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Scène de Jeu

*SOCIÉTÉS*


Odysées Message transmis le 23 octobre 2009 :

Les prochaines décennies sont très durement menacées par les conséquences de l’implosion des villes, la montée de l’exclusion et des systèmes maffieux. Les premiers scénarios qui viennent à l’esprit sont noirs. Ils ont l’odeur du chaos. On n’arrive pas à voir au delà des confrontations entre une société officielle affaiblie, rongée de luttes intestines, sans véritable projet, et des exclus qui frappent à la porte de plus en plus durement.

Néanmoins, l’Histoire relativise nos visions catastrophistes. L’espèce humaine en a vu d’autres. Et elle s’en est tirée. Nos ancêtres, au XIX° siècle, sont en Europe devant une situation comparable à celle du monde à la fin du vingtième siècle : En 1848, la classe dirigeante perd ses illusions. Face à un prolétariat subissant des conditions de pauvreté et d’insalubrité lamentables, elle se divise en deux courants d’opinion : un courant humaniste et un courant conservateur.

Les humanistes disent : « Nous n’avons pas le droit de laisser des êtres humains vivre dans de pareilles conditions, c’est inadmissible. » Ils ont raison. Et les conservateurs ajoutent : « Mais, attention, ils deviennent dangereux !. » Ils ont raison aussi. Les uns et les autres aboutissent à la même conclusion : il faut faire quelque chose.

Des moyens énormes sont alors mobilisés. On passe d’une petite bourgeoisie frileuse, à l’esprit étroit, qui compte ses sous, fait du contentieux, envoie ses débiteurs en prison, à une grande bourgeoisie au long cours, qui investit massivement, construit les chemins de fer, les grands magasins, les banques, l’industrie lourde, les routes, le canal de Suez et celui de Panama. Elle prend des risques immenses, manifeste une vision mondialiste et, pour mener à bien ses projets, crée de la monnaie par « transformation du crédit » (cette expression désigne l’utilisation de l’argent des dépôts exigibles à court terme pour des investissements à long terme, en espérant que les déposants ne réclameront pas tous leur dû en même temps. Ce genre de pratique crée de la monnaie. De nos jours, elle est attentivement contrôlée par les autorités monétaires (ratio Cooke...). Mais des émissions en monnaies étrangères (euro-dollars, euro-yens) échappent encore à ces limitations).

Nos ancêtres structurent les villes (Haussmann) et structurent les esprits (Jules Ferry). Dans l’Angleterre de la Reine Victoria, et dans l’Allemagne de Bismarck, c’est le même mouvement que dans la France de Napoléon III : des investissements d’urbanisme, d’éducation et de contrôle social d’une ampleur formidable. Et cela réussit ! Au lieu de la révolution prévue par Marx, et malgré deux guerres mondiales, l’Europe de l’Ouest connaît au vingtième siècle la plus grande prospérité de son histoire.

Les villes européennes abordent les années 1900 avec des avenues assez larges pour accueillir l’automobile, bien que tracées avant son invention, et une population assez instruite pour s’intégrer dans l’économie industrielle. L’Europe doit son développement actuel à la structuration urbaine du siècle dernier, qui d’ailleurs n’était pas sans arrière-pensée de maintien de l’ordre, et aussi à sa structuration éducative qui n’était pas non plus sans intention de contrôle social.

Cette référence nous place dans une prospective de la rupture. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, alors, quand la situation devient intolérable, la classe dirigeante prend peur et fait ce qu’il faut pour que cela cesse. La réponse du siècle dernier présente un caractère universel : on structure l’espace ; on structure les esprits. Elle est faite de grands programmes, menés avec les meilleures technologies de l’époque. On peut conjecturer que la réponse du début du 21ème siècle à la montée des dangers sera de même nature, mais avec des moyens techniques autrement puissants.

1980-2020 : La société du spectacle

Le soulagement suivant la chute du mur de Berlin est de courte durée. L’ordre bipolaire de la guerre froide recouvrait une toute autre réalité. L’océan des pouvoirs des blocs se retire, délité par les télécommunications. Les particularismes tribaux et religieux refont surface, tels de vieux rochers qu’on avait oubliés.

Le monde de la fin du vingtième siècle est une mosaïque d’ethnies irascibles, attachées à des valeurs du passé, comme fétichisant la possession de territoires ou de positions privilégiées. Après le Liban, la Yougoslavie, l’Inde, l’Asie centrale, l’Afrique sont saisis de pulsions intégristes et de persécutions ethniques. L’Asie se réarme. Des affrontements raciaux, sporadiques et complexes, éclatent ici et là, comme des bulles de haine à la surface du chaudron du diable.

On croyait avoir définitivement banni de telles atrocités. C’était oublier trop vite le désarroi des illettrés, le désespoir du chômage, la réaction à l’exclusion. Sans avenir crédible, on se jette dans les bras des forces du passé. Dans les pays de l’Est, les chefs ont été chassés, mais les sous chefs sont encore là. Ils représentent un recours, d’esprit plus étroit.

