissons étaient là, et indiqué, en conséquence aux apôtres, où il fallait lancer leur filet.

    Jésus leur dit ensuite : “ Maintenant, venez tous déjeuner; même les jumeaux devraient s'assoir pendant que je m'entretiens avec vous. Jean Marc préparera les poissons. ” Jean Marc apporta sept poissons de bonne taille; le Maitre les mit sur le feu et, quand ils furent cuits, le garçon les servit aux dix. Puis Jésus rompit le pain et le passa à Jean Marc qui, à son tour, le servit aux apôtres affamés. Après que tous eurent été servis, Jésus pria Jean Marc de s'assoir tandis que lui-même servait le poisson et le pain au jeune garçon. Pendant qu'ils mangeaient, Jésus s'entretint avec eux et leur rappela leurs nombreuses expériences communes en Galilée et près de ce même lac.

    C'était la troisième fois que Jésus s'était manifesté aux apôtres réunis en groupe. Au début, quand Jésus les interpella en leur demandant s'ils avaient du poisson, ils ne soupçonnèrent pas son identité; en effet, c'était une expérience très courante pour ces pêcheurs de la Mer de Galilée d'être accostés ainsi, en abordant au rivage, par les marchands de poisson de Tarichée; ceux-ci étaient généralement là en vue d'acheter les prises fraiches pour les établissements de séchage.

    Jésus s'entretint durant plus d'une heure avec les dix apôtres et Jean Marc. Ensuite, il marcha de long en large sur la grève et leur parla en les prenant deux par deux – mais les paires d'apôtres étaient différentes de celles qu'il avait tout d'abord envoyées répandre l'enseignement. Les onze apôtres étaient descendus tous ensemble de Jérusalem, mais, à mesure qu'ils s'approchaient de la Galilée, Simon Zélotès se découragea de plus en plus, si bien qu'au moment où ils arrivèrent à Bethsaïde, il abandonna ses frères et retourna chez lui.

    Avant de prendre congé d'eux, ce matin-là, Jésus demanda que deux apôtres se portent volontaires pour aller chercher Simon Zélotès et le ramener le même jour. Et c'est ce que firent Pierre et André.

    Quand ils eurent fini de déjeuner, et tandis que les autres restaient assis près du feu, Jésus fit signe à Pierre et à Jean de l'accompagner dans une promenade sur la grève. Au cours de leur marche, Jésus dit à Jean : “ Jean, m'aimes-tu ? ” Et, lorsque Jean eut répondu : “ Oui, Maitre, de tout mon coeur ”, le Maitre dit : “ Alors, Jean, renonce à ton intolérance et apprends à aimer les êtres humains comme je t'ai aimé. Consacre ta vie à prouver que l'amour est la plus grande chose du monde. C'est l'amour de Dieu qui pousse les êtres humains à chercher le salut. L'amour est l'ancêtre de toute bonté spirituelle, il est l'essence du vrai et du beau. ”

    Jésus se tourna ensuite vers Pierre et lui demanda : “ Pierre, m'aimes-tu ? ” Pierre répondit : “ Seigneur, tu sais que je t'aime de toute mon âme. ” Alors, Jésus dit : “ Si tu m'aimes, Pierre, nourris mes agneaux. Ne néglige pas ton ministère auprès des faibles, des pauvres et des jeunes. Prêche l'évangile sans crainte ni préférence; n'oublie jamais que Dieu ne fait pas acception de personnes. Sers tes semblables comme je t'ai servi, pardonne à tes compagnons mortels comme je t'ai pardonné. Laisse l'expérience t'enseigner la valeur de la méditation et le pouvoir de la réflexion intelligente. ”

    Après qu'ils eurent marché encore un peu plus loin, le Maitre se tourna vers Pierre et demanda : “ Pierre, m'aimes-tu réellement ? ” Et Simon dit alors : “ Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. ” Et Jésus dit de nouveau : “ Alors, prends bien soin de mes brebis. Sois un bon et fidèle berger pour le troupeau. Ne trahis pas sa confiance en toi. Ne te laisse pas surprendre par l'ennemi. Reste tout le temps sur tes gardes – veille et prie. ”

    Après qu'ils eurent encore fait quelques pas, Jésus se tourna vers Pierre et lui demanda pour la troisième fois : “ Pierre, m'aimes-tu vraiment ? ” Alors, Pierre, légèrement attristé du manque apparent de confiance du Maitre envers lui, dit avec une profonde émotion : “ Seigneur, tu connais toutes choses; tu sais donc que je t'aime réellement et vraiment. ” Alors, Jésus lui dit : “ Nourris mes brebis. N'abandonne pas le troupeau. Sers d'exemple et d'inspiration à tous tes compagnons bergers. Aime le troupeau comme je t'ai aimé, et consacre-toi à son bien-être comme j'ai consacré ma vie à ton bien-être. Et suis-moi jusqu'à la fin. ”

    Pierre interpréta littéralement cette dernière recommandation – qu'il devait continuer à suivre Jésus. Se tournant vers lui, il montra Jean du doigt et demanda : “ Si je te suis, que fera celui-là ? ” Percevant que Pierre avait mal compris ses paroles, Jésus dit : “ Pierre, ne t'occupe pas de ce que feront tes frères. Si je veux que Jean reste après que tu seras parti, et même jusqu'à ce que je revienne, en quoi cela te concerne-t-il ? Assure-toi seulement que tu me suis. ”

    Cette remarque se répandit parmi les frères et fut reçue comme une affirmation de Jésus que Jean ne mourrait pas avant que le Maitre ne revienne établir le royaume en puissance et en gloire, comme beaucoup le pensaient et l'espéraient. Et ce fut cette interprétation des paroles de Jésus qui joua un grand rôle pour ramener Simon Zélotès au service et pour le maintenir à l'oeuvre.