Néanmoins, le nouveau système technique continue sa progression, apportant avec lui de nouvelles façons de faire. La technique est, dans ce monde troublé, le lieu où l’intelligence a raison de la force, et cela jusqu’au coeur du domaine d’élection de la force brute : celui des armements.

Par ailleurs, la technique moderne relie les êtres humains, par-dessus les croyances et les frontières. Bien qu’inventée après le téléphone, la télévision est mise en place avant. Elle institue une société du spectacle, planétaire, où la réalité est transfigurée, conditionnée pour capter une attention fugitive. Elle injecte subrepticement des messages publicitaires dans le mental du public, entretient des confusions en même temps qu’elle apporte de vraies informations, sollicite les pulsions en même temps qu’elle fait place aux arts et ouvre à la connaissance de la Nature.

Le monde est ivre. Il a perdu ses repères. La surinformation produit des effets hallucinogènes. Des individus s’isolent au moyen de leur baladeur ou se livrent à un dialogue compulsif avec leur jeu vidéo. Comme celle de la fascination, l’habitude de la manipulation des esprits s’installe insensiblement et devient comme naturelle. Avec un « reality show », un inconnu peut en quelques jours être adulé de millions de téléspectateurs. Il peut aussi vite retomber dans le purgatoire de la réprobation. On joue « Dallas » à tous les étages.

Les médias enseignent sans le vouloir la passivité. Ils absorbent l’énergie du spectateur dans des intrigues étrangères. Ayant vécu par procuration des évènements hors du commun, l’individu n’a plus le désir d’entreprendre à sa propre mesure. Il devient soit mégalomane, soit déprimé. Des millions de personnes cherchent un emploi. Il y a de moins en moins d’entrepreneurs pour les embaucher. Partout, on manque d’employeurs plus que d’employés.

Les milieux financiers sont touchés. Ils interfèrent avec le médiatique. Les grands entrepreneurs rachètent des chaînes de télévision. L’argent et la crédibilité s’enchevêtrent. Les fortunes se font et se défont de plus en plus vite. Un raider peut lever en trois coups de téléphone l’équivalent du salaire annuel d’un million de paysans indiens. Les places financières, interconnectées, ballottent des milliards de dollars à travers la planète au gré des vagues spéculatives. Les régions et les métiers sont à la merci d’ouragans imprévisibles, aux causes lointaines, insaisissables et aléatoires. L’exclusion s’accroît. Les troubles aussi. La crainte du danger monte. On sent comme des forces telluriques qui fermentent dans les banlieues, s’apprêtant à faire craquer l’ancien monde. La chrysalide se prépare à accoucher, mais de quoi ?

2020-2060 : La société d’enseignement

Le capitalisme avait gagné. L’Europe de l’Est, puis la Chine, puis l’Inde, puis le Brésil, s’étaient lancées avec un zèle de néophyte dans la recherche effrénée du profit. Mais, dès la fin du vingtième siècle, un milliard d’êtres humains ont été chassés de leurs terres par la concurrence des agricultures industrialisées. Leurs enfants sont dans l’errance. Ils ne peuvent plus retourner cultiver la terre, car le savoir-faire de leurs ancêtres ne leur a pas été transmis. Ils ne peuvent pas non plus s’intégrer à la société technologique moderne, car l’école n’était pas prête à les accueillir. Ce sont des « sauvages urbains », des femmes et des hommes élevés hors de toute culture, revenus en quelque sorte à l’état de Nature, obligés de considérer la ville comme une jungle et d’y inventer de nouveaux moyens de survie. Plus de la moitié de l’espèce humaine est maintenant urbanisée. L’insécurité gagne le centre des mégalopoles. Il n’y a plus des pays riches d’un côté et des pays pauvres de l’autre, mais des riches et des pauvres à cent mètres les uns des autres, sur toute la planète.

Les évènements dramatiques et destructeurs des années 2010 saisissent de peur la classe dirigeante. Le marché des blindages, des serrures et des caméras de protection n’a jamais été aussi florissant. Après quelques années de répression et de protection, il lui faut se rendre à l’évidence : on ne peut pas endiguer cette marée de violence. Il faut s’attaquer à sa cause et changer complètement de stratégie. On croyait à l’économie libérale. Il s’avère qu’elle sert de feuille de vigne à des maffias. Les rapports de force perdurent, mais transfigurés. Ils s’appuient désormais sur des « systèmes drogue. » Aux stupéfiants anciens sont venus s’ajouter de multiples accoutumances et asservissements, imprégnant le commerce ordinaire, qui enfoncent l’individu dans des comportements auto destructeurs, sur fond de désespoir.

Les défenses des humains sont prises en défaut par cette attaque de leur volonté même. Aussi la réaction est-elle à la mesure de la menace. Le laisser-faire libéral est accusé de laisser aller. Les formidables moyens de la technique, en particulier les univers virtuels, sont réquisitionnés au nom de la vertu. Les valeurs anciennes sont rejetées. En situation d’urgence, l’ambiguïté n’a plus sa place. Les délicats dosages politiques et la tolérance d’autrefois sont considérés comme décadents, plus dangereux que la force brute, qui au moins s’affiche clairement.