    Après être revenu vers les autres apôtres, Jésus repartit pour une promenade et une causerie avec André et Jacques. Lorsqu'ils eurent parcouru une petite distance, Jésus dit à André : “ André, as-tu confiance en moi ? ” Quand l'ancien chef des apôtres entendit Jésus lui poser une telle question, il s'arrêta et répondit : “ Oui, Maitre, j'ai en toi une confiance totale, et tu le sais. ” Alors, Jésus dit : “ André, si tu as confiance en moi, aie plus de confiance en tes frères – même en Pierre. Je t'ai confié autrefois leur direction. Il faut maintenant que tu fasses confiance aux autres, tandis que je vous quitte pour aller auprès du Père. Quand tes frères commenceront à se disperser à cause de l'acharnement des persécutions, sois un conseiller sage et prévenant pour Jacques, mon frère par le sang, lorsqu'on le chargera de lourds fardeaux que son expérience ne lui permet pas de porter. Ensuite, continue à avoir confiance, car je ne te ferai pas défaut. Quand tu en auras fini sur Terre, tu viendras auprès de moi. ”

    Puis Jésus se tourna vers Jacques Zébédée en lui demandant : “ Jacques, as-tu confiance en moi ? ” Bien entendu, Jacques lui répondit : “ Oui, Maitre, j'ai confiance en toi de tout mon coeur. ” Alors, Jésus lui dit : “ Jacques, si tu as plus confiance en moi, tu seras moins impatient avec tes frères. Si tu veux avoir confiance en moi, cela t'aidera à être bon pour la fraternité des croyants. Apprends à peser les conséquences de tes paroles et de tes actes. Rappelle-toi que la récolte est conforme à la semence. Prie pour la tranquillité d'esprit et cultive la patience. Avec la foi vivante, ces grâces te soutiendront quand viendra l'heure de boire la coupe du sacrifice. N'aie jamais de crainte; quand tu en auras fini sur Terre, tu viendras aussi demeurer près de moi. ”

    Jésus parla ensuite à Thomas et à Nathanael. Il dit au premier : “ Thomas, me sers-tu ? ” Thomas répondit : “ Oui, Seigneur, je te sers maintenant et toujours. ” Alors, Jésus dit : “ Si tu veux me servir, sers mes frères dans la chair comme je t'ai servi. Ne te lasse pas de ce bien-agir, mais persévère comme ayant reçu l'ordination de Dieu pour ce service d'amour. Quand tu auras achevé ton service avec moi sur Terre, tu serviras avec moi en gloire. Thomas, il faut que tu cesses de douter, et que tu accroisses ta foi et ta connaissance de la vérité. Crois en Dieu comme un enfant, mais cesse d'agir d'une manière aussi infantile. Aie du courage; sois fort dans la foi et puissant dans le royaume de Dieu. ”

    Ensuite le Maitre dit à Nathanael : “ Nathanael, me sers-tu ? ” Et l'apôtre répondit : “ Oui, Maitre, et avec une affection sans partage. ” Alors, Jésus dit : “ Si donc tu me sers de tout ton coeur, assure-toi que tu te consacres au bien-être de mes frères terrestres avec une affection infatigable. Mêle l'amitié à tes conseils et ajoute l'amour à ta philosophie. Sers tes contemporains comme je vous ai servis, sois fidèle aux êtres humains, comme moi j'ai veillé sur vous. Sois moins critique; espère moins de certains êtres humains et diminue ainsi l'étendue de tes déceptions. Quand tu auras fini l'oeuvre ici-bas, tu serviras au ciel avec moi. ”

    Après cela, le Maitre s'entretint avec Philippe et Matthieu. Il dit au premier : “ Philippe, m'obéis-tu ? ” Philippe répondit : “ Oui, Seigneur, je t'obéirai même au prix de ma vie. ” Alors, Jésus lui dit : “ Si tu veux m'obéir, va dans les pays des Gentils et proclame l'évangile. Les prophètes t'ont dit qu'il valait mieux obéir que sacrifier. Par la foi, tu es devenu un fils du royaume connaissant Dieu. Il n'y a qu'une seule loi à observer – c'est le commandement d'aller proclamer l'évangile du royaume. Cesse de craindre les êtres humains; n'aie pas peur de prêcher la bonne nouvelle de la vie éternelle à tes semblables qui languissent dans les ténèbres et ont soif de la lumière de vérité. Philippe, tu ne t'occuperas plus d'argent et de marchandises. Tu es désormais, exactement comme tes frères, libre de prêcher la bonne nouvelle. Je te précèderai et je t'accompagnerai jusqu'à la fin. ”

    Puis le Maitre s'adressa à Matthieu et lui demanda : “ Matthieu, as-tu à coeur de m'obéir ? ” Matthieu répondit : “ Oui, Seigneur, je suis entièrement consacré à faire ta volonté. ” Alors, le Maitre lui dit : “ Matthieu, si tu veux m'obéir, va enseigner à tous les peuples l'évangile du royaume. Tu ne procureras plus à tes frères les choses matérielles de la vie; désormais, tu iras aussi proclamer la bonne nouvelle du salut spirituel. À partir de maintenant, n'aie plus en vue que d'exécuter le commandement de prêcher cet évangile du royaume du Père. De même que j'ai fait sur Terre la volonté du Père, de même tu accompliras la mission divine. Rappelle-toi que Juifs et Gentils sont tous deux tes frères. Ne crains aucun être humain quand tu proclameras les vérités salvatrices de l'évangile du royaume des cieux. Et là où je vais, tu viendras bientôt. ”

    Enfin, il fit une promenade et eut un entretien avec Jacques et Judas, les jumeaux Alphée. Il s'adressa aux deux ensemble et leur demanda : “ Jacques et Judas, croyez-vous en moi ? ” Et, après qu'ils eurent tous deux répondu “ Oui, Maitre, nous croyons ”, Jésus dit : “ Je vais bientôt vous quitter. Vous voyez que je vous ai déjà quittés dans la chair. Je ne demeurerai que peu de temps dans ma forme actuelle avant d'aller auprès de mon Père. Vous croyez en moi – vous êtes mes apôtres, et vous le serez toujours. Continuez à croire quand je serai parti et à vous rappeler votre association avec moi après que vous serez peut-être retournés au travail dont vous aviez l'habitude avant de venir vivre avec moi. Ne laissez jamais un changement dans votre travail extérieur influer sur votre obéissance. Ayez foi en Dieu jusqu'à la fin de vos jours terrestres. N'oubliez jamais que, quand vous êtes des fils et des filles de Dieu par la foi, tout travail honnête du royaume est sacré. Rien de ce que fait un fils ou une fille de Dieu ne peut être ordinaire. Donc, faites désormais votre travail comme s'il était pour Dieu. Quand vous en aurez fini sur ce monde, j'ai d'autres mondes meilleurs où vous travaillerez aussi pour moi. Dans toute cette oeuvre, sur ce monde et sur d'autres, j'oeuvrerai avec vous et mon esprit demeurera en vous. ”

    Il était près de dix heures quand Jésus revint de son entretien avec les jumeaux Alphée. En quittant les apôtres, il leur dit : “ Au revoir, jusqu'à ce que je vous revoie tous demain, à midi, sur le mont de votre ordination. ” Après avoir ainsi parlé, il disparut de leur vue.

    À midi, le samedi 22 avril, les onze apôtres se réunirent au rendez-vous sur la colline proche de Capharnaüm, et Jésus apparut parmi eux. Cette réunion eut lieu sur le mont même où le Maitre les avait désignés comme ses apôtres et comme ambassadeurs sur Terre du royaume du Père. Ce fut la quatorzième manifestation morontielle de Jésus.

    Alors, les onze apôtres s'agenouillèrent en cercle autour du Maitre; ils l'entendirent réitérer leurs missions et le virent reproduire la scène de l'ordination comme la première fois où ils avaient été mis à part pour le travail particulier du royaume. Tout ceci, sauf la prière du Maitre, leur remémora leur consécration antérieure au service du Père. Lorsque le Maitre – le Jésus morontiel – pria ce jour-là, ce fut sur un ton de majesté et avec des paroles de pouvoir telles que les apôtres n'en avaient jamais entendu auparavant. Leur Maitre parlait maintenant aux dirigeants des univers comme quelqu'un qui, dans son propre univers, s'était vu remettre tout pouvoir et toute autorité. Et ces onze êtres humains n'oublièrent jamais cette expérience de reconsécration morontielle aux engagements antérieurs de leur rôle d'ambassadeurs. Le Maitre passa juste une heure sur ce mont avec ses ambassadeurs et, après leur avoir affectueusement dit au revoir, il disparut de leur vue.

    Nul ne revit Jésus durant toute une semaine. Les apôtres n'avaient réellement aucune idée de ce qu'il fallait faire, car ils ne savaient pas si le Maitre était allé auprès du Père. Dans cet état d'incertitude, ils demeurèrent à Bethsaïde. Ils n'osaient pas aller à la pêche, de crainte de le manquer s'il venait les retrouver. Durant toute la semaine, Jésus fut occupé avec les créatures morontielles qui étaient sur Terre et par les opérations de la transition morontielle dont il faisait l'expérience sur ce monde.

    La nouvelle des apparitions de Jésus se répandait dans toute la Galilée; des croyants en nombre croissant arrivaient tous les jours à la maison de Zébédée pour s'informer de la résurrection du Maitre et découvrir la vérité sur ces prétendues apparitions. De bonne heure dans la semaine, Pierre fit savoir qu'une réunion publique aurait lieu au bord de la mer à trois heures de l'après-midi, le jour du prochain sabbat.

    En conséquence, le samedi 29 avril à trois heures, plus de cinq cents croyants des environs de Capharnaüm se rassemblèrent à Bethsaïde pour entendre Pierre prêcher son premier sermon depuis la résurrection. L'apôtre était au mieux de sa forme et, après qu'il eut achevé son attrayant discours, peu de ses auditeurs doutaient que le Maitre était ressuscité d'entre les morts.

    Pierre termina son sermon en disant : “ Nous affirmons que Jésus de Nazareth n'est pas mort; nous déclarons qu'il est sorti du tombeau; nous proclamons que nous l'avons vu et que nous lui avons parlé. ” À peine finissait-il de faire cette proclamation de foi que le Maitre apparut à côté de lui sous sa forme morontielle, en pleine vue de tout cet auditoire auquel il parla d'un ton familier en disant : “ Que la paix soit sur vous, et je vous laisse ma paix. ” Après qu'il leur fut ainsi apparu et leur eut ainsi parlé, il disparut de leur vue. Ce fut la quinzième manifestation morontielle de Jésus ressuscité.