Structurant le mental et les comportements, la société d’enseignement s’établit alors, en réaction à la période précédente, perçue comme laxiste. Elle normalise comme l’école de Jules Ferry ou de l’empereur Meiji, mais avec des moyens autrement puissants. Les esprits sont mis au carré par des logiciels d’entraînement mental. Les tests de conditionnement sont rendus obligatoires, en préalable même à des gestes quotidiens, tels des retraits bancaires.

Aidé d’une technologie appropriée, le contrôle social se fait beaucoup plus strict.

L’utilisation de badges magnétiques détectés par radar est généralisée. L’ouverture des portes des bureaux, des commerces et même de certains lieux publics se fait automatiquement, mais seulement devant le porteur du sésame prévu.

Après la dure prise de conscience de la classe dirigeante, la société s’organise autour d’un projet global : la domestication de l’être humain par l’être humain.

Nous ne pouvons pas espérer maîtriser les techniques modernes avec des humains sauvages restés biologiquement au niveau d’un primate des savanes, pense-t-on. On ne sait pas non plus modifier le génome de l’être humain pour en faire un être adapté à ce nouvel environnement. Il faut donc le domestiquer. La plasticité de son comportement s’y prête. Elle est due à la « néoténie », ce retard de maturation qui lui permet de conserver jusqu’à l’âge adulte l’adaptabilité des enfants. Les marchands l’avaient exploitée pour fidéliser le client. Il faut maintenant le mettre au service d’un processus énergique d’adaptation : l’enseignement.

Les grands projets techniques sont lancés. D’abord des cités marines, pour désengorger les côtes saturées, et accueillir des masses de population errantes, puis d’immenses opérations d’urbanisme. On supprime les quartiers insalubres. On construit dans des lieux isolés des cités d’enseignement, capables d’intégrer les « animaux humains » dans un environnement scientifique et technique.

Les espaces ruraux délaissés par suite des migrations vers les villes sont réappropriés par des organismes d’aménagement, qui établissent un programme planétaire de reboisement et de réhabilitation de la Nature. On se met d’accord sur un immense projet de vie dans l’Espace, dans un esprit de conquête, comme la plus grande démonstration des capacités de l’espèce humaine, désormais capable d’échapper même à la mort du soleil. On veut aussi y transporter des performances. Dans une planète creuse tournant au ralenti, où règne une pesanteur dix fois plus faible que sur terre, le patinage artistique, le saut à ski et le vol libre deviennent des spectacles fabuleux. Ce sont des cathédrales médiatiques, à la gloire du corps humain.

Mais les dirigeants conservent aussi une arrière-pensée. Le jour venu, les cités lointaines et isolées, les villes marines et même les planètes creuses artificielles ne seraient-elles pas bien utiles pour se débarrasser des personnages indésirables sur terre ? La colonisation du nouveau monde s’était grossie des marginaux et délinquants dont ne voulait plus la vieille Europe. Il y a des héros chez les pionniers. Il y a aussi des desperados qui s’échappent d’un monde hostile.

2060-2100 : La société de création

Les contradictions de la période précédente deviennent sensibles. L’éducation de masse, démultipliée par les formidables moyens techniques de l’industrie hallucinogène, a mis au moule les cerveaux. La paix sociale se paye en baisse de créativité. Les dangers sont éloignés. Mais les nouvelles générations, éduquées aux disciplines du corps et de l’esprit, sont beaucoup mieux armées qu’autrefois. Elles veulent exercer leur autonomie. Le conformisme de la période précédente est accusé de contrarier les pulsions, de s’opposer au mouvement de la vie même.

On se méfie désormais des performances intellectuelles machinales. La compétition être humain/machine, avec ses jeux délirants, était allée jusqu’aux olympiades. Trop d’exercice mental ferme la voie du coeur. On s’affirme désormais autrement, par des démonstrations d’indépendance et d’universalité. L’être humain veut organiser le monde, dit-on, mais il n’est même plus capable de survivre à la lisière de la forêt où vécurent nos ancêtres, précisément là où l’espèce humaine s’est biologiquement constituée.

Les nouvelles cellules de vie sont petites, portables et autonomes. Elles peuvent s’installer n’importe où : dans le désert, sur la banquise, au fond des mers, dans une planète creuse. La qualité de l’expérience vécue, la capacité de résoudre la survie avec les moyens du bord, le talent à transformer des contraintes en défis, la création d’environnements nouveaux, adaptés à l’éthologie humaine, sont perçus comme vraiment porteurs de valeurs universelles. L’être humain se prépare à un destin cosmique. Ainsi, la société de création se constitue en refus des contraintes des formations musclées de la période précédente. Elle recherche la liberté à la fois par plaisir et par nécessité : le plaisir de créer et la thérapie de la créativité, vécue comme un bol d’air au sortir d’une norme étouffante.




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