    À cause de certaines choses que le Maitre avait dites aux onze durant leur conférence sur le mont de l'ordination, les apôtres avaient eu l'impression que leur Maitre ferait bientôt une apparition publique devant un groupe de croyants galiléens, et qu'après cela ils devraient retourner à Jérusalem. En conséquence, le lendemain matin dimanche 30 avril, les onze quittèrent Bethsaïde de bonne heure pour aller à Jérusalem. Ils prêchèrent et enseignèrent abondamment sur la route descendant le Jourdain, de sorte qu'ils arrivèrent seulement très tard, le mercredi 3 mai, chez les Marc à Jérusalem.

    Ce fut un triste retour au foyer pour Jean Marc. Juste quelques heures avant qu'il n'arrive chez lui, son père, Élie Marc, était mort soudain d'une hémorragie cérébrale. Leur certitude de la résurrection des morts contribua beaucoup à consoler les apôtres; mais en même temps ils furent véritablement affligés par la perte de leur bon ami qui avait été leur ferme soutien, même dans des moments très difficiles et décevants. Jean Marc fit tout ce qu'il put pour consoler sa mère. Parlant pour elle, il invita les apôtres à continuer à conserver sa maison comme domicile; et les onze firent de la salle du haut leur quartier général jusqu'au lendemain de la Pentecôte.

    Les apôtres étaient volontairement rentrés à Jérusalem après la tombée de la nuit pour ne pas être aperçus par les autorités juives. Ils n'apparurent pas non plus en public à l'occasion des funérailles d'Élie Marc. Ils restèrent toute la journée du lendemain tranquillement isolés dans cette mémorable chambre du haut.

    Le jeudi soir, les apôtres eurent une merveilleuse réunion dans cette chambre du haut et s'engagèrent tous, sauf Thomas, Simon Zélotès et les jumeaux Alphée, à paraître en public pour prêcher le nouvel évangile du Seigneur ressuscité. Déjà se dessinaient les premières étapes de la transformation de l'évangile du royaume – la filiation avec Dieu et la fraternité avec les êtres humains – en la proclamation de la résurrection de Jésus. Nathanael s'opposa à ce changement dans la substance de leur message public, mais ne put ni résister à l'éloquence de Pierre, ni triompher de l'enthousiasme des disciples spécialement des femmes croyantes.

    Ainsi, sous la vigoureuse direction de Pierre et dès avant l'ascension de Jésus auprès du Père, les représentants bien intentionnés du Maitre inaugurèrent le subtil processus de la transformation progressive et certaine de la religion de Jésus en une forme nouvelle et modifiée de religion à propos de Jésus.

    APPARITIONS FINALES ET ASCENSION

    La seizième manifestation morontielle de Jésus eut lieu le vendredi 5 mai vers neuf heures du soir dans la cour de Nicodème. Ce soir-là, les croyants de Jérusalem avaient fait leur première tentative depuis la résurrection pour se réunir. À ce moment se trouvaient rassemblés les onze apôtres, le groupe des femmes disciples et de leurs compagnes, et une cinquantaine des autres éminents disciples du Maitre, comprenant un certain nombre de Grecs. Ces croyants avaient échangé des conversations amicales depuis plus d'une demi-heure lorsque le Maitre morontiel apparut soudainement, pleinement visible à tous, et commença immédiatement à les instruire. Jésus dit :

    “ Que la paix soit sur vous. Voici le groupe de croyants le plus représentatif – apôtres et disciples hommes et femmes – auquel je sois apparu depuis le moment où j'ai été délivré de la chair. Je vous appelle maintenant à témoigner que je vous avais prévenu qu'il fallait que mon séjour parmi vous prenne fin; je vous ai dit que je devais bientôt retourner auprès du Père. Ensuite, je vous avais clairement exposé comment les chefs des prêtres et les dirigeants des Juifs me livreraient pour être mis à mort, et que je ressusciterais. Alors, pourquoi vous êtes-vous tellement laissé déconcerter par toutes ces choses quand elles sont advenues ? Et pourquoi avez-vous été aussi surpris quand je suis ressuscité au troisième jour ? Vous n'avez pas réussi à me croire, parce que vous entendiez mes paroles sans comprendre leur signification. ”

    “ Maintenant, vous devriez prêter l'oreille à ce que je dis, de crainte de renouveler la faute d'entendre mon enseignement avec votre mental sans en comprendre le sens dans votre coeur. Depuis le commencement de mon séjour parmi vous comme l'un de vos semblables, je vous ai enseigné que mon unique but était de révéler mon Père qui est aux cieux à ses enfants terrestres. J'ai vécu l'effusion révélatrice de Dieu afin que vous puissiez faire l'expérience de la carrière de la connaissance de Dieu. Je vous ai révélé Dieu comme votre Père qui est aux cieux, et je vous ai révélés comme les fils et les filles de Dieu sur Terre. Dieu vous aime, vous ses fils; c'est un fait. Par la foi en mes paroles, ce fait devient une vérité éternellement vivante dans votre coeur. Quand, par votre foi vivante, vous devenez divinement conscients de Dieu, alors vous êtes nés d'esprit en tant qu'enfants de lumière et de vie, de cette vie éternelle grâce à laquelle vous ferez l'ascension de l'univers des univers et l'expérience de trouver Dieu le Père au Paradis. ”

    “ Je vous exhorte à vous rappeler toujours que votre mission parmi les êtres humains consiste à proclamer l'évangile du royaume – la réalité que Dieu est le Père des êtres humains et la vérité qu'ils sont ses fils. Proclamez la vérité entière de la bonne nouvelle, et non pas seulement une partie de l'évangile sauveur. Votre message n'est pas modifié par l'expérience de ma résurrection. La filiation avec Dieu, par la foi, reste la vérité salvatrice de l'évangile du royaume. Vous irez prêcher l'amour de Dieu et le service des êtres humains. Ce que le monde a le plus besoin de savoir, c'est que les êtres humains sont les fils et les filles de Dieu et que, par la foi, ils peuvent effectivement réaliser cette vérité ennoblissante et en faire l'expérience quotidienne. Mon effusion devrait aider tous les êtres humains à savoir qu'ils sont les enfants de Dieu, mais cette connaissance sera insuffisante s'ils n'arrivent pas à saisir personnellement par la foi la vérité salvatrice qu'ils sont les vivants fils spirituels du Père éternel. L'évangile du royaume concerne l'amour du Père et le service de ses enfants sur Terre. ”

    “ Ici, vous partagez ensemble la connaissance de ma résurrection d'entre les morts, mais elle n'a rien d'étrange. J'ai le pouvoir d'abandonner ma vie et de la reprendre; le Père donne un tel pouvoir à ses Fils du Paradis. Vous devriez plutôt avoir le coeur ému de savoir que les morts d'un âge ont entrepris l'ascension éternelle peu après que j'eus quitté le tombeau neuf de Joseph d'Arimathie. J'ai vécu ma vie dans la chair pour vous montrer comment, par un service expression de l'amour, vous pouvez révéler Dieu à vos semblables, de même qu'en vous aimant et en vous servant, je suis devenu une révélation de Dieu pour vous. J'ai vécu parmi vous en tant que Fils de l'Homme pour que vous, et tous les autres êtres humains, puissiez savoir que vous êtes en vérité les fils et les filles de Dieu. Donc, allez maintenant dans le monde entier prêcher à tous les êtres humains cet évangile du royaume des cieux. Aimez tous les êtres humains comme je vous ai aimés; servez vos compagnons mortels comme je vous ai servis. Vous avez reçu libéralement, donnez libéralement. Restez à Jérusalem seulement pendant que je vais auprès du Père et jusqu'à ce que je vous envoie l'Esprit de Vérité. Il vous conduira dans un plus vaste domaine de vérité, et je vous accompagnerai dans le monde entier. Je suis avec vous toujours, et je vous laisse ma paix. ”

    Après que le Maitre leur eut parlé, il disparut de leur vue. Les croyants restèrent ensemble toute la nuit, discutant sérieusement les avertissements du Maitre et méditant sur tout ce qui leur était arrivé; ils ne se dispersèrent qu'à l'aube. Jacques Zébédée et d'autres apôtres leur racontèrent aussi leurs expériences avec le Maitre morontiel en Galilée et leur exposèrent en détail comment il leur était apparu trois fois.

    L'après-midi du sabbat, le 13 mai vers quatre heures, le Maitre apparut à Nalda et à environ soixante-quinze croyants samaritains près du puits de Jacob à Sychar. Les croyants avaient l'habitude de se réunir à cet endroit près duquel Jésus avait parlé à Nalda de l'eau vivante. Ce jour-là, juste au moment où ils avaient fini de discuter les nouvelles de la résurrection, Jésus apparut soudain devant eux et dit :

    “ Que la paix soit sur vous. Vous vous réjouissez de savoir que je suis la résurrection et la vie, mais cela ne vous servira de rien si vous n'êtes pas d'abord nés de l'esprit éternel, ce qui vous amène à posséder, par la foi, le don de la vie éternelle. Si vous êtes les fils de mon Père par la foi, vous ne mourrez jamais; vous ne périrez pas. L'évangile du royaume vous a appris que tous les êtres humains sont les fils et les filles de Dieu. Il faut que cette bonne nouvelle concernant l'amour du Père céleste pour ses enfants terrestres soit apportée au monde entier. L'heure est venue de ne plus adorer Dieu sur le mont Garizim ou à Jérusalem, mais en esprit et en vérité, là où vous êtes, tels que vous êtes. C'est votre foi qui sauve votre âme. Le salut est le don de Dieu à tous ceux qui croient être ses fils. Mais ne vous y trompez pas; bien que le salut soit le don gratuit de Dieu et soit offert à tous ceux qui l'acceptent par la foi, il est suivi par l'expérience de porter les fruits de cette vie spirituelle telle qu'elle est vécue dans la chair. L'acceptation de la doctrine de la paternité de Dieu implique que vous acceptiez aussi librement cette vérité corollaire de la fraternité des êtres humains. Or, si un être humain est votre frère ou votre soeur, il est plus encore que votre prochain, que le Père vous demande d'aimer comme vous-mêmes. Puisque votre frère appartient à votre propre famille, non seulement vous l'aimerez d'une affection familiale, mais aussi vous le servirez comme vous vous serviriez vous-mêmes. Et vous aimerez et servirez ainsi votre frère parce que, étant mes frères, vous avez été aimés et servis par moi de cette façon. Donc, allez dans le monde entier proclamer cette bonne nouvelle à toutes les créatures de chaque race, de chaque tribu et de chaque nation. Mon esprit vous précèdera, et je serai avec vous toujours. ”

    Ces Samaritains furent stupéfaits de cette apparition du Maitre et partirent en hâte vers les villes et villages voisins, où ils répandirent la nouvelle qu'ils avaient vu Jésus et que celui-ci leur avait parlé. Ce fut la dix-septième apparition morontielle du Maitre.

    La dix-huitième apparition morontielle du Maitre eut lieu à Tyr, le mardi 16 mai, un peu avant neuf heures du soir et, de nouveau, à la clôture d'une réunion de croyants. Au moment où ils étaient sur le point de se séparer, Jésus dit :

    “ Que la paix soit sur vous. Vous vous réjouissez de savoir que le Fils de l'Homme est ressuscité d'entre les morts parce que vous savez par là même que vos frères et vous survivrez aussi au trépas humain. Mais, pour survivre, il faut que vous soyez préalablement nés de l'esprit qui recherche la vérité et trouve Dieu. Le pain de vie et l'eau vivante sont donnés seulement à ceux qui ont faim de vérité et soif de droiture – de Dieu. Le fait que les morts ressuscitent n'est pas l'évangile du royaume. Ces grandes vérités et ces faits universels sont tous reliés à l'évangile, parce qu'ils font partie du résultat obtenu par ceux qui croient la bonne nouvelle; ils sont englobés dans l'expérience ultérieure de ceux qui, par la foi, deviennent, en fait et en vérité, les fils perpétuels du Dieu éternel. Mon Père m'a envoyé dans le monde pour proclamer à tous les êtres humains ce salut de la filiation. De même, je vous envoie au loin pour prêcher ce salut de la filiation. Le salut est un don gratuit de Dieu, mais ceux qui sont nés de l'esprit commencent immédiatement à montrer les fruits de l'esprit par leur service expression de l'amour auprès de leurs semblables. Et voici les fruits de l'esprit divin produits dans la vie des mortels nés d'esprit et connaissant Dieu : service expression de l'amour, dévouement désintéressé, fidélité courageuse, équité sincère, honnêteté éclairée, espoir vivace, confiance sans soupçons, ministère miséricordieux, bonté inaltérable, tolérance indulgente et paix durable. Si de prétendus croyants ne portent pas ces fruits de l'esprit divin dans leur vie, ils sont morts; l'Esprit de Vérité n'est pas en eux; ils sont des sarments inutiles de la vigne vivante et seront bientôt retranchés. Mon Père demande aux enfants de la foi de porter beaucoup de fruits de l'esprit. Si donc vous êtes stériles, il creusera autour de vos racines et coupera vos sarments improductifs. À mesure que vous progresserez vers le ciel dans le royaume de Dieu, il faudra de plus en plus que vous produisiez des fruits de l'esprit. Vous pouvez entrer dans le royaume de Dieu comme un enfant, mais le Père exige que vous grandissiez, par la grâce, jusqu'à la pleine stature d'un adulte spirituel. Quand vous irez au loin proclamer à toutes les nations la bonne nouvelle de cet évangile, je vous devancerai, et mon Esprit de Vérité demeurera dans votre coeur. Je vous laisse ma paix. ”

    Ensuite le Maitre disparut de leur vue. Le lendemain, partirent de Tyr des croyants qui témoignèrent de ces faits à Sidon et même à Antioche et à Damas. Jésus avait visité ces croyants durant sa vie dans la chair, et ils ne furent pas longs à le reconnaître quand il commença à les enseigner. Bien que ses amis eussent de la peine à reconnaître sa forme morontielle quand elle était rendue visible, ils ne tardaient jamais à identifier sa personnalité quand il leur parlait.

    Dernière apparition à Jérusalem

    De bonne heure le jeudi matin 18 mai, Jésus fit sa dernière apparition sur Terre en tant que personnalité morontielle. Tandis que les onze apôtres allaient s'assoir pour leur repas matinal dans la salle du haut de la maison de Marie Marc, Jésus leur apparut et dit :

    “ Que la paix soit sur vous. Je vous ai demandé de rester ici, à Jérusalem, jusqu'à mon ascension auprès du Père, et même jusqu'à ce que je vous envoie l'Esprit de Vérité, qui sera bientôt répandu sur toute chair et vous confèrera un pouvoir d'en haut. ” Simon Zélotès interrompit Jésus en demandant : “ Et alors, Maitre, rétabliras-tu le royaume et verrons-nous la gloire de Dieu manifestée sur Terre ? ” Après avoir écouté la question de Simon, Jésus répondit : “ Simon, tu t'accroches encore à tes vieilles idées sur le Messie des Juifs et le royaume matériel, mais tu recevras un pouvoir spirituel quand l'esprit sera descendu sur toi, et tu iras bientôt dans le monde entier prêcher l'évangile du royaume. De même que le Père m'a envoyé dans le monde, de même je vous y envoie. Je souhaite que vous vous aimiez et que vous ayez confiance les uns dans les autres. Judas n'est plus avec vous parce que son amour s'était refroidi et parce qu'il vous refusait sa confiance, à vous ses frères loyaux. N'avez-vous pas lu le passage des Écritures où il est dit : « Il n'est pas bon que l'être humain soit seul. Nul ne vit pour lui-même » ? Et aussi celui qui dit : « Quiconque veut avoir des amis doit se montrer amical » ? Ne vous ai-je pas envoyés enseigner deux par deux afin que vous ne vous sentiez pas seuls, et que vous ne tombiez pas dans les ennuis et les malheurs de l'isolement ? Vous savez bien aussi que, lorsque j'étais dans la chair, je ne me suis jamais permis de rester longtemps seul. Dès le commencement de notre association, j'ai constamment eu deux ou trois d'entre vous auprès de moi ou tout à fait à proximité, même quand je communiais avec le Père. Donc, ayez confiance et confiez-vous les uns aux autres. C'est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui je vais vous laisser seuls dans le monde. L'heure est venue, je suis sur le point d'aller auprès du Père. ”

    Après leur avoir ainsi parlé, il leur fit signe de l'accompagner et les conduisit sur le mont des Oliviers, où il leur fit ses adieux préparatoires à son départ de la Terre. Le trajet jusqu'à Olivet fut solennel. Aucun d'eux ne prononça un mot depuis le départ de la salle du haut jusqu'au moment où Jésus s'arrêta avec eux au mont des Oliviers.

    Les causes de la chute de Judas

    Ce fut dans la première partie de son message d'adieu à ses apôtres, que le Maitre fit allusion à la perte de Judas et fit ressortir le sort tragique de leur traitre compagnon comme un avertissement solennel contre les dangers de l'isolement social et fraternel. Il est peut-être utile, pour les croyants du présent âge et des âges futurs, de passer brièvement les causes de la chute de Judas à la lumière des remarques du Maitre et en tenant compte des éclaircissements accumulés des siècles ultérieurs.

    En considérant rétrospectivement cette tragédie, nous concevons que, si Judas s'est fourvoyé, la cause première en était son caractère très marqué de personnalité solitaire, une personnalité fermée et coupée des contacts sociaux ordinaires. Il refusa avec persistance de se confier à ses compagnons apôtres ou de fraterniser franchement avec eux. Mais le fait qu'il était une personnalité du type solitaire n'aurait pas causé par lui-même un tel désastre pour Judas si, en même temps, un autre facteur n'était intervenu : Judas n'était pas parvenu à croitre en amour et en grâce spirituelle. Alors, comme pour aggraver encore une méchante affaire, il garda des rancunes persistantes et entretint des ennemis psychologiques, tels que la vengeance et le désir généralisé de “ rendre la pareille ” à quelqu'un pour toutes ses déceptions.

    Cette combinaison malheureuse de particularités individuelles et de tendances mentales concourut à détruire un être humain bien intentionné qui n'avait pas réussi à juguler ces maux par l'amour, la foi et la confiance. Le fait qu'il n'était pas nécessaire que Judas se fourvoie est bien démontré par les cas de Thomas et Nathanael, qui étaient tous deux affligés de la même sorte de suspicion et hyper-développés dans leur tendance individualiste. André et Matthieu eux-mêmes avaient de nombreux penchants dans ce sens, mais tous ces êtres humains éprouvaient, pour leurs compagnons et pour Jésus, un amour qui, avec le temps, allait en croissant et non en diminuant. Ils grandirent en grâce et en connaissance de la vérité. Ils devinrent de plus en plus confiants envers leurs frères et développèrent lentement l'aptitude à se confier à leurs compagnons, alors que Judas refusa avec persistance de se confier à ses frères. Quand l'accumulation de ses conflits émotionnels l'obligeait à chercher un exutoire en s'exprimant, il allait invariablement demander l'avis – et recevoir les consolations malavisées – de ses proches parents non spiritualisés, ou bien encore il se confiait à des relations de hasard, qui étaient soit indifférentes, soit hostiles à l'intérêt et au progrès des réalités spirituelles du royaume céleste, dont il était sur Terre l'un des douze ambassadeurs consacrés.

    Judas rencontra la défaite dans sa lutte terrestre à cause des facteurs suivants concernant ses tendances personnelles et ses faiblesses de caractère :
  • Il était un être humain du type solitaire. Il était hautement individualiste et choisit en grandissant de devenir une personne fortement repliée sur elle-même et insociable.
  • En tant qu'enfant, la vie lui avait été rendue trop facile. Il éprouvait une rancune amère d'être contrarié. Il s'attendait toujours à gagner; il était mauvais perdant.
  • Il n'acquit jamais une technique philosophique pour affronter les déceptions. Au lieu d'accepter les désappointements comme un évènement régulier et courant de l'existence humaine, il recourait infailliblement à la pratique de blâmer quelqu'un en particulier, ou ses associés collectivement, pour toutes ses difficultés ou ses désappointements personnels.
  • Il avait tendance à garder rancune, il nourrissait toujours l'idée de vengeance.
  • Il n'aimait pas faire franchement face aux faits; il était malhonnête dans son attitude envers les situations de la vie.
  • Il détestait discuter ses problèmes personnels avec ses associés immédiats. Il refusait de parler de ses difficultés avec ses vrais amis et avec ceux qui l'aimaient réellement. Au cours de toutes ses années d'association avec le Maitre, il n'alla pas une seule fois lui soumettre un problème purement personnel.
  • Il n'apprit jamais qu'après tout, les récompenses réelles d'une noble vie sont des prix spirituels, qui ne sont pas toujours distribués pendant cette seule courte vie dans la chair.
  • À la suite de l'isolement persistant de sa personnalité, ses griefs se multiplièrent, ses chagrins s'accrurent, ses anxiétés augmentèrent et son désespoir atteignit une profondeur presque impossible à supporter.

  • Bien que cet apôtre égocentrique et ultra-individualiste eût de nombreux troubles psychiques, émotifs et spirituels, ses principales difficultés étaient les suivantes : en tant que personnalité, il était isolé. Mentalement, il était soupçonneux et rancunier. Par tempérament, il était revêche et vindicatif. Émotionnellement, il était dénué d'amour et incapable de pardonner. Socialement, il ne se confiait pas et restait presque entièrement renfermé sur lui-même. En esprit, il devint arrogant et égoïstement ambitieux. Dans la vie, il ignorait ceux qui l'aimaient et, dans la mort, il n'eut pas d'amis.

    Tels sont donc les facteurs mentaux et les influences mauvaises qui, pris ensemble, expliquent la conduite d'un croyant en Jésus, qui fut jadis, par ailleurs, bien intentionné et sincère, mais qui, même après plusieurs années d'association intime avec cette personnalité transformatrice, abandonna ses compagnons, répudia une cause sacrée, renonça à sa sainte vocation et trahit son divin Maitre.

    L'ascension du Maitre

    Il était presque sept heures et demie du matin, le jeudi 18 mai, quand Jésus arriva sur le versant ouest du mont Olivet avec ses onze apôtres silencieux et quelque peu désorientés. De cet endroit situé aux deux tiers de la montée jusqu'au sommet, ils pouvaient voir le panorama de Jérusalem avec Gethsémani à leurs pieds. Jésus se prépara alors à leur faire ses derniers adieux avant de quitter Terre. Tandis qu'il se tenait là, debout devant eux, ils s'agenouillèrent tous spontanément en cercle autour de lui, et le Maitre dit :

    “ Je vous ai demandé de rester à Jérusalem jusqu'à ce qu'un pouvoir d'en haut vous soit donné. Je suis maintenant sur le point de prendre congé de vous et de monter auprès de mon Père. Bientôt, très bientôt, nous enverrons l'Esprit de Vérité dans ce monde où j'ai séjourné; quand il sera venu, vous commencerez la nouvelle proclamation de l'évangile du royaume, d'abord à Jérusalem, et ensuite jusqu'aux confins du monde. Aimez les êtres humains avec l'amour dont je vous ai aimés, et servez vos compagnons mortels comme je vous ai servis. Par les fruits spirituels de votre vie, amenez les âmes à croire la vérité que l'être humain est un fils ou une fille de Dieu et que tous les êtres humains sont frères et soeurs. Souvenez-vous de tout ce que je vous ai enseigné et de la vie que j'ai vécue parmi vous. Mon amour vous couvre de son ombre, mon esprit habitera en vous et ma paix demeurera sur vous. Adieu. ”

    Après avoir ainsi parlé, le Maitre morontiel disparut de leur vue. Cette “ ascension ” de Jésus ne différa en rien de ses autres disparitions de la vision humaine durant les quarante jours de sa carrière morontielle sur Terre.

    Le Maitre passa par Jérusem pour se rendre sur Édentia, où les Très Hauts, sous le regard du Fils du Paradis, dégagèrent Jésus de Nazareth de l'état morontiel. Ensuite, par les chenaux spirituels d'ascension, ils le rétablirent dans le statut de filiation paradisiaque et de souveraineté suprême sur Salvington.

    Il était environ sept heures quarante-cinq le matin où Jésus, sous forme morontielle, disparut du champ d'observation de ses onze apôtres pour commencer son ascension vers la droite du Père et y recevoir la confirmation officielle du parachèvement de sa souveraineté sur l'univers de Nébadon.

    Pierre convoque une réunion

    Agissant selon les instructions de Pierre, Jean Marc et plusieurs autres personnes allèrent convoquer les disciples les plus éminents à une réunion chez Marie Marc. Vers dix heures et demie du matin, cent-vingt des principaux disciples de Jésus vivant à Jérusalem s'étaient rassemblés pour écouter le compte rendu du message d'adieu du Maitre et pour entendre la nouvelle de son ascension. Marie, mère de Jésus, se trouvait dans ce groupe. Elle était retournée à Jérusalem avec Jean Zébédée au moment où les apôtres revenaient de leur récent séjour en Galilée. Peu après la Pentecôte, elle retourna chez Salomé à Bethsaïde. Jacques, frère de Jésus, était également présent à cette réunion, la première conférence de disciples convoquée après la fin de la carrière planétaire du Maitre.

    Simon Pierre prit sur lui de parler au nom de ses compagnons apôtres et fit un rapport passionnant sur la dernière réunion des onze avec leur Maitre. Il décrivit d'une manière vraiment touchante l'adieu final du Maitre et sa disparition pour l'ascension. Jamais auparavant dans ce monde il n'y avait eu de réunion semblable; cette première partie de la réunion dura un peu moins d'une heure. Pierre expliqua ensuite que les apôtres avaient décidé de choisir un successeur à Judas Iscariot, et qu'il y aurait une pause pour permettre aux apôtres de décider entre Matthias et Justus, les deux êtres humains dont la candidature à cette fonction avait été proposée.

    Les onze apôtres descendirent alors au rez-de-chaussée où ils se mirent d'accord pour tirer au sort en vue de déterminer lequel de ces êtres humains deviendrait apôtre et servirait à la place de Judas. Le sort tomba sur Matthias, qui fut proclamé nouvel apôtre. Il fut dument installé dans sa charge, puis nommé trésorier. Mais Matthias ne joua qu'un rôle effacé dans les activités ultérieures des apôtres.

    Peu après la Pentecôte, les jumeaux retournèrent chez eux en Galilée. Simon Zélotès se retira pendant quelque temps avant de repartir prêcher l'évangile. Thomas se fit du souci un peu moins longtemps, puis reprit son enseignement. Nathanael différa de plus en plus d'opinion avec Pierre qui tendait à prêcher à propos de Jésus au lieu de proclamer comme auparavant l'évangile du royaume. Vers le milieu du mois suivant, leur désaccord devint si aigu que Nathanael se retira et se rendit à Philadelphie pour rendre visite à Abner et Lazare. Après y être resté plus d'un an, il alla dans les pays situés au delà de la Mésopotamie afin de prêcher l'évangile tel qu'il le comprenait.

    Cela ne laissa que six apôtres, sur les douze originels, pour opérer sur la scène de la proclamation initiale de l'évangile à Jérusalem : Pierre, André, Jacques, Jean, Philippe et Matthieu.

    Il était près de midi quand les apôtres remontèrent auprès de leurs compagnons dans la salle du haut et annoncèrent que Matthias avait été choisi comme nouvel apôtre. Ensuite, Pierre invita tous les croyants à se mettre en prière, et à prier en vue d'être prêts à recevoir le don de l'esprit que le Maitre avait promis d'envoyer.





